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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 08:00

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/52/34/18450444.jpgHarry Potter et la Coupe de Feu (HP4) en livre, c'est presque 800 pages. C'est aussi le tome central de la saga entière (et accessoirement celui que je préfère). Là où tout bascule. L'entrée de plein fouet dans la compétitive vie d'adulte sous la houlette d'un banal tournoi inter-écoles.

 

Et cette histoire racontée en 800 pages a fait l'objet d'un long-métrage. Il était au tout début question de faire un film en deux parties. Un choix justifié par la grande richesse du livre de J.K. Rowling où, à la lecture, on se rendait rapidement compte de l'importance de quasiment chaque intrigue, chaque rebondissement et chaque sous-intrigue.

 

L'idée fut au final abandonnée. Les fans firent circuler des pétitions pour exprimer leur mécontentement.

 

Au final, le film consacré à HP4 dure 2h30. La même durée que HP1 et HP2 (dont les livres éponymes faisaient respectivement 300 et 400 pages environ). Inutile de dire que le charcutage a été rude. Tout ce qui faisait le sel de l'ouvrage passe à la trappe pour se concentrer sur ce qui est propice à l'action et au spectaculaire, à savoir le Tournoi des Trois Sorciers et ses terribles et dangereuses épreuves.

 

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C'est là l'occasion de déployer toute une armée d'effets visuels, plus réussis les uns que les autres, que cela soit le dragon, le périple dans les profondeurs d'un lac ou encore un oppressant labyrinthe dénué de créatures mais soumettant les candidats à leurs plus basses pulsions (chacun pour soi).

 

En tant que gros film de Noël, HP4 gère sérieusement le steak et en met plein les mirettes (à part quelques plans qui sonnent trop faux, comme le coup du bateau et du carosse). Mais nous avons encore et toujours affaire à un film tiré d'un pavé bouquin. Si l'impression d'assister à un livre d'images à la manière de HP1 et HP2 est fortement atténuée, ce n'est pas le cas de celle d'avoir affaire à un best of live des meilleurs chapitres du support écrit (comme l'est HP3) où le spectateur qui s'est dispensé de lecture préparatoire a de fortes chances d'être perdu, ou du moins de ne pas saisir toutes les allusions sur laquelle la caméra s'attarde sans donner une explication toute faite (la scène du vitrail qui pleure, très bien trouvée au passage, évoquant le triste sort des parents de Neville qu'on apprend à la fin du livre HP4 et durant le film HP5).

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Néanmoins, et c'est là une qualité du long-métrage qui faisait défaut aux trois films précédents, le rythme des péripéties se ralentit enfin un peu, et les transitions se font plus facilement d'une scène à l'autre, sans que cela soit une succession d'information sans lien entre elles et surtout sans grand intérêt pour l'intrigue principale. HP4 gagne donc en tant que film, et pas seulement en tant qu'adaptation, en se resserrant sur la le fil rouge du bouquin, quitte à faire fuck aux nombreuses sous-intrigues qui entretenaient le suspense dans le livre mais qui s'avéreraient très handicapantes et inutiles dans un film de 2h30 (ex. l'histoire des Elfes de maisons complètement -et heureusement- zappée). On regrettera par contre des coupes (de feu?) assez frustrantes telle la suppression totale de la finale de la Coupe du Monde de Quidditch, alors qu'on passe cinq bonnes minutes à planter le décor : incompréhensible! Ca aurait pu donner un joli moment (budget peut-être pas assez élevé?).

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http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/52/34/18428184.jpgHP4 a aussi la bonne idée de se consacrer, en plus de l'action, à l'ambiance british et aux premières amourettes. Le réalisateur ayant cette charge est en effet le Britannique Mike Newell qui a su retranscrire à merveille l'ambiance des vieilles écoles anglaises au niveau du comportement des élèves. Alfonso Cuaron s'était quant à lui plus attardé sur les décors anglais sans aborder le vrai quotidien. Bien sûr, les deux réalisateurs ont des styles complètement différents pour ce qui est de la réalisation. Si Cuaron adorait faire bouger sa caméra de partout dans un univers assez froid, Newell reste plus classique dans sa manière de film. Il garde pour autant les mêmes décors de Cuaron (on va pas tout changer à chaque film!) et n'hésite pas à reprendre les tics du réalisateur de HP1 et HP2 mais pour une utilisation réfléchie et légitime d'une colorimétrie chaude qui sied merveilleusement à l'ambiance romantico-hivernal du Bal de Noël (mignon petit moment de détente qui rappelle avant tout que les personnages ont 14 ans et tout ce qui va avec).

 

A ce titre,et excusez de la facilité du jeu de mot, HP4 aurait pu s'appeler également "la coupe de cheveux". C'est le cas de le dire : tous les élèves de l'école ont oublié d'aller chez le coiffeur et ont tous une "coupe de feu" (hahaha!), ce qui fera penser aux Beatles (qui aboraient un peu le même style décoiffé), et aussi au fait que, à l'adolescence, beaucoup de garçons ont tendance à laisser pousser leur tignasse pour masquer un peu les boutons d'acné. D'ailleurs, petite anecdote amusante dont je ne suis pas certain de l'authenticité : une ancienne news sur un site ciné avait attiré l'attention sur le fait que l'acné des jeunes acteurs avait été effacée en postproduction, ce qui "faisant définitivement entrer la saga HP dans la catégorie des films de science-fiction" (a-t-on jamais vu un ado sans acné?).


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Bref. Bien sûr, beaucoup de fans ont été déçus du film parce que, bizarrement, ils s'attendent toujours à des  transpositions à la lettre de l'intégralité du bouquin (entreprise plutôt réussie pour HP1 et HP2 mais désespérément plate et ennuyeuse). Et il est vrai que, comme dans HP3, HP4 aurait pu durer quelques minutes supplémentaires pour prendre la peine d'expliquer plus en détails certains éléments.

 

Il n'empêche que le film passe très vite, qu'on ne s'ennuie que très peu, et surtout, ENFIN! les acteurs ont appris à jouer. Si Ron et Hermione sont pas mal en retrait, la caméra se concentre plus sur Harry et nous met vraiment à sa place. Ce n'est pas pour rien que le point de vue du héros est souvent adopté (le réalisateur a eu la bonne idée de montrer pas mal de scènes du point de vue de Harry), et pour la première fois, on sent que sa triste célébrité l'écrase.

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/52/34/18830303.jpgLes nouveaux personnages sont aussi sympathiques mais, malheureusement, certains ne sont pas aussi développés que dans le livre (Fleur Delacour et Victor Krum). Par contre, d'autres crèvent l'écran, tel l'imposant Maugrey Fol-Oeil (je ne l'imaginais pas aussi baraque mais son aspect vétéran est parfaitement retranscrit) ou encore Ralph Fiennes dans rôle de Voldemort (physiquement parfait, mais trop surexcité). On regrettera juste que Michael Gambon (l'interprète de Dumbledore) soit aussi éloigné du support écrit par son comportement de furie où il ne fait qu'hurler et gesticuler (il est sensé être calme et réfléchi).

 

 Niveau musique (forcément, l'auteur de ces lignes ne pouvait passer à côté de ce point), John Williams cède la place au compositeur britannique Patrick Doyle, au style résolument plus classique (mais paradoxalement assez personnel), qui livre des thèmes moins mémorables mais plus en phase avec l'ambiance compétitive (beaucoup de cuivres) et horrifique (les musiques associées à Voldemort sont assez angoissantes). Doyle excelle aussi dans les morceaux romantiques (les valses du Bal ou encore la mélancolique piste où Harry subit son premier "râteau"), et on regrettera qu'une bonne partie des musiques entendues lors du film ne figurent pas sur le CD (le thème discret de Maugrey, la mélodie mystérieuse lors de la démonstration des Sortilèges Impardonnables). Par contre, nouveauté assez intéressante : la présence dans le CD de chansons rock entendues lors du Bal, aux titres très évocateurs (This is the night), histoire d'accentuer le côté teenage.

 

Pour conclure sur HP4, on est loin d'un mauvais film, mais comme toute adaptation d'un livre HP, c'est essentiellement réservé aux lecteurs du bouquin et aux spectateurs pas trop exigeants, même si l'effort a été fait de livrer une vraie adaptation, et pas une transposition sans âme. De manière assez étonnante cependant, le film a subi une classification interdite aux moins de 13 ans aux Etats-Unis et en Angleterre. Faut pas déconner les mecs! On est face à Harry Potter quand même...

 

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commentaires

Margot 30/08/2010 17:01


Le IV n'est pas franchement mon favori côté film...mais côté bouquin (pavé) c'est un régale pr les yeux...je me le suis lu plusieurs fois et je ne me suis pas lassée une seule seconde.!!
Dslée, je ne te suis pas trop dans ta description ou critique, mon cerveau rame à force de faire des lits toute la journée.