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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 08:00

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/46/08/18394406.jpgLes années 1990 avaient le Seven de David Fincher comme emblème du thriller poisseux et malsain. Les années 2000 ont de leur côté Saw.

 

Mais là où Saw a donné lieu à pas moins de six suites, Seven s'est arrêté pour ne pas accoucher de Eight, Ten ou Fifteen (même si on a eu droit à Nine  et Thirteen :-D). Et quand bien même, le sujet de Seven ne se prêtait pas pour une saga, bien que je ne serais que très peu étonné si un long-métrage du genre John Doe Begins voit le jour pour narrer le sombre passé du serial killer interprété par Kevin Spacey.

 

Pour en revenir à Saw, inutile de dire que le premier épisode a plus ou moins été oublié au profit de ses nombreuses suites dont je tairais l'intérêt extrêmement limité consistant à faire du gore pour du gore.

 

Un sort assez injuste pour un petit film qui, réalisé en 18 jours avec un budget ridicule (1,2 millions), a  pourtant réussi à multiplier par 50 la mise initiale. Avouons que l'exploit n'est pas mince. Cela n'en fait pas pour autant un chef-d'oeuvre, même si Saw premier du nom mérite au-delà de toute espérance le statut ingrat de film culte.

 

Car si un chef-d'oeuvre est un film culte (Le Parrain), l'inverse ne se vérifie pas toujours (Fight Club).

 

Mais outre ces terminologies douteuses, attelons-nous sur les raisons qui font que Saw est un film culte.

 

La première chose à faire concernant cet épisode, c'est de faire abstraction de ses suites dont le principal intérêt est de montrer sur grand écran une pure boucherie (finalement, je n'ai pas pu me taire). Saw 3 aura même bénéficié de la classification "interdit aux moins de 18 ans", réservée initialement pour les films pornographiques et/ou de très grande violence. Quant à savoir si ce label était justifié (coup de pub?), c'est une autre histoire.

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/46/08/18397787.jpg

 

En parlant d'histoire, le moins que l'on puisse dire est que l'intrigue principale de la saga Saw est bel et bien un puzzle. Tous les films sont liés, en même temps que la plupart des personnages. Problème : on frise l'overdose et la crise de nerfs car les quelques épisodes déjà sortis délivrent les éléments au compte-gouttes et dans le désordre le plus complet.

 

L'impression d'assister à une histoire à tiroirs multipliant les rebondissements plus ou moins prévisibles est donc très forte. Difficile de croire que les scénaristes du premier film avaient prévu tout ce qui suivrait, d'où l'intérêt grandi envers cet épisode relativement simple, de loin le plus compréhensible, le plus oppressant et le plus indépendant (pas besoin des nombreuses suites pour comprendre l'essentiel).

 

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Tout débute de manière mystérieuse quand deux hommes se réveillent enchaînés dans une salle de bains désaffectée. Ils disent ne pas se connaître, et un cadavre à la cervelle éclatée gît sur le sol. Un magnétophone les informe des règles d'un jeu particulièrement sadique où au pire ils meurent, au mieux ils se scient les pieds.

 

Forcés de dénouer les évènements qui les ont amenés à cette inconfortable situation, ils arrivent à la conclusion qu'ils sont les nouvelles victimes d'un tueur en série qui soumet ses proies à des choix inhumains. Mais pourquoi eux? Et dans quel but?

 

Là est le concept de base de Saw premier du nom, que certains ont même qualifié de Seven des années 2000 (d'où le lien au début de cet article). Réputation méritée? Tout dépend de la manière dont on considère Seven que j'ai trouvé "bien, sans plus" en ce qui me concerne (un poil trop pessimiste et un final attendu).

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/46/08/18397788.jpg

 

Il reste néanmoins que Saw tire plutôt bien son épingle du jeu compte tenu de son manque de moyens. Prévu initialement pour être un direct-to-video sans passer par la case "sortie en salles", les projections-tests rencontrèrent pourtant un certain succès qui ne sera pas démenti par la suite (c'est un des films les plus rentables de l'histoire du cinéma), et donnera donc naissance aux terribles opus suivants, tous aussi réguliers que le 31 octobre. Est-ce d'ailleurs un hasard si chaque épisode sort courant fin octobre début novembre (autrement dit autour de Halloween)?

 

Là où Saw 1 sera particulièrement desservi, c'est par sa réputation de film gore. Pourtant, il est loin d'être gore et tout se joue dans une ambiance particulièrement malsaine et horrifique. La scène la plus sanglante est sans conteste le final, et encore, c'est très suggéré et pas du tout montré. Le pied tranché de l'affiche n'est que purement symbolique de la thématique principale de ce premier épisode. La dimension horrifique prend aussi toute son ampleur dans quelques scènes toutes connes mais diablement efficaces, évoquant les peurs de l'enfance du genre monstre sous le lit.

 

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C'est bien entendu sur cet aspect de la simplicité que se traduit le cruel manque de moyens sur le plan technique. La réalisation est ainsi digne d'un clip musical, usant des travellings et autres mouvements de caméra accélérés, en passant par un montage brutal, pour conférer à la mise en scène l'aspect nerveux de l'ensemble. Des artifices qui s'excusent parfaitement compte tenu d'un budget ridicule (1,2 millions de dollars, je le rappelle).

 

Et encore, le film se permet d'avoir quelques acteurs intéressants au casting comme Danny Glover (la saga de L'arme fatale, quand même!), la jolie Dina Meyer (Starship Troopers) ou encore la très discrète Monica Potter, pour ne citer que les plus connus (mais pas forcément ceux qui sont le plus sur le devant de la scène).

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/46/08/18397789.jpg

 

Enfin, ce premier épisode pose aussi les traditions de la saga, à savoir un twist par épisode, sous fond du désormais célèbre musical de Charlie Clouser (qui livre ici sa première BO pour un long-métrage). Pour Saw 1, la surprise reste mitigée quand à la révélation finale que pas mal auront vu venir. Reste qu'un film ne connaît pas le succès qu'à cause de son twist (encore que...) et si Saw a autant séduit, c'est parce qu'en tant que film "artisanal" fait par des petits futés, il est diablement simple et efficace. Et surtout, il est considéré non pas comme un précurseur mais comme celui qui a relancé le genre du thriller vraiment poisseux. Seul bémol : il aura bien sûr occasionné les nombreuses suites de la franchise et ouvert la voie à d'autres petits films fauchés qui tentent de copier sans succès le style sans y apporter une touche réellement authentique.

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commentaires

QStainer 05/10/2010 16:01


C'est vrai que le premier est vraiment pas mal, original et tout. Après de là a faire 6 suites avec pour seul but d'afficher de la tripaille je trouve ca naze ...