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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 08:00

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/05/11/01/051101_af.jpgDédicace à Margot, fan de Shyamalan, et aussi une de mes plus fidèles lectrices (ainsi qu'une des rares à laisser des commentaires). Gros bisous à toi!

 

M. Night Shyamalan... Quel nom bizarre. C'est pourtant le nom d'un réalisateur qui a beaucoup emballé à la fin des années 90, et qui a pas mal déçu sur la fin des années 2000.

 

Son succès, il l'a rencontré avec ce que certains osent appeler un film d'horreur, alors qu'il est clairement à classer dans le registre du fantastique un peu sombre : le très surestimé Sixième sens, avec Bruce Willis et l'étonnant Haley Joel Osment.

 

Sixième sens fait aussi partie de ces films qui tendirent à populariser le final twist, la méthode du rebondissement final qu'on retrouve par exemple dans Fight Club, Haute Tension, L'Echelle de Jacob (dédicace à Schyso) et Usual Suspects. Shyamalan en fera d'ailleurs sa marque de fabrique puisque la grande majorité de ces films en comporte un.

 

Pour avoir eu l'occasion de remater Sixième sens il n'y a pas si longtemps de ça, j'ai pu le réévaluer et mieux l'apprécier, même si le fait d'être tombé juste du premier coup sur la révélation-clé du film m'a pas mal refroidi.

 

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J'ai cependant été plus sensible à Incassable, qui reprend les mêmes ingrédients et les replace dans un domaine assez codifié : celui des superhéros. Ce n'est un secret pour personne : j'affectionne beaucoup les films de superhéros (mais pas les comics... bizarre) et s'il y a bien une chose de certaine sur Incassable, c'est que Shyamalan se réapproprie le mythe superhéroïque avec beaucoup de classe, de finesse et de sensibilité.


Mais Incassable n'est pas un film de superhéros classique, que cela soit dans le fond ou dans la forme. Le drame intimiste tire bien plus souvent la couverture que l'aspect fantastique très en retrait, et ce dans le but et le souci de raconter au spectateur une histoire plus banale qu'extraordinaire. Shyamalan distille donc à son Incassable une imperceptible dose de fantastique, si discrète que le film ne décollera jamais au-dessus du monde bien réel illustré par une pluvieuse Philadelphie (la ville de prédilection du réalisateur).


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Pas de superhéros en collants et en cape pour ce long-métrage qui joue à fond la carte du côté humain. Et surtout du côté "vieux" de l'humain. Il ne s'agira pas là d'un ado prépubère qui va maîtriser ses pouvoirs en même temps qu'il va apprendre à se raser. On a ici affaire à une sorte de "héros" des temps modernes, un pauvre type chargé de la sécurité, chauve et fatigué, et qui semble avoir dépassé la quarantaine depuis belle lurette. Ultime hommage aux superhéros Marvel : à la manière de que Peter Parker (Spider-Man) ou encore de Bruce Banner (Hulk), son nom commence par la même lettre que son prénom (David Dunn).

 


L'anti-super héros en quelque sorte que ce père de famille blasé qui a beau rester un modèle pour son fils, il n'en rencontre pas moins des difficultés à conserver l'affection de sa femme. Dans ce registre, Bruce Willis excelle. Après les rôles de superflic (John McLane dans Die Hard) ou de "super-foreur" (Armageddon) dans les années 80-90, on ne l'a jamais vu autant interpréter un type fatigué que dans les années 2000 (Sin City, 16 blocs).

 

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Au côté de cet acteur retrouve-t-on une autre figure toute aussi célèbre avec Samuel L. Jackson qui compose un personnage en diamétrale opposition avec David Dunn (couleur de peau, style vestimentaire, cheveux, "solidité"). Une belle démonstration pour dire que cet acteur est capable de jouer autre chose que le "black cool en roue libre" de Pulp Fiction.

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/05/11/01/051101_ph4.jpgMais plus que cet excellent casting, c'est l'histoire qui tient en haleine. Le scénario signé par Shyamalan prouve que ce dernier sait ce qu'il fait, surtout avec sa caméra. Sa réalisation millimétrée a un rôle considérable lors du long-métrage puisqu'avant toute chose, Incassable est un film visuel, où tout se dit avec les yeux. Chaque plan, chaque scène, chaque mouvement de caméra... On sent que rien n'est laissé au hasard et certains sont même allés à dire que Shyamalan est le digne successeur d'Alfred Hitchcock dans la façon de manier l'image et l'esprit du public. Malheureusement, cette maestria se paye par un rythme qui peu sembler bien long pour le non initié qui pensait que la présence du duo Willis/Jackson au générique occasionnerait quelques scènes d'action. Grossière erreur.

 

Egalement, la réalisation ne se limite pas à quelques mouvements de caméra bien sentis puisque de nombreux éléments sont à prendre en considération, comme les couleurs, les plans ou encore les vêtements qui aiguillent pas mal sur la révélation finale.

 

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Révélation finale qui reste moins surprenante et moins classe (enfin, c'est vite dit...) que celle de Sixième sens. Mais qu'importe. Le final twist d'Incassable n'est pas le principal attrait du film, loin de là. Cet attrait, c'est la manière extrêmement juste dont Shyamalan raconte une histoire de super héros réaliste, sans fioritures ni artifices de blockbuster décérébré, le tout en prenant son temps et en perdant en route les moins réceptifs à cette oeuvre magistrale et sensible.

 

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