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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 20:47

http://www.krinein.com/img_oc/big/2039.jpgLes superhéros étaient jadis appréciés de la population. Mais suite un incident causé par Monsieur Indestructible (il a sauvé quelqu'un qui "ne voulait pas être sauvé"), ils doivent vivre cachés et ne peuvent plus utiliser leurs pouvoirs pour faire le bien. Monsieur Indestructible, redevenu simple citoyen du nom de Bob Parr, est maintenant confronté à la vie triste et terne d'un modeste employé aux assurances. Regrettant sa gloire passée et sa vie trépidante de superhéros, il n'hésite cependant pas à reprendre du service (quitte à perdre un peu de poids) et à mentir à sa femme et ses enfants lorsqu'une organisation mystérieuse le contacte pour éliminer un super-robot...


Pixar ne cesse d'étonner. Disney a fait une bonne affaire. Ca a bien débuté avec un Toy Story génial (qui a donné une excellente suite), et ça ne semble pas prêt de s'arrêter.

 

Alors que les anciens Disney se contentaient la plupart du temps de réactualiser des contes, mythes et autres classiques (Aladdin, L'Atlantide, La Planète au Trésor), Pixar se démarque par son choix de faire des films plus inventifs, créant sans cesse de nouveaux mondes insolites. On commencera par le désormais culte Toy Story (le monde des jouets) pour continuer avec Monstres et Cie (le monde des monstres sous le placard) en passant par Le Monde de Nemo (le monde sous-marin) et Cars (le monde des voitures).

 

Les Indestructibles fait bizarrement office de cas à part. Difficile de faire original en parlant de superhéros alors que la plupart de nos grosses productions actuelles traitent relativement souvent du même sujet (Spider-Man, X-Men). Et pourtant, Pixar a réussi à faire quelque chose de très original!

 

Le principe de la famille de superhéros n'a jamais fait l'objet d'un film (bien que cette idée soit déjà apparue dans quelques dessins animés du samedi matin), et Les Indestructibles arrive aisément à se faire une place au soleil en tant que comédie familiale, hommage aux superhéros et film d'action. L'avantage des dessins animés, c'est qu'ils sont la plupart du temps multifonctions, notamment chez Pixar, qui, grâce à sa maîtrise technique, nous livre très souvent un spectacle visuel irréprochable et stupéfiant de réalisme.

 

Les Indestructibles est d'ailleurs le premier Pixar à mettre au devant de la scène des humains, et quels humains! D'un réalisme tout simplement incroyable! Que cela soit les cheveux, l'expression des yeux ou encore les poils d'une barbe naissante (magnifique!), on en a plein les yeux.

Les décors ne sont quant à eux pas en reste (les reflets dans les portes d'ascenseur), et le tout respire un aspect années 50 du meilleur effet, rendant un hommage bienvenu aux bandes dessinées de la même époque (les génériques sont volontairement stylisés avec des formes très basiques et des couleurs très vives).

 

De même que l'on retrouve cet aspect BD durant tout le film, notamment à la volontaire déformation de certains personnages, comme la carrure imposante et la mâchoire carrée du père, l'aspect rachitique de l'adolescente complexée ou les cuisses trop larges de la mère au foyer empâtée.

 

Les musiques ne font que renforcer cette atmosphère attachante, grâce à des mélodies jazzies très convaincantes (une B.O. signée Michael Giacchino digne des premiers James Bond).

 

On n'échappe cependant pas à la très célèbre morale Disney (rien ne vaut la famille, blablabla), alors même qu'on prendra son pied devant des scènes mariant l'humour et l'action avec une grande aisance (la poursuite à 200 à l'heure du petit garçon, la mère coincée entre deux sas dans une base secrète).

 

On applaudira également un scénario par là même très sympathique, tirant parti de nombreux clins d'oeil et autres références actuelles : les superhéros qui doivent uniquement vivre dans leur identité civile fait écho à X-Men, la scène d'introduction avec le train fait inévitablement penser à Spider-Man 2, et on saluera l'auto-dérision quant aux superhéros classiques (la morale sur le port de la cape) et aux clichés des films d'action (le monologue qu'engage le méchant alors que le gentil en profite pour se libérer de ses liens). Le gros point faible résidera sûrement, en plus d'une morale guimauve, dans un méchant trop caricatural et sans saveur, et qu'on devine assez inoffensif, au final.

 

Les Indestructibles ou un divertissement Disney plus qu'excellent, sans toutefois atteindre le niveau de chef-d'oeuvre. Sûrement le meilleur Pixar à ce jour pour l'auteur de ces lignes.

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