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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 18:00

http://fr.web.img4.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/62/45/92/18709674.jpgIl était temps de dédier un article complet à l'un des meilleurs Pixar à mes yeux, à savoir le fameux Ratatouille, sorti en 2007, et devenu un classique instantané.

 

Oui, un classique instantané. N'ayons pas peur des mots. Surtout que Ratatouille représente sûrement l'apogée de Pixar, le studio phare de l'animation, qui allait livrer respectivement en 2008 et 2009 pas moins de deux chefs-d'oeuvre : Wall-E et Là-Haut.

 

A partir de l'été 2010 (les sorties des Pixar sont le plus souvent estivales), l'engouement sera moindre. Pourquoi ? Tout simplement parce que le studio peine à se renouveler, préférant accumuler les suites de qualité aléatoire (le très bon Toy Story 3, le moyen Cars 2) et livrer des histoires plus conventionnelles (Rebelle porte mal son titre, même si l'on peut y voir une jolie métaphore de la relation Disney/Pixar dans le rapport mère/fille).

 

A l'heure où ces lignes sont écrites, Pixar semble consolider sa ligne directrice, à savoir celle qui se focalise sur des suites à outrance, la preuve en est avec Monstres Academy (la suite de Monstres et Compagnie, même s'il s'agit plus d'un préquelle en fin de compte) et Le Monde de Dory (qui est également une suite/préquelle, mais pour le Monde de Nemo).

 

La rumeur annonçait à une époque Les Indestructibles 2, et avouons qu'il s'agissait sans aucun doute du projet le plus enthousiasmant de tous. L'idée de voir grandir les enfants de la famille (surtout le petit dernier, Jack-Jack, dont les pouvoirs ne se révélaient qu'à la fin du premier film) recelait en soi assez de ressorts scénaristiques pour un futur chef-d'oeuvre. Sans compter la galerie des autres super héros (Frozone !).

 

En même temps, Pixar se fait gentiment rattraper par les autres studios d'animation, que cela soit Blue Sky (à qui l'on doit la saga de L'Âge de Glace) ou Dreamworks (et ses Shrek) qui ont cédé depuis longtemps à la mode des suites, mais qui comprennent progressivement que c'est avec des projets réellement originaux que l'on fait parler de soi (Rio était sincèrement un joli spectacle de la part de Blue Sky).

 

Mais c'est oublier que Pixar dispose dans son écurie de véritables bijoux de l'animation, devenus instantanément cultes et classiques, salués tant par le public que par la critique. Ratatouille est de ceux-là.

 

 

Ratatouille raconte l'histoire de Rémi, un rat passionné de cuisine. Tiraillé entre son ambition de devenir un grand chef et sa nature de rongeur, un concours de circonstances l'amène à vivre à Paris, capitale de la gastronomie, et à travailler "sous couverture" dans l'un des plus grands restaurants du monde, celui du défunt Auguste Gusteau.

 

Il y a tellement à dire sur ce film d'animation que l'on ne sait pas par quoi commencer.

 

On peut déjà signaler que Ratatouille est réalisé par Brad Bird, à qui l'on doit  Le Géant de Fer et ...  Les Indestructibles. Excusez du peu.

 

On peut aussi souligner que la musique a été composée par Michael Giacchino, un "jeune" compositeur (45 ans), qui s'est en l'espace de dix ans, fait un véritable nom dans le milieu, et qui apparaît comme l'un des dignes successeurs de John Williams, tant dans l'esprit que pour la composition des musiques des futurs épisodes de Star Wars (!).

 

D'un point de vue technique, comme souvent avec Pixar, c'est très abouti. Le photo-réalisme est poussé, d'autant plus pour les aliments. Car, comme le titre du film l'indique, la véritable star du métrage, c'est la cuisine. Que cela soit la pièce au sens strict ou l'activité au sens large. Les couverts, les casseroles, les assiettes, etc. Pixar connaît son sujet, allant même jusqu'à emprunter la personne de Paul Bocuse, le célèbre chef, pour modéliser Auguste Gusteau, qui constituera une sorte de conscience pour Rémi.

 

On y décèle également la dénonciation d'une déviance très actuelle qui veut que les grands chefs soient obligés de "prostituer" leur image et leur nom pour le compte de sociétés agro-alimentaires (Joël Robuchon avec Fleury Michon, ou encore Marc Veyrat pour le jambon Madrange). Aussi, voir Skinner, le second de Gusteau, prostituer l'image de ce dernier pour vendre des surgelés n'a-t-elle rien de fantaisiste. Notons d'ailleurs que Skinner n'est pas sans rappeler, dans l'attitude, la voix et le physique, l'acteur français Louis De Funès.

 

C'est donc avec un réel amour pour la cuisine française que Pixar conçoit Ratatouille. La vision idéalisée de Paris et des Français en général n'a rien de surfait et sonne même très juste, là où de nombreux films américains ont dû mal à imaginer autrement le Parisien que par l'image d'un romantique affublé constamment d'un béret, et adepte de cuisses de grenouille et d'escargots. On n'échappe pas au cliché des Deux-Chevaux et autres DS qui sillonnent les rues de la capitale mais c'est assez discret, et le charme opère d'autant plus avec la musique composée par Michael Giacchino qui maîtrise à la perfection la musique "à la parisienne". A noter la chanson "Le Festin", interprétée par l'artiste Camille, qui n'est pas sans évoquer le style de Edith Piaf.

 

Le scénario en lui-même est assez élaboré. On peut ne pas adhérer au principe du rat qui manipule tel un marionnettiste un être humain mais, sur l'écran, le résultat est plus que convaincant, et participe à la poésie de l'ensemble, tel un Cyrano des temps modernes. Le tout sans omettre l'action et l'humour propres à ce genre de divertissement grand public, et en se permettant même une jolie réflexion sur le métier de critique et la condition d'artiste (tout le monde ne peut pas être un artiste, mais un artiste peut surgir de n'importe où).

 

Malgré ses presque deux heures de métrage, le spectateur ne voit pas le temps passer, quelque soit son âge, faisant de Ratatouille l'un des Pixar les plus aboutis, les plus généreux, les plus appréciés et les plus réussis.

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commentaires

windows 8 software 17/06/2014 14:07

Ratatouille is a great movie and I laughed lot while seeing the movie. I will still laugh so much if I see that movie again. I might have seen the movie for almost 7 times and still not getting bored if I try to see it for the eighth time.

Margot 13/04/2013 22:32

Je sens en toi un amoureux de Ratatouille. Ferais tu des infidélités aux Indestructibles ?! je suis surprise venant de toi !!! ^^
Il est vrai que ce long métrage Pixar fait parti des meilleurs. Je ne reviendrai pas encore une fois sur mon impression du petit dernier : Rebelle.
Encore que pour ce qui est de Dreamworks, tu pourrais citer Les Cinq Légendes, le dernier en date qui s'est avéré être une belle réussite. Certes, il n'a rien à voir avec Shrek (et je ne
mentionnerai que le premier opus), mais il s'agit d'une belle animation qui m'a donné envie de le revoir. A noter : la Fée des Dents est particulièrement hystérique.

Pour en revenir à Ratatouille (désolée d'avoir dérapé), il est beau, et drôle. J'ai notamment en tête la scène où les rats kidnappent Skinner et l'emmènent complètement bâillonné dans le placard où
ils avaient précédemment planqué le gars de l'hygiène... les gueules des personnages sont merveilleuses ^^
Le film se laisse suivre sans heurt pendant deux bonnes heures comme tu le dit. La fin, quant à elle est mignonne et pleines de bonnes morales. Haaaa que c'est beau et rare un bon dessin animé
!!!!

PS : je ne sais pas pour toi, mais le principe du prequel de Monster & Co m'a déçu avec une puissance certaine. J'avais tellement hâte qu'une suite sorte... et pour le coup Du Monde De
Dory...je pensais que ca faisait parti des fails de 9gag/hugelol. Ca sent le truc pourri à plein nez
:(
Si Pixar n'est plus capable de faire de bons film (merci Disney?) ça craint quand même pas mal je trouve. Il nous faudrait une espèce d'outsider peut être...à méditer =)

Citizen Cancre 15/04/2013 23:14



Je ne me hasarderai pas à comparer avec les Cinq Légendes que je n'ai pas vu, mais dont je n'ai entendu que du bien. D'ailleurs, est-ce un hasard si l'on trouve Guillermo Del Toro à la production
?


 


Quant au potentiel outsider, à voir. N'oublions pas l'une des morales de Ratatouille ; pas tout le monde peut être un artiste mais un artiste peut surgir de n'importe où.