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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 09:00

http://www.nanarland.com/Chroniques/tsw/TurkStWars_DVD.jpg Souvenez-vous. Il y a quelques mois déjà, j'avais vanté les qualités euphorisantes du visionnage de nanar entre potes, pourvu que ces derniers soient capables d'apprécier le spectacle à sa juste valeur : doublage français hasardeux, effets spéciaux foireux, scénario honteux, jaquettes douteuses...

 

Autant d'adjectifs propres à qualifier un style de films qui s'était déjà vu consacrer un pseudo-site officiel : Nanarland.

 

Le site Allocine a lancé il y a quelques semaines une nouvelle émission, en collaboration avec Nanarland. L'occasion pour les plus flemmards (qui n'ont pas le courage d'aller lire de longues chroniques un peu trop spécialisées mais hilarantes) de ne cliquer que sur le bouton lecture pour se laisser séduire par l'ambiance bonne enfant des nanars.

 

"Le pire n'est jamais décevant" à partir du moment où on sait à quoi s'attendre et que ça en est justement le but.

 

Le meilleur est quand même d'avoir un minimum de culture cinéphile basique pour apprécier pleinement les vaines tentatives de remake, comme cela peut être le cas avec la Turquie qui décide de nationaliser les grands classiques : Les Dents de la mer, Superman, Rambo... Le tout avec les ingrédients du bord. Autant dire que ça ne vole pas haut : des acteurs qui surjouent, un total irrespect pour les lois de la physique, des mannequins en caoutchouc en veux-tu en voilà, des peluches sensées représenter le monstre (monstre souvent improbable), une réalisation digne d'un film de vacances au bord de la plage... Le tout saupoudré de répliques mémorables encouragées par le pire du doublage français, et des ingénieurs du son totalement incompétents.

 

Inutile de palabrer. Les vidéos sont bien plus parlantes.

 

La rubrique s'appelle "Escale à Nanarland". A ce jour, deux émissions de 5-6 minutes chacune sont sorties. Voici les liens. Bon visionnage.

 

Emission n° 1

 

Emission n° 2

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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 08:00

http://www.lytrules.com/weblog/archives/infested.jpg"Vous pensiez que les araignées étaient votre plus grande phobie? Vous allez bientôt changer d'avis!!" clame la jaquette du DVD trouvé à 1 € dans un Leclerc culturel pas mécontent de se débarrasser d'une quantité astronomique de merdes en tout genre (BD, manga, CD, DVD).

 

Je passais par là lors d'une pause midi et je me suis dit que, pour 1 €, je ne risquais vraiment rien et quand bien même, de toute façon, j'avais conscience de la bêtise de mon geste, car je n'attendais rien de ce qui s'annonçait être une énième erreur filmique.

 

Et malheureusement, la jaquette du DVD n'avait pas tort. Maintenant, je n'ai plus peur des araignées. J'ai peur du film. Mais pas comme on peut avoir peur d'un film d'horreur particulièrement efficace, loin de là. J'ai peur de Infested en tant que film, car rarement il m'a été donné de voir un spectacle aussi mauvais. Et je pèse mes mots car l'auteur de ces lignes compte dans sa DVDthèque des films du genre Carnosaur 3 et Dragon Ball (la version asiatique, pas américaine).

 

Mais les deux films précités sont des nanars. Des vrais. Des bouses, certes, mais des bouses drôles.

 

Infested est clairement à mettre dans la catégorie navet, c'est-à-dire des bouses tout court où, même là, rien ne prête à rire. Encore qu'il faille avouer que je me suis bidonné devant les effets spéciaux.

 

J'avais déjà été "séduit" par quelques téléfilms portant sur de méchants insectes tueurs. Je pense notamment à Marabunta : l'invasion souterraine qui parle de fourmis mangeuses d'hommes. Un spectacle sympathique à partir du moment où l'on sait à quoi s'attendre : des personnages stéréotypés, des effets visuels atroces, des incohérences à la pelle...

 

En souvenir de ce téléfilm, je me suis laissé tenté par Infested, en imaginant quelque chose du même genre. Marabunta, c'était déjà pas brillant et à l'époque, bien que bon public, je me disais que le fond avait été atteint. Hé ben croyez-le ou non mais Infested va encore plus profond. Et pire que tout : Infested, c'est un film sorti au cinéma! Marabunta restait un téléfilm donc c'était à prévoir que ça serait une merde. On attendait donc un peu mieux de Infested, ne serait-ce qu'au niveau du format du produit et du budget.

 

Et le budget semble être vraisemblablement parti dans le seul intérêt dont la jaquette du DVD fait la promo : la présence au casting de Zach Galligan, le héros de Gremlins 1 et 2. Et encore... Zach Galligan n'a même pas le rôle principal.

http://image.toutlecine.com/photos/g/r/e/gremlins-ii-1990-06-g.jpg

 

Peut-on alors se rabattre sur un autre élément de l'équipe du tournage? J'ai cru reconnaître un acteur qui a joué dans Desperate Housewives (un des deux gays qui s'installe à Wisteria Lane dans la saison 4). Mais le fait de jouer dans une série TV à succès n'est pas une preuve de talent (surtout quand on n'y a qu'un rôle secondaire).

 

http://lesensdesimages.blogvie.com/files/2009/02/a-history-of-violence.jpgD'après mes recherches, le réalisateur du film, Josh Olson, aurait été le scénariste de A History Of Violence de David Cronenberg (scénariste est-il vraiment le mot juste vu qu'il s'agit de l'adaptation d'une BD?). Bon, alors, pitié M. Olson : ne réalisez plus rien. N'écrivez plus non plus car il semble que, même sur ce point, vous ne brillez pas par vos réussites (un téléfilm avec Casper Van Dien, entre autres... miam!).

 

Pour en revenir à Infested, notamment son budget, le manque de moyens est flagrant. Trois décors (dont une maison qui devait à tous les coups appartenir à un membre de l'équipe), pas plus de dix acteurs, et des effets spéciaux... comment dire? Affolants de nullité. Le peu d'argent qui restait après avoir réussi à avoir Zach Galligan a dû partir dedans car, même niveau maquillage, c'est inexistant (les zombies, et j'y viens au paragraphe suivant).

 

Le scénario a lui aussi de quoi faire peur. Après dix premières minutes très très moyennes (mais pas vraiment mauvaises), les mouches attaquent et entrent dans le corps de leur victime pour la transformer en zombie. Mais rien ne laisse à penser qu'on est devenu zombie puisqu'aucun indice visuel ne le montre (quand je parlais d'économie sur le maquillage...), sauf peut-être l'air impassible que prennent les acteurs une fois que leur personnage est possédé. Soyons franc : le coup de la farine sur le visage n'aurait pas été de trop et ça n'aurait pas coûté plus cher (mais peut-être que la cagnotte finançant le film était tellement vide que même acheter un paquet de Schtroumpfs Haribo n'était plus possible?).

 

Le rebondissement final est tout aussi navrant, en plus d'être prévisible, même si, au fond de moi, j'ai espéré que le scénariste n'oserait pas concrétiser ma prévision. Et il l'a fait... Et sans aucune explication convaincante. Ou plutôt sans aucune explication tout court (pourquoi s'embarrasser à chercher une quelconque logique dix munites avant la fin?).

Les trente dernières secondes feront tout autant "rire", et confirmeront bel et bien l'impression (impression sûrement justifiée) que pas plus de dix acteurs ont joué dans ce terrifiant long-métrage que j'ai honte d'appeler un film.

 

Quitte à faire des films sur des méchants insectes, j'attends impatiemment une adaptation de l'excellent tome 41 de Spirou et Fantasio : La Vallée des Bannis, où les moustiques sont pas non plus hyper sympas (pour preuve, ils ont déjà bouffé Spip et personne ne s'en doute :-P)

http://www.sceneario.com/Planche_bd_685_SPIROU%20ET%20FANTASIO.jpg

Et pour conclure en beauté cet article qui lorgne du côté de Nanarland, je n'ai pas pu résister à faire quelques captures du DVD pour vous faire apprécier le côté visuel. Attachez vos ceintures, ça va faire mal.

 

vlcsnap-2010-08-05-13h42m54s90.png

Admirez le splendide effet visuel du zombie qui s'arrache la tête lui-même après avoir reçu un coup de pied-de-biche dans la gorge. En plus, il porte un pantalon blanc pour bien faire remarquer le côté "gore". Non mais, sans blague, regardez cette tâche de sang : personne ne se tâche aussi proprement (à part dans les pubs pour les lessives).

 

vlcsnap-2010-08-05-13h45m59s143.png

Comme dans tout film d'horreur qui se respecte, il faut au moins mettre une fille en petite tenue (ici, en serviette de bain). L'occasion également pour admirer ... les effets spéciaux (oui, oui : ce sont les pixels qui font pas du tout rajoutés en postproduction).

 

vlcsnap-2010-08-05-13h44m08s26.png

Zoom sur les effets spéciaux (ce sont bel et bien des pixels). Ca pique les yeux hein? A droite, vous pouvez admirer Zach Galligan, qui n'aura sûrement plus de boulot en tant qu'acteur après ça (son C.V. a été "infested", hahaha!).

 

vlcsnap-2010-08-05-13h44m33s37.png

Voici la tête que vous ferez après avoir vu le film. Et encore, cette impression de douleur et de désespoir sur le visage est ce qui peut vous arriver de mieux.

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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 08:00

http://vincztbofilm.ifrance.com/image_291.jpgBatman & Robin... Y en a, des gens qui en veulent à ce quatrième épisode d'avoir littéralement défoncé l'image burtonienne de Batman, tant et si bien que l'homme chauve-souris sera resté au placard presque dix ans avant d'être dépoussiéré et remis au goût du jour grâce à un très bon Batman Begins et au chef-d'oeuvre qu'est The Dark Knight.


Mais Batman & Robin, dans la lignée du précédent article, est avant tout un nanar de première classe. Une bouse de luxe. Une parodie qui, malgré ce qu'on en dit, s'assume complètement.



 

Voilà dix ans que Batman & Robin est sorti sur nos écrans. Batman & Robin ou comment enterrer un mythe qui restera oublié des producteurs durant presque huit ans. Mais ces derniers temps, une minorité commence à émerger et à affirmer ses opinions. Parmi l'une d'elles figure l'interrogation qui fera frémir chaque fan du Chevalier Noir : Batman & Robin est-il réellement le navet que l'on nous décrit depuis une décennie? A l'heure où le héros de Bob Kane reprend des couleurs grâce au réussi Batman Begins et au très réussi The Dark Knight, il est temps de revenir sur les erreurs du passé. Après tout, bon nombre de films très décriés à leur sortie au cinéma ont pu retrouver une seconde jeunesse grâce au DVD (Fight Club) ou à la notoriété grandissante d'un réalisateur alors à l'époque peu connu (Batman Returns).

Puisqu'on en vient à citer Batman Returns, c'est paradoxalement la faute à ce deuxième épisode que les deux suivants, signés Joel Schumacher, ont été mauvais. Mais par mauvais faut-il encore comprendre calibré, commercial, puéril...

Et pourtant, actuellement, ce sont bel et bien les deux premiers épisodes de Tim Burton (Batman et Batman Returns) qui prennent un coup de vieux. Et, comme pour respecter l'équilibre, c'est finalement Batman Forever et Batman & Robin qui gagnent petit à petit du terrain. Dur à croire? Et pourtant... Certes, les films Batman ont toujours été associés  à des films à grand spectacle, tout comme le sont les Spider-Man et les X-Men, mais on ne peut nier que la définition de grosse production a bien changé ces dernières années.

La grosse production possède l'avantage d'être techniquement irréprochable, à défaut d'avoir un casting prévisible (les stars du mom ent, les étoiles qui montent, ceux qui n' ont plus rien à prouver). Avec son budget de 110 millions de dollars, Batman & Robin mérite, bien évidemment, d'être qualifié de grosse production. Histoire de se faire une idée, le plus gros budget s'élève actuellement à 300 millions. Inutile de dire qu'avec le flop critique et public de cet épisode, la Warner Bros a dû revoir ses ambitions pour Batman à la baisse.

Avec les recettes engrangées pour Batman Forever (film et produits dérivés), les producteurs n'ont pas pu résister à l'appât du gain et mettent en chantier le quatrième opus directement après la sortie du troisième, avec la même équipe et les mêmes acteurs. Problème! Val Kilmer (Bruce Wayne/Batman dans Batman Forever), étant déjà en tournage pour Le Saint, ne peut reprendre le co stume de l'homme chauve-souris (il sera nommé pire acteur aux Razzie Awards pour ce film). Le choix se porte alors sur George Clooney, qui avait déjà fait ses preuves dans la série Urgences (et accessoirement dans une série Z répondant au doux nom du Retour des Tomates Tueuses). Robin, Alfred et Gordon resteront quant à eux fidèles au poste.

La question suivante qui s'était posée était alors quels acteurs pour quels méchants? Au vu de la tradition instaurée par Batman, de Tim Burton, il faut que le(s) méchant(s) soit/soient joué(s) par une/des star(s) reconnue(s)! Jack Nicholson (Shining), Danny DeVito (Vol au-dessus d'un nid de coucou), Michelle Pfeiffer (Scarface), Tommy Lee Jones (Le Fugitif), Jim Carrey (The Mask)... Mais qui allait succéder à tout ce beau monde?

Il était d'ores et déjà prévu quels seraient les méchants des quatrième et cinquième(!) épisodes : Mr Freeze, Poison Ivy pour le 4, l'Epouvantail  pour le 5. Car la Warner est prévoyante (la coquine!), elle comptait sûrement déjà enchaîné sur un Batman 5 (amusez-vous à chercher le titre) avec le même réalisateur et les mêmes acteurs!

Mais avant d'aller plus loin dans le futur, revenons à notre cher Batman & Robin, le vilain (très vilain) petit canard qui ose mettre en tête d'affiche de grands acteurs comme Arnold Schwarzenegger et George Clooney dans un seul et même film qu'on qualifiera par la suite de véritable navet.

Ses choix douteux ont d'ailleurs leur histoire. Joel Schumacher est allé chez Schwarzenegger en personne lui demander de jouer le rôle de Mr Freeze. Devant l'attitude hésitante de notre Terminator, le réalisateur de Batman Forever a alors balancé l'ultimatum : "si tu ne joues pas dans ce film, je ne le réalise pas". Vraiment louche tout ça. D'autant plus que Schwarzie n'avait vraiment pas la tête de l'emploi. Et à l'époque, Freeze se devait de ressembler au personnage qui apparaissait dans le dessin animé : un scientifique tout pâle et tout frêle au visage allongé.

A l'époque, Batman et Batman Returns avaient engendré Batman : the animated serie, un dessin animé que certaines générations n'oublieront pas! Nous sommes alors en 1993, et à partir de ce moment, le série connaît un succès fou! La raison? Paul Dini et Bruce Timm, ses créateurs, n'ont pas fait un banal dessin animé commercial qui se contentent de reprendre les personnages clés du film et de les dessiner. Les deux compères se réapproprient le mythe de Batman à la sauce Burton en tirant le meilleur : un côté sombre et torturé, à la fois pour le héros et pour le méchant, un design particulier très "comic" (voitures, vêtements et coiffures des années 50). Ce dessin animé a permis à Batman de reconquérir un public nouveau, notamment après la sortie de Batman Returns, qui fut lui aussi à l'époque un échec (trop sombre pour le public familial). Mais cette série animée a été aussi indirectement déclencheur du troisième épisode de Batman, le fameux Batman Forever, qui change absolument tout et surtout qui a été proposé par Bob Kane lui-même (le créateur de Batman), considérant Batman Returns comme s'éloignant trop de l'oeuvre d'origine.

Le troisième épisode pourrait être considéré comme une adaptation du dessin animé, lui-même étant celle des deux premiers films. Si ce n'est que l'ambiance générale devient plus joyeuse. Avec le changement de réalisateur (Tim Burton laisse sa place à Joel Schumacher et devient producteur), on ne pouvait que s'attendre à un changement radical d'univers. On peut dire adieu à l'esthétisme sombre d'un Gotham en  noir et bleu et dire bonjour à une boîte de nuit permanente où les néons sont partout présents (même dans les dents de Schwarzenegger, on y reviendra). L'acteur principal change également : Michael Keaton, après une longue hésitation, laisse sa place à Val Kilmer qui, physiquement, correspond plus au Bruce Wayne du dessin animé. Pour information, le pauvre Michael Keaton (de son vrai nom Michael Douglas) avait été très hué par les fans de Batman quand ils ont appris qu'il allait jouer le rôle. Et effectivement, comment un homme frisé à la tête ronde peut-il incarner le golden boy à la mâchoire carrée qui se déguise la nuit en chauve-souris? Mais on ne cessera de le répéter : l'habit ne fait pas toujours le moine, et Michael Keaton reste à ce jour un des meilleurs acteurs ayant incarné le fameux Batman.

La Warner voit aussi en Joel Schumacher un candidat plus malléable contrairement à Tim Burton. Alors que le réalisateur des deux premiers films avait catégoriquement refusé d'inclure Robin, ce personnage fait ici sa triomphale apparition. Officiellement, les producteurs diront "c'était la suite logique de Batman : il devait un jour faire équipe avec Robin", officieusement, il s'agit aussi de toucher les petits garçons rebelles et les adolescents en la personne de Dick Grayson, un jeune trapéziste qui perd ses parents, fan de motos, de voitures et de rock. En bref, le parfait stéréotype du "d'jeun'z" en crise.

On était aussi en droit de se demander pourquoi Joel Schumacher avait accepté. Propos homophobes à part, Joel Schumacher est gay. Jusque là, tout va bien. Seulement, on a trouvé l'excuse ultime pour expliquer pourquoi Batman Forever et Batman & Robin sont tels qu'on les connaît : parce que Joel Schumacher est gay. Parce qu'il y a des néons partout, des statues d'Apollon un peu partout dans Gotham City et des têtons sur le costume de Batman, on considère les deux films comme des icônes du cinéma gay. Il est vrai que la relation entre Batman et Robin portaient à controverse : deux hommes seuls dans un manoir...Ah non! pas seuls, oublions pas Alfred! Zou! Ménage à trois! Quant aux statues d'Apollon, on les retrouve aussi dans les Batman de Burton (et Burton n'est pas gay). Sinon, pour les têtons... Pas vraiment d'explication, pour le moment. Schumacher déclarera qu'il ne pensait pas que ce simple élément allait avoir un tel impact. Il se justifiera en disant qu'il voulait évoquer les torses grecs... Autant dire que le bonhomme devait avoir préparé son coup, c'est pas possible (on connaît tous les blagues sur les Grecs). Tout ça pour dire que Jude Law et Ewan McGregor avaient postulé pour jouer le rôle de Robin. Imaginez notre jeune Obi-Wan avec un masque noir : magique!

Quoiqu'il en soit, Batman Forever passe le cap, et, s'il ne reçoit pas un accueil chaleureux de la part des fans des premiers films, s'impose comme un divertissement honnête avec un casting ambitieux : Val Kilmer (Willow, Top Gun), Tommy Lee Jones, Jim Carrey, Nicole Kidman (peu connue à l'époque) et Chris O'Donnell (qui ne sera jamais connu autrement que par Robin).

Batman Forever représentait cependant une sorte de transition entre le Batman de Burton et le tristement célèbre Batman & Robin. Alors que Batman et Batman Returnsprônent un côté sombre, cruel et violent, Batman & Robin/Batman Forever symbolise ainsi le perpétuel déséquilibre entre le film qui doit faire suite à Batman Returns (les deux oeuvres n'ont en commun que les flash-back de Bruce sur la mort de ses parents) et l'espèce de gargouillis fluo où Batman n'a pas peur de sauter du toit d'un immeuble sans savoir ce qu'il y a en bas (on parle bien de Batman, pas de Spider-Man). s'affiche dès sa bande-annonce comme un pseudo-dessin animé.

Ainsi, après avoir visionné Batman & Robin en long, en large et en travers (aucune allusion gay, qu'on se le dise), on se rend compte que le film le plus transparent est Batman Forever, parfait divertissement calibré de fonctionnaire où les méchants sont très méchants et les gentils très gentils.

Bien que la phrase qui suit risque de faire mal à quelques-uns, Batman et Robin s'affiche comme une oeuvre relativement mieux maîtrisée et plus affirmée que son prédécesseur.

Que ceux qui ont pris Batman & Robin au sérieux reconnaissent leur erreur : il n'a jamais été question de faire un film sérieux. Tous les éléments nous le prouvent. Les dialogues n'ont décemment pas pu être écrits pour paraître sérieux, il devait forcément y avoir de la dérision dedans! On ne citera que ces répliques pour se convaincre :

- Je veux une voiture, les filles en sont dingues.
- C'est pourquoi Superman bosse seul.

- Laisse-moi deviner... Botanica? Eco-Lady? Donne-moi le diamant, Garden-Girl, ou j'te refroidis les branches!

- Ma pelouse est dans tous ses états.

- Je dois aller chercher les diamants qui sont dans ma caverne.
- Je te les empoignerais bien, tes diamants!

On ne peut difficilement pas voir le sens caché des deux dernières! Et pourtant, Batman & Robin s'affiche encore plus que ses prédécesseurs comme le divertissement familial ultime, Joel Schumacher ayant été obligé de faire apparaître au moins une fois tel ou tel véhicule pour le compte des fabricants de jouets. Le réalisateur va plus loin encore et se moque ouvertement de ceux qui ont qualifié ces films d'oeuvres gays, en témoigne une scène ridicule où Freeze manipule des leviers (de forme phallique bien entendu) en poussant des "ho oui" significatifs.

Plus encore que Burton l'avait fait avec Batman Returns (il avait réduit l'impact des fabricants de jouets), Schumacher retourne la machine contre elle-même et livre un divertissement qui ne peut pas se prendre au sérieux. Il y a bien évidemment eu pression à certains moments (Batgirl n'est là que pour sensibiliser les petites filles au monde de Batman, Bane ne sert qu'à faire un jouet en plus) mais à part ça, le film est presque complètement auto-parodique (on pourra y voir un hommage à la série des années 60 avec Adam West). Seule l'intrigue d'Alfred et les motivations de Freeze apparaîtront réellement dramatique, mais aussi très ennuyeuses et surtout n'ayant pas leur place dans cette comédie du dimanche.

Tout ce que les critiques ont descendu dans Batman Forever, Batman & Robin ne fait qu'en remettre une couche. L'aspect visuel du film est sujet à débat. Jamais les lumières flashies auront été aussi nombreuses à l'écran, et ce pour n'importe quelle raison. Cela incluera les dents de Freeze et la glace (toujours bleue, jamais blanche). Le scénario en lui-même atteindra des sommets de ridicule! Freeze qui utilise pour survivre une armure se rechargeant aux diamants : une tentative trop facile pour expliquer pourquoi le personnage est devenu un criminel. Serait-ce volontaire? Sûrement!

Le sommet de la comédie est même atteint avec quelques situations très cocasses où intervient Poison Ivy (Uma Thurman s'en sort plutôt bien dans le rôle), notamment le moment où s'engage une vente aux enchères serrée entre Batman et Robin. L'occasion également de faire référence plusieurs fois à l'opus précédent avec une carte bleue certifiée "Batman Forever" (parodie de la pub pour American Express?) et les costumes de l'Homme-Mystère et de Double-Face dans les vestiaires de l'asile d'Arkham (volontairement parodique : Double-Face ne peut pas être à Arkham). On cite encore une fois les dialogues que seuls les plus grands pourront comprendre ainsi que Batman et Robin invités à un gala, et vous aurez compris que Batman & Robin s'inscrit dans la droite lignée des bizarreries qu'on aime en cachette.

Certaines scènes sont des monuments de série Z : une poursuite en voitures sur le bras d'une statue d'Apollon, un combat dans une fusée, des héros qui planent dans les airs sur des portes en métal... D'autres sont quant à elles moins bien assumées (la scène finale à l'observatoire), contrairement à un Schwarzenegger maquillé en bleu qui lève ses bras au ciel et dit "D'abord Gotham! Ensuite, le monde!". Les autres acteurs ne sont pas en reste : Uma Thurman en plein monologue, George Clooney complètement (volontairement, sûrement) perdu en Batman...

Avec autant d'éléments en main, Batman & Robin mérite-t-il son titre de navet? Difficile à dire. Il est clair que cet épisode se démarque des précédents par une peur du ridicule complètement absente, un ton auto-parodique assumée et surtout des stars qui n'ont rien à faire là et s'amusent en même temps que nous. On en retient une oeuvre étrange et unique, sorte d'Ovni kitsch volontairement ridicule et mièvre.

Reste une Poison Ivy divinement "série-Zdienne"

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 21:59

http://www.nanarland.com/Chroniques/metamorphosisalien/jaquette.jpgCelui qui n'est guère habitué au jardon cinématographique aura un peu de mal à discerner un nanar d'un navet.


Un navet, c'est un mauvais film, une bouse, un produit qui rassemble les pires défauts que l'on peut trouver (ennuyeux, mal joué, mal réalisé, incohérences).


Puis il y a le nanar, qui est à peu près la même chose, si ce n'est que les fameux défauts deviennent en soi une qualité qui rend le film agréable par son côté mauvais. Comprendre par là tristement drôle. Cela sera le cas d'un film où le doublage français est tellement mauvais qu'il en devient à mourir de rire et ce alors même que la scène est tragique (cliquez ici pour voir le fameux exemple).


Les nanars, c'est pour moi (et pour bien d'autres) une institution, un véritable art.


Un bon nanar, c'est la bonne ambiance assurée pour peu que vous visionnez le film avec des personnes qui savent apprécier ce genre de spectacle, parce que ces personnes sauront vous dire où et quand regarder pour ne pas louper le petit (souvent gros d'ailleurs) détail qui casse le mythe (si on peut appeler ça comme ça) : un faux raccord, une synchronisation labiale foireuse, une incohérence monstrueuse dans une réplique, un effet visuel dont on détecte l'artifice... Bref! Tout ce qui cloche et qui démontre l'absence de budget/talent/sérieux dans la conception même du long-métrage.


Les exemples de ce type de films sont nombreux. Pour ma part, j'ai eu l'occasion d'en mater une bonne dizaine, dont rien que les titres annoncent déjà la couleur : Carnosaur 3, Metamorphosis, Le retour des tomates tueuses, Le lac des morts-vivants, Dragon Ball, Killer Klowns...

Et je ne vous parle même pas du titre qui à mon sens remporte une bonne partie des suffrages : L'attaque de la moussaka géante (que je n'ai pas encore vu).


Les nanars, ça recouvre tous les genres de film : horreur, comédie, action, aventures... Autant dire que rien n'est épargné et que vous pouvez vous attendre à tout.


Dans le monde du nanar, tout peut être prétexte à rire, pour peu qu'on sache observer. Et encore! Parfois, c'est tellement gros que ça saute aux yeux.


Le nanar : un label inoubliable.

Si vous ne connaissez pas et désirez vous y frotter, allez visiter le site Nanarland.

 


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