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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 20:00

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/00/02/23/05/69215342_af.jpgIl y a des films qui traineront une mauvaise réputation toute leur vie. Mais il y a pire : les noms qui traineront cette mauvaise réputation. C'est le cas de Pitof, initialement responsable d'effets spéciaux, à qui l'on doit deux réalisations littéralement lynchées par le public : Vidocq et Catwoman.

En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, le technicien est devenu synonyme d'exemple à ne pas suivre en matière de cinéma, que cela soit d'un point de vue de la réalisation, de la direction d'acteurs ou encore du scénario.


Je passerai volontairement sur Catwoman que je n'ai jamais eu l'occasion de visionner en entier pour me consacrer entièrement sur Vidocq, qui reste malgré tout le premier film à avoir été tourné avec une caméra numérique. Une qualité d'image qui s'en ressent à travers la netteté et la fluidité de l'ensemble.


Malheureusement, n'est pas réalisateur qui veut et Pitof, aussi bon artisan qu'il soit en matière d'effets spéciaux, ne prouvera qu'une seule chose avec son Vidocq : il a bel et bien retenu les leçons de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro avec lesquels il a déjà travaillé auparavant. Image jaunie, gros plans sur les visages, caméra nerveuse qui tente des angles improbables... Si on retrouve ça et là de bonnes idées, elles sont hélas noyées par de mauvais choix qui s'avèrent être majoritaires en nombre, à commencer par la séquence la plus représentative du cheval au galop (une seule question vient à l'esprit : pourquoi tant de haine pour nos yeux ?).

 

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/00/02/23/05/69215343_ph3.jpg

Pourtant, l'ensemble avait du potentiel. Les moyens alloués au projet se ressentent justement sur cette réalisation qui peut se targuer de tout sauf d'être cheap. En fait, elle est juste too much. Tout est trop rapide et trop vif. Rien n'est posé ou alors, quand ça l'est, c'est bancal et dérangeant (cf. la caméra vraisemblablement posée à l'angle d'un plafond lors de la scène du bureau au début et qui donne... le mal de mer). On sent clairement la volonté de bien faire mais aussi le désir de faire joujou avec la caméra numérique. Ce qui n'empêchera pas contre toute attente Vidocq de rafler quelques récompenses sur les effets spéciaux, le maquillage et la bande originale.


A ce titre, la B.O. du film, signée Bruno Coulais, reste une petite merveille pour tout béophile qui se respecte et démontre que le compositeur est un des plus inventifs du moment sur les sonorités qu'il utilise.

 

L'autre bémol de Vidocq réside aussi dans son scénario et sa direction d'acteurs. Non pas que tout est mauvais mais il suffit de se cantonner à deux aspects pour faire comprendre l'étendue du propos.


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/00/02/23/05/69215343_ph6.jpg

Le premier a pour nom Guillaume Canet. Certes bon réalisateur, il reste un piètre acteur dans de nombreux films, dont Vidocq... Son personnage est le plus faux de tous et il fait littéralement tâche à côté de Depardieu et Dussollier qui sauvent à eux seuls toute la distribution. Pour dire qu'ils ont du talent, Vidocq mérite d'être visionné juste pour eux deux!


Le deuxième, c'est l'effet de mode instauré à la fin des années 90 : le final twist, ou retournement de situation final, qui flingue un scénario entier via une révélation incongrue inadéquate qui, si elle est bien amenée, va constituer à près de 70 % le quota sympathie de l'histoire. Inutile de préciser que, si elle est malvenue, ça sera 70 % de la jauge opposée qui se remplira.

Ce qui est malheureusement le cas de l'histoire de Vidocq.

Celle-ci mêle adroitement investigation et fantastique. L'ambiance (mis à part quelques choix visuels contestables) participe au mystère et on se surprend à chercher qui se cache derrière le masque de l'Alchimiste, personnage intriguant en diable... jusqu'à la révélation finale où tout retombe comme un soufflet.


Ce qui, somme toute, résume parfaitement Vidocq : beaucoup d'espoir dans le fond, une mauvaise forme et un potentiel qui ne demandait qu'à éclore, comme l'a si bien fait la musique de Bruno Coulais. Toutefois, ce blockbuster français garde malgré tout un charme à la Jean-Pierre Jeunet, le malsain en plus. La mauvaise réputation n'est qu'en partie justifiée. Tout n'est pas à jeter. C'est dans le titre.

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commentaires

omnitech support 10/11/2014 12:32

This is the reason that is behind the bad receival off his second movie too. The bad reputation is following him all through his life and that is not a simple thing to throw it away.

Arobaz 11/09/2013 18:45

Je ne me suis jamais douté une seule seconde que ce film avait été mal reçu.
Les gens ont vraiment la critique facile, je le trouve particulièrement réussi...