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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 08:00

http://www.iwatchstuff.com/2007/04/26/harry-potter-phoenix-poster.jpg J'ai toujours été un fan des quatre premiers livres Harry Potter. Surtout de la Coupe de Feu qui présentait une intrigue riche et excitante, même si entâchée par un final trop américain que le film éponyme s'est approprié sans se casser la nénette en le présentant comme un digne successeur du "Kamehameha!!" de Dragon Ball Z.

 

Je me rappelle de la très longue attente qu'il y eut entre la sortie du tome 4 et celle du tome 5 (qui fut repoussée plusieurs fois, si je ne m'abuse). Le pire finalement, c'est que Harry Potter et l'Ordre du Phénix (HP5) m'a vraiment beaucoup beaucoup déçu en tant que livre.

 

Il avait beau être plus long (plus de 1000 pages) que le pavé précédent, il n'en était pas moins paresseux, bavard et linéaire, même s'il permettait de mieux aborder les retombées du tome 4 sur la personnalité de Harry qui devient là un ado insupportable en pleine guerre intérieure. L'occasion aussi de vivre un quotidien (presque) normal à Poudlard où le jeune héros arrive enfin à rouler une pelle et à emmener sa victime dulcinée dans un bar tout rose et tout romantique, à l'ambiance so cute.

 

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L'avantage de cet étonnant parti pris a permis au nouveau scénariste de mieux charcuter les chapitres du bouquin pour en faire un film fluide, direct et sans temps mort. Sûrement le plus gros point fort de HP5, même si les mauvaises langues (dont je fais partie) diront que J.K. Rowling avait quasiment fait le travail d'adaptation elle-même en blindant le cinquième tome de sous-intrigues insipides dont elle savait pertinemment qu'elles ne passeraient jamais à l'écran. Cela aurait été encore excusable si elle avait pris la peine de bricoler une intrigue principale de manière à ce qu'elle soit profonde et tortueuse (à l'image de celle de HP3 ou HP4) et où les final twists étaient particulièrement bien amenés (l'imposture de Maugrey dans HP4 était monstrueusement bien foutue!). Dans HP5, pas de fausses pistes. Les héros supposent et tombent quasiment juste à chaque fois. Déception.

 

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Mais fini de parler du pavé! Revenons-en au film en lui-même, réalisé par un inconnu total à qui l'on doit seulement quelques téléfilms : le Britannique David Yates, qui se verra quand même confier la réalisation des films HP restants. Une aubaine pour ce monsieur sorti de nulle part qui se trouve à la charge des derniers épisodes d'une des sagas les plus lucratives des années 2000.

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/36/32/70/18826065.jpgSon travail, plutôt correct, ne le fera cependant pas rentrer dans la liste des cinéastes incontournables et ne fera pas non plus de l'ombre à l'oeuvre d'Alfonso Cuaron (son HP3 est visuellement le plus riche). D'ailleurs, Yates a pas mal pompé pour ses idées dans les techniques de Cuaron (il est le seul à vraiment tenter de se réapproprier les décors du troisième opus), de Newell (pour l'ambiance lycéenne de HP4) et de Columbus (les filtres jaunes tendant à réchauffer les images, utilisés à outrance dans HP1 et HP2). Le produit fini est donc emballé avec soin mais pas avec grande originalité. Cela fera toutefois l'affaire puisque, comme déjà dit plus haut, HP5 s'en sort plutôt par ses "qualités" scénaristiques.

 

Si la trame principale est une nouvelle fois la seule à être conservée, elle bénéficie d'un travail d'adaptation soigné, plus fidèle à l'esprit général du roman qu'à la trame millimétrée de son déroulement. Les fans du pavé crieront donc au scandale parce qu'ils ne reconnaîtront pas le cinquième tome dans ce cinquième film qui ose durer moins de 2h. D'ailleurs, n'est-ce pas un comble que l'adaptation cinématographique d'un des bouquins les plus longs de la saga littéraire donne lieu au film le plus court?

 

Reste que les péripéties s'enchaînent plus que bien, et le temps passe très vite, car de bonnes transitions participent à la fluidité de l'ensemble.

 

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Les effets spéciaux sont corrects (à part peut-être Graup, franchement moche et digne successeur du lamentable troll de HP1), et les nouveaux personnages plutôt fidèles à l'idée qu'on pouvait s'en faire en lisant leur description. Mention spéciale au personnage de Dolores Ombrage, la MECHANTE du film, et pas cette clocharde de Bellatrix Lestrange hyper sous-exploitée. L'arrivée de Ombrage sera d'ailleurs un prétexte pour dénoncer dans le monde des sorciers une idéologie conservatrice douteuse  dont l'expansion est principalement motivée par le déni et la propagande. On y retrouve donc la terrible erreur de pratiquer la discrimination et la délation au sein de son propre camp, histoire de diviser pour mieux régner, et d'oublier temporairement les vrais problèmes et menaces réelles.

 

Dernier point, qui a constitué un sujet bien casse-gueule en ce qui me concerne, c'est bien sûr ... la musique du film (what else?). Qu'on confie le film à un réalisateur peu expérimenté passe. Mais pourquoi ce réalisateur peu expérimenté a amené dans l'équipe son compositeur encore moins expérimenté? Nicholas Hooper, compositeur attitré de David Yates, issu du même milieu que ce dernier (les téléfilms britanniques) livre une des pires compositions pour la musique d'un Harry Potter. Après un John Williams merveilleusement classique et un Patrick Doyle inspiré, Hooper réalise un travail hyper direct, fonctionnel et peu efficace. Pas de thèmes marquants à part celui d"Ombrage (encore heureux qu'elle en ait un!), des pistes essentiellement atmosphériques dont on apprécie à peine l'écoute en dehors du film (alors que je m'envoie depuis des années et en boucle les BO des quatre premiers HP sans me lasser), Hooper se loupe dans les grandes lignes et on sent clairement qu'il est issu du milieu des téléfilms. Sa reprise du Hedwig's Theme est extrêmement quelconque (Doyle en avait fait une dramatique envolée à la fin de l'introduction de HP4) et son idée d'inclure des morceaux sonnant très irish n'aurait pas été mauvaise si elle ne tombait pas comme un cheveu sur la soupe. Vraiment dommage. La musique d'un Harry Potter mérite une musique exemplaire, et le compositeur de HP5 n'a pas été en oeuvre de fournir un travail un minimum mémorable pour ce genre de production.

 

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Fin de la parenthèse béophile. HP5 est donc un épisode correct et efficace qui contentera ceux qui sont venus voir un film et énervera bien profond ceux qui ne savent toujours pas faire la différence entre adaptation et transposition ("ouin! ouin! j'ai pas aimé le film car y manque trop de trucs et que c'est pas comme dans le livre").

 

 

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