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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 08:00

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/65/64/35/19116953.jpg J'avais écrit il y a quelques temps une critique plutôt soignée pour Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé (HP6). Tellement bien foutue que j'avais pris la peine de la rédiger sous la forme "deux parties, deux sous-parties" (coucou aux étudiants en droit).

 

En la relisant, je me suis rendu compte, comme toujours, que j'ai oublié de parler de pas mal d'éléments intéressants et que ce plan était assez déséquilibré (la deuxième partie réservée à la réalisation et à la musique était bien trop courte par rapport à la première). La tentation est donc grande de réutiliser cet ancien billet et de rajouter ce qui manque, quitte à basculer dans le très marginal plan en trois parties et à occasionner des redites.

 

Roh et puis zut! On s'en fout, des plans en "deux parties, deux sous-parties"! C'est encore les vacances! Pas pour longtemps, certes, mais je préfère écrire ce qui me passe par la tête, comme je le fais d'habitude. Pour ceux qui veulent lire l'ancienne critique, elle est dispo ici.

 

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Première chose à savoir sur HP6 : sa sortie a été repoussée de novembre 2008 à juillet 2009. Une attente sacrément rallongée sans que Warner n'ait donné de raison satisfaisante pour les fans. Deux ans d'attente entre HP5 et HP6, c'est long. Saleté de producteurs!

 

http://zakath-nath.joueb.com/images/hp6poster12.jpg

Deuxième chose à savoir : HP6 a été réalisé par le même type que HP5, soit David Yates (qui réalisera aussi HP7.1 et HP7.2). Comble du malheur! Il a confié une nouvelle fois la musique de HP6 à Nicholas Hooper. Ce dernier a beau s'être amélioré, on ne peut s'empêcher de regretter qu'un compositeur plus expérimenté n'ait pas officié sur cet épisode.

 

Troisième chose à savoir : HP6 a été extrêmement boudé par les fans qui ont vu en lui une romance à la Twilight mais dans le monde des sorciers. Romance car oui, les héros ont 16 ans, et ça fait depuis déjà HP4 qu'ils cherchent à serrer de la meuf/du mec. Peut-on leur en vouloir? Surtout que cet aspect prend une certaine importance dans le bouquin (d'autant plus que ce sont les seules intrigues où Ron et Hermione se manifestent dans cette aventure).

 

On peut cependant regretter que, durant toute la promo de HP6, les affiches ont vanté qu'on chercherait dans le passé pour connaître le futur, et que finalement, les scènes flashback où l'on revient aux origines de Voldemort sont non seulement très peu nombreuses (deux, c'est dire) mais en plus inutiles pour la moitié d'entre elles (montrer Voldemort à 10 ans n'apporte pas grand chose...). C'est là que le scénario de HP6 se fait grandement foireux puisque du coup, quand on a lu le pavé qui offre une grosse quantité de scénettes mettant en scène la vie du Seigneur des Ténèbres (de son enfance à sa vie d'adulte en passant par l'adolescence) et que le film leur fait un gros fuck pour se concentrer sur Harry et ses potes qui se la jouent "je t'aime moi non plus", la frustation est grande. Mais foireux ne veut pas dire mauvais, loin de là, puisque l'histoire se suit sans problème, sans être entâchée de longueurs inutiles ou d'un rythme en dent de scie.

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/65/64/35/18958518.jpgEt puis, à la rigueur, ce n'est pas l'ambiance love qui m'a dérangé puisque HP6 est justement l'occasion d'humaniser les héros. Et ce n'est pas plus mal car, à force de les confronter à des difficultés qui ne sont pas de leur âge (Harry a participé à 14 ans à un tournoi où il fallait en avoir plus de 17, etc.), on a du mal à croire que ce sont de vrais ados de notre époque. Pour cela, le scénariste a eu la bonne idée de parsemer le film de quelques idées minuscules mais très justes qui font mouche (Harry et Ron se battant pour un livre). Le tout permet au film de gagner en maturité et surtout en humour grâce à des allusions que seuls les plus grands pourront comprendre (on retrouvait déjà ça dans HP4 avec quelques répliques de cette coquine d'Hermione du genre "on t'a cassé ta baguette?" et "entre lui et moi, c'est physique").

 

HP6 n'en demeure pas moins sombre et mystérieux grâce non pas aux personnages de Voldemort et de ses partisans (le premier est absent, les seconds sont très peu présents) mais à celui de Drago Malefoy qui erre en solitaire dans le château avec un poids bien lourd sur les épaules, ce qui donne lieu à des scènes joliment mélancoliques que, pour une fois, la musique de Nicholas Hooper sait mettre en valeur (la piste Malfoy's Mission). Ces images absentes du bouquin sont cependant une bonne idée pour la narration du film et ont le mérite de ne pas perdre le spectateur qui ne connaît pas le sixième livre sur le bout des doigts. Car, depuis HP3, on est face à des adaptations de bouquins, des vraies! La grosseur des tomes ne permet plus de faire des transpositions paresseuses comme l'ont été HP1 et HP2. HP6 dure peut-être 2h30 (enfin... 2h10 sans compter le générique) mais demeure un film assez complet, qui sort un peu du lot, à la manière du troisième épisode, grâce à son parti pris humain (je devrais dire "ado"), voire horrifique (la scène de la caverne, extrêmement fidèle, est assez angoissante) mais aussi grâce à une image soignée.

 

 

En effet, le réalisateur David Yates s'est enfin trouvé un style propre, sans pomper sur ces prédécesseurs. C'est simple : l'image de HP6 est sublime, et ce grâce à une photographie signée par le Français Bruno Delbonnel (qui oeuvra sur Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain). Cela confère ainsi au produit fini une ambiance très carte postale, et par là même une identité forte qui en fait un spectacle visuellement très agréable. On ne se plaint donc pas et le château de Poudlard n'a jamais été aussi beau que depuis que Cuaron est passé derrière la caméra.

 

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L'autre force de HP6 réside aussi dans son casting. Harry, Ron et Hermione sont enfin à l'aise avec leurs personnages (il était temps depuis 2001...). Leurs discussions se font plus authentiques, leurs répliques sonnent plus naturelles. Le doublage VF lui-même retranscrit bien cet état d'esprit teenage. Non, vraiment, ça fait plaisir. On a réellement l'impression que ce sont des amis, des vrais. On ne crache pas dessus. Mais l'heureuse surprise du casting vient du nouveau venu qu'est Jim Broadbent, qui incarne le délicieux professeur Horace Slughorn, ce personnage tout rondouillard mais terriblement doux et gentil. Les fans crieront au scandale parce qu'il n'est pas 100 % fidèle à la description faite par J.K. Rowling (où est sa moustache de morse?) mais on s'en fout : il est réussi comme tout, le Sluggy! Et en VF, il bénéficie de la voix cultissime de Roger Carel (qui double Astérix dans les dessins animés), ce qui constitue un plus non négligeable qui participe à accentuer la bonhomie de cet irrésistible papy pourtant bien cachotier.

 

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http://tpdd.files.wordpress.com/2009/03/dan_hp6_promoshot.jpg

Je suis cependant un des rares fans de Harry Potter à réellement défendre ce sixième film puisqu'il n'a apparemment pas fait l'unanimité. David Yates ne semble pas plaire à tout le monde (HP5 a été très critiqué), et ça doit sûrement venir des choix scénaristiques. L'absence de bataille finale dans ce HP6 s'est sérieusement faite ressentir (aucune scène de baston durant tout le film à part un duel dans les toilettes) mais, à mon sens, ça renforce le côté "mission commando".

 

De toute façon, le noyau dur des mécontents vient des puristes des livres qui ne cessent de demander des films de cinq heures afin que chaque phrase de chaque bouquin fasse l'objet d'une scène. Peut-être auront-il gain de cause avec Harry Potter et les Reliques de la Mort, dont l'adaptation a été divisée en deux (ce qui a failli être fait pour la Coupe de Feu).

 

Quoiqu'il en soit, HP6 est à ce jour un des meilleurs épisodes de la saga, avec HP3. Les plus réussis techniquement d'une part, et les seuls à avoir une réelle identité visuelle d'autre part. Et définitivement (et subjectivement) un de mes épisodes préférés.

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commentaires

Margot 07/09/2010 11:50


Coucou vincent, rien à voir avec ton article, mais je ne sais pas trop comment te joindre ^^
Je voulais savoir comment tu allais et je voulais te dire que depuis hier je faisais partie du clan Blackberry :) (mais le mien est blanc). Bisoux