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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 08:00

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/36/23/74/18680999.jpgRecyclage d'un vieil article sur le meilleur film de 2006. Dédicace à Schyso.

 

La première chose qu'on a envie de dire après avoir vu Le Labyrinthe de Pan, c'est de ne pas se fier à l'affiche, et encore moins à la phrase accrocheuse qui y figure ("L'innocence est plus forte que le mal").

 

Mettons-nous à la place des parents qui désirent emmener leurs enfants voir un film gentillet.

 

Ou alors on peut aussi devenir ces charmants bambins qui, séduits par le poster où figurent une petite fille (presque habillée comme le Chaperon Rouge) dans une forêt digne de conte de fées (d'ailleurs y a aussi une fée) et un titre assez poétique, supplient papa et maman d'aller voir ce qui, au premier abord, ressemble à une énième production Disney.

 

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Seulement, il y a une tâche dans ce si beau portrait : le film est interdit aux moins de 12 ans. Un hasard? Peut-être pas. Le film débute avec un bref rappel historique et le prologue d'un conte pour enfants (une princesse perdue que son père cherche à retrouver). Et là, le drame. Tout roule jusqu'à la dixième minute où le grand méchant massacre deux paysans sans raison apparente avec une sauvagerie rarement vue à l'écran. A partir de cet instant, si la joyeuse famille n'a pas quitté la salle, les parents peuvent être considérés comme irresponsables (à supposer que leur progéniture n'ait pas été refoulée à l'entrée suite à la restriction d'âge). Et ce n'est pas le soupçon de féerie entourant la jeune Ofelia (la petite fille de l'affiche) qui pourra faire oublier la bataille que se livre l'armée franquiste et les rebelles (tortures, meurtres, attentats).


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Le Labyrinthe de Pan cloue littéralement sur place. La première raison, c'est la surprise dont est gratifié le spectateur qui se retrouve à regarder un film de guerre alors qu'il pensait aller voir un film fantastique. La deuxième est bien évidemment la maîtrise technique du long-métrage, que ce soit la justesse de l'interprétation (Sergi Lopez), l'ambiance froide limite morbide et les effets spéciaux (le Faune est impressionnant).

 

Difficile de décrire plus cette gigantesque claque que nous livre Guillermo Del Toro, un réalisateur mexicain qui représente la nouvelle vague du cinéma hispanique avec Alfonso Cùaron (réalisateur de  Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban et des Fils de l'Homme). Le Labyrinthe de Pan s'affirme comme le film le plus personnel du bonhomme, et c'est plus que mérité qu'il ait été présenté au festival de Cannes de 2006 dans la sélection officielle, bien qu'il n'ait pas été récompensé.

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/36/23/74/18614537.jpg Guillermo Del Toro a déclaré que ce projet datait d'il y a plus de vingt ans et qu'il aurait désiré en faire son premier film s'il avait eu le budget nécessaire, même si, à l'époque, l'histoire était légèrement différente et bien plus méchante (cela aurait été la femme enceinte qui découvrait le labyrinthe et le faune avec lequel elle aurait eu une aventure).

 

Le Labyrinthe de Pan surprend aussi par la violence des affrontements militaires/rebelles. Plus que Ofelia et le labyrinthe, c'est bel et bien le contexte historique le véritable intérêt du long-métrage, mis en parallèle avec l'intrigue fantastique, elle aussi dotée d'une maturité étonnante (le monstre avec les yeux dans les mains). Le tout est de mettre en relation un monde enchanteur avec la dureté de la vie (transition enfant/adulte), ce que la mère d'Ofelia ne cessera de répéter à sa fille pour qu'elle arrête de lire les contes de fées.

 

Le film doit aussi beaucoup à ses personnages, et notamment à ses monstres, dont le plus effrayant restera sans doute l'humain le plus détestable du moment, le capitaine Vidal (Sergi Lopez), un militaire despotique, froid, cruel et obsédé par l'héritage qu'il laissera à son fils. On a droit ainsi à une pure incarnation du mal, une figure terrifiante du fascime. On peut presque dire que le cinéma a un nouveau grand méchant à mettre dans son palmarès à côté de Dark Vador (ou peut-être que j'exagère).

 

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Le Labyrinthe de Pan s'affiche sûrement comme le dernier chef-d'oeuvre en date. Ne vous fiez pas à sa jolie affiche, car vous seriez déçu, mais regardez au-delà et admirez un des meilleurs films de ces dernières années. 

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commentaires

mycreditprocessor.com 22/07/2014 11:04

Pans Labrynth is one of the finest movies ever released in France. I watched it last year and I would rate it as one of the best emotionally brilliant fantasy movie I had ever seen. Thanks for sharing your review.

QStainer 24/09/2010 12:29


Oh ouiiiiiii ! Quelle raclée au cinéma ce jour là...


joseph 08/06/2016 11:34

ouai c'etais très rigolo hahahaha
et quand d'Jo est venu nous chercher en clio !

Citizen Cancre 24/09/2010 19:19



Ouaip. Epoque où on avait pas encore le permis et où mon père est venu nous chercher avec la Honda qui n'était pas encore détruite^^