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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 20:00

 

http://www.movieposter.com/posters/archive/main/9/A70-4902

Article dédié à Miss Los Angeles : parce qu'on en avait déjà parlé un soir, au téléphone, lors d'une conversation qui dura presque deux passionnantes heures ...

 

L'été, c'est l'occasion de se détendre. C'est les joies de la plage et des endroits climatisés. C'est aussi le moment pour (re)mater des films qui traînent dans votre DVDthèque depuis belle lurette.

 

Cela fait plus de dix ans que le premier Matrix est sorti sur nos écrans. C'est aussi le premier DVD que l'on nous a offert. Devant tout le bien qu'on entend sur ce qui semble être devenu un classique du film de science-fiction, je me devais de me forger une opinion propre. Non pas que je n'avais pas d'opinion auparavant, mais mes arguments pour contre-attaquer les fans dudit métrage étaient, avouons-le, assez faibles et très subjectifs.

 

Après un énième visionnage de Matrix, je me rends compte que je ne pourrai jamais écrire quelque chose d'objectif sur ce film qui fait intervenir trop de références que je ne connais pas. C'est un peu comme mater Scary Movie sans avoir vu Scream et Souviens-toi l'été dernier, ou encore Mars Attacks! sans Independance Day. Difficile d'apprécier un spectacle qui se veut une sorte d'hommage quand on ne connaît pas la cible de cet hommage.

 

Et puis, autre élément purement subjectif : les films de science-fiction m'ont toujours laissé froid. J'étonne encore du monde quand je dis que, en tant que fan de cinéma, Star Wars ne m'a pas plus emballé que ça (le seul attrait que je trouve dans Star Wars est la musique de John Williams qu'il faudra que je pense un jour à acquérir). Par contre, je me sens plus proche du film de super héros (Batman *soupir*).

 

N'empêche que le premier Matrix a quand même de la gueule, même pour quelqu'un qui reste insensible au genre. On peut apprécier cet univers "urbanocturne", cette ambiance très "city", la musique très cuivrée de Don Davis (je suis définitivement un vrai béophile : j'évoque plus souvent la musique d'un film que le film lui-même).

 

Par contre, on peut être agacé par une galerie de personnages aussi stéréotypés. Keanu Reeves (que je n'ai  jamais pu blairer) est monofacial à souhait. Carrie-Anne Moss joue la fille faussement dure à cuire mais amoureuse. Laurence Fishburne parle 70 % du temps pour ne rien dire ("on n'est pas le plus fort quand on le croit mais quand on le sait" => ta gueule! Si tu sais que tu crois, ou que tu crois que tu sais, tu fais comment?! ). Hugo Weaving, de loin le personnage le moins agaçant, a constamment l'air pas content (mais lui, à la rigueur, on l'excuse : il est un programme, donc peu étonnant qu'il soit prévisible vu qu'il est programmé, hahaha!). Je ne cite qu'eux, sinon on n'est pas couchés.

 

http://free-zg.t-com.hr/underworld/filmovi/matrix/Matrix_Neo_realises_1024.jpg

C'est peut-être là aussi tout l'attrait de Matrix. J'ai souvent rabattu l'oreille de mes chers lecteurs sur le fait que si le jeu vidéo aime le cinéma, le contraire n'est que très rarement vrai. Force est d'avouer que, dans Matrix, le cinéma aime le jeu vidéo. Et je m'en suis rendu compte pour la première fois quand j'ai revu le film il y a quelques heures. Mieux vaut tard que jamais. Outre le côté science-fiction et le baratin autour du fait que le monde qu'on croit vrai est faux, et que le vrai monde est maintenant gouverné par les machines (référence explicite à Terminator), Matrix est un jeu vidéo. Le fait que les héros courent sur les murs et évitent les balles en faisant des grands écarts s'explique parce que ce sont des tricheurs qui entrent des cheat codes pour pirater le programme et ne pas respecter les règles du jeu. Un peu comme on a fait le code du "tourner trois fois sur soi-même" dans Tomb Raider pour avoir toutes les armes et trousses de santé.

 

D'ailleurs, pendant qu'on parle des scènes d'action, il est vrai que Matrix a fortement marqué les esprits de ce côté-là en démocratisant la technique du bullet-time (le fameux ralenti où on voit les balles de pistolet passer au ralenti, par exemple). Devenue instantanément culte, la technique fut reprise à outrance dans tous les films qui suivirent, pour le meilleur (Spider-Man) comme pour le pire (Scary Movie, La Tour Montparnasse Finale).

 

Toujours dans cet esprit très videogame, les combats armés et à mains nues sont endiablés et joliment chorégraphiés, même s'il faut avouer que, le temps passant (plus de dix ans), on commence à sentir les ficelles (au sens propre comme au figuré), en témoignent des coups de tête dont on voit clairement qu'ils sont effectués dans le vide (la scène du métro).

Mais avant d'en arriver à ces scènes d'action, point culminant du film, il faut se taper  un truc qui ressemble à plus d'une heure de blabla. Un blabla qui n'est pas des plus inintéressants, il faut le dire, mais qu'on aurait aimé voir écourté de vingt bonnes minutes. En cela, Matrix est plutôt mal rythmé sur ce point puisque, entre une première demie-heure intriguante et mystérieuse, et une dernière demie-heure très mouvementée, on se tape des explications à la pelle. Certaines feront sourire (le fantasme de la femme en rouge, le recyclage), d'autres pas. Le pire étant sûrement atteint avec l'Oracle, car le coup de la Prophétie, de l'Elu et tout le tralala, c'est du vu, du revu et de l'éculé. On peut bien sûr y trouver un intérêt, mais en ce qui me concerne, j'ai baîllé à m'en décrocher la mâchoire en attendant que ça bouge un peu avec les mecs en noir.

L'autre aspect de Matrix, c'est aussi shttp://l.yimg.com/eb/ymv/us/img/hv/photo/movie_pix/warner_brothers/the_matrix/hugo_weaving/matrix3.jpgon côté prétentieux et très premier degré. Les phrases de Morpheus en sont un bel exemple. Ensuite, y a aussi le côté très "on se la pète" avec les vestes en cuir et les lunettes noires. Mais bon, quitte à s'habiller comme on veut dans un monde virtuel, autant se fringuer en icône de la mode. C'est toujours plus classe que les frusques que les personnages arborent dans le monde réel (sans oublier ces fameux trous qu'ils ont partout, en plus des orifices naturels, qui sont un véritable inconvénient esthétique).

Je cherche encore des choses à dire sur Matrix mais je crois que j'ai fait le tour. Après, je le redis : plus que jamais, il s'agit d'un avis très subjectif. Pour ceux qui considèrent vraiment ce film comme un chef-d'oeuvre, je vous renvoie à cette critique fort bien argumentée qui a su repêcher les diverses références utilisées par les réalisateurs.

Ah si! Je l'ai rapidement évoqué plus haut : la musique de Matrix est superbe. Je ne parle pas de la bande-son heavy metal mais de la vraie BO, composée par Don Davis. Rien que la musique d'introduction (en écoute ci-dessous) où apparaît le logo Warner Bros verdâtre me fait vibrer.
RAAAAAAAAH!!! DON DAVIS, I LOVE YOU!!!!

 

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