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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 21:30

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/69/69/81/19590744.jpgL'idée était venue à l'esprit des producteurs de faire deux films pour l'adaptation de Harry Potter et la Coupe de Feu. Une décision qui ne fit pas long ... feu, ce qui avait déclenché la colère des fans, incapables d'imaginer le quatrième tome (le plus riche, le plus palpitant, le plus mouvementé) condensé en 2h30. Cela fut cependant fait. Le résultat, loin d'être mauvais, ne rendait cependant pas totalement compte de la qualité de l'ouvrage éponyme, considéré pour beaucoup (dont l'auteur de ces lignes), comme le meilleur épisode sur le support écrit. Le film entre quant à lui dans le Panthéon des épisodes filmiques les plus spectaculaires, grâce aux trois Tâches (la scène du Dragon, surtout).

 

Histoire d'achever en beauté une saga bien commencée, l'idée repointa le bout de son nez pour le septième et dernier livre. Une idée pas mauvaise, loin de là. Même si l'on peut décemment poser la question de ce qui a pu primer sur la décision finale : l'appât du gain (c'est quand même le dernier épisode, autant tirer jusqu'au bout les billets verts) ou faire plaisir aux fans (en leur livrant -enfin!- une oeuvre fidèle s'étalant dignement sur plus de quatre heures au total) ?

 

Inutile de développer plus ici la polémique. Autant se concentrer sur le produit fini, confié une nouvelle fois au réalisateur britannique David Yates, à qui l'on devait les deux épisodes précédents.

 

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Episodes dont beaucoup avaient pu déplorer le flagrant manque de sérieux quant au côté sombre de l'histoire. Dolores Ombrage était un élément plutôt comique dans le cinquième film, tandis que le sixième faisait office de récréation sentimentale pour les héros, plus préoccupés par leurs hormones que par le retour d'un dangereux sorcier.

 

Les choses sont cependant mises à plat dès les premières minutes de la première partie de ce septième et dernier épisode. Outre une scène très touchante (et absente du livre) sur le départ d'Hermione, l'ouverture continue sur une réunion entre les grands méchants du film. D'une rare violence, cette introduction en la matière annonce clairement la couleur : s'il y a des enfants en bas âge dans la salle, mieux vaut qu'ils sortent. Digne d'un Nazi, Voldemort fait une démonstration éprouvante de sa cruauté envers les traîtres à son rang. Le spectacle, bien que pas si violent que ça, est essentiellement réservé à la génération qui avait l'âge adéquat pour suivre Harry Potter dès ses débuts au cinéma, en 2001 (autrement dit, ceux qui ont aujourd'hui entre 12 et 25 ans, comme la carte SNCF du même nom).

 

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Malheureusement, et comme de tradition dans les adaptations des oeuvres de J.K. Rowling, les films Harry Potter ne parviennent pas à faire oublier dès leurs premières minutes qu'ils sont tirés de livres. En témoigne l'arrivée de la p'tite troupe chez les Dursley, d'une subtilité à faire pâlir Jean-Marie Bigard. Un défaut qu'on aurait pu penser révolu mais qui subsiste une nouvelle fois. Même si cela sera sûrement corrigé dès le début de la deuxième partie de Harry Potter 7, il est un peu tard... Le côté sombre reprend le dessus dès une bataille aérienne très spectaculaire, mais laissant gravement sur sa faim.

 

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On l'aura compris cependant : la qualité de cet épisode ne réside non pas dans ses scènes d'action mais bel et bien celles où le trio Harry-Ron-Hermione se retrouve seul contre tous. Et sur ce point, c'est clairement une réussite, même si cela évoquera fortement, pour certains, un arrière-goût de déjà vu susceptible de poindre à la lecture du pavé, à savoir le rapprochement évident avec Frodon et Sam séparé de la Communauté, dans le Seigneur des Anneaux. Rien de bien nouveau pour cette partie du public, mais largement de quoi contenter l'autre partie, avec ces paysages déserts et inamicaux. Est-ce un hasard si le rassurant château de Poudlard n'est jamais aperçu?

 

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L'occasion également de se resserrer autour des trois héros, plus humains que jamais depuis le sixième épisode (la grande qualité de Harry Potter 6, quoiqu'on en dise!). Amitié, jalousie, doute... Les personnages principaux ont maintenant 17 ans. Pas tout à fait des adultes, mais plus des enfants. Saluons à ce titre une bonne performance des acteurs, même si on peut dire que, depuis presque dix ans, il est heureux qu'ils se soient améliorés.


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Hélas, ce beau tableau ne peut pas ne pas être entâché de quelques gros points noirs. Si Harry Potter 7.1 réserve son lot de spectaculaire, en grande partie assuré par la scène du Ministère de la Magie (de loin la plus réussie à mon sens), la plupart du temps, n'ayons pas peur de le dire, on peut trouver le temps long. Quelques critiques ont parlé d'un film "bavard". Ce n'est pas complètement faux. Cela participe peut-être à l'ambiance "fugitif" très réussie du long-métrage mais cela peut rapidement énerver, même pour quelqu'un qui n'a pas lu le livre.

 

Terminons enfin par un aspect que je me plais toujours à développer dans les derniers paragraphes : la musique du film. Si le réalisateur n'a pas changé, ce n'est pas le cas du compositeur. Cette fois, c'est le Français Alexandre Desplat qui s'y colle. Son travail est plutôt efficace et travaillé, mais le fait qu'il ne reprenne que trop rarement le Hedwig's Theme, bien trop discret, a de quoi décevoir. Cela reste quand même mieux que le compositeur précédent (l'inexpérimenté Nicholas Hooper).

 

Au final, que retenir de cet épisode? Un côté sombre bien géré et une ambiance "fugitif" réussie mais quelques scènes d'action qui auraient mérité d'être plus longues bien que d'autres, moins mouvementées, auraient gagné à être plus courtes. Cela reste néanmoins un bon spectacle qui donne (heureusement) envie de voir la suite. Ah si! J'ai failli oublier : l'idée de raconter une des histoires de Beedle le Barde en mode "ombres chinoises" était excellente.

 

Critiques des épisodes précédents :

Harry Potter 6

Harry Potter 5

Harry Potter 4

Harry Potter 3

Harry Potter 2

Harry Potter 1

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