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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 23:09

http://www.snof.org/vue/imagesvision/billet20E.jpgPour mon deuxième article, j'avais envie d'écrire quelque chose de vraiment personnel. Mais pas personnel au sens de ce que je pense. Justement personnel dans le sens de ce qui vient de moi. Je mentirai en disant que ceci est mon premier blog. Je me suis déjà essayé à cet exercice sur le site Excessif, anciennement DVDrama. Mais récemment, la rédaction dudit site n'a pas caché son intention de fermer la section blog, au grand désarroi des internautes. Au passage, rarement je n'ai vu une communauté de blogueurs aussi soudée et passionnée (par le cinéma la plupart du temps). Bon, après, j'avoue que je n'ai pas beaucoup vu de communautés de blogueurs. Donc mon affirmation est à prendre avec des pincettes.

 

J'entretenais également un blog sur ce site. Mes articles étaient ciblés cinéma. Quoi de plus normal quand le site est dédié au cinéma? Encore que, actuellement, le site Excessif m'a grandement déçu parce qu'il n'est plus tant que ça dédié au 7ème art. Mais cela fera sûrement l'objet d'un article futur.

 

Dans l'article ici présent, j'ai volontairement voulu attirer l'attention sur une de mes "gloires"passées, à savoir la fois où un de mes écrits m'a rapporté 20 €. Bon, je ne vous le cache pas, c'était un cas fortuit. Un concours avait été organisé par la rédaction de DVDrama (à l'époque où ça s'appelait encore DVDrama) sur la section blogs, et ce dans le but d'encourager les internautes à écrire des articles. L'article le plus intéressant était publié en première page du site et son auteur recevait un prix.

Pour ma part, j'ai gagné le premier concours sans avoir eu conscience d'y participer et ai donc eu le plaisir de me voir offrir un DVD récemment sorti : celui du film "La guerre selon Charlie Wilson", avec Tom Hanks. Alors oui, ce n'est pas 20 €. Mais le DVD venant à peine d'être commercialisé, il coûtait environ cette modique somme sur le marché. Donc je préfère dire "j'ai gagné 20 €" plutôt que "j'ai gagné un DVD". Non pas que ça fait plus classe. Mais ça fait plus "mon article m'a valu une certaine somme d'argent".

J'avoue que vingt malheureux euros, ça paraît peu. Mais ça fait plaisir quand un article écrit pour le plaisir à titre gratuit rapporte quelque chose.

C'était durant l'été 2008. Mon article était une critique portant sur le film phare de cette période, le film dont certains n'ont pas hésité à dire que c'était un des meilleurs films de ces vingt dernières années, si ce n'est le meilleur : "The Dark Knight".

  

Voici l'article en question. J'aime à penser qu'à une époque, il m'a rapporté 20 €. Souvenir, souvenir...

 


L'année 2008 a été riche. Entre un très attendu Indiana Jones 4 assez moyen, un médiocre Astérix 3 en mode
darkknight6.jpg"fric, oseille et pognon" et un poétique Wall-E, ça a bougé dans les salles obscures. On attend pourtant encore le prochain James Bond qui sort en novembre et on espère la sortie de Harry Potter 6 (qui serait repoussé à juillet 2009 selon les rumeurs). Mais au milieu de tout ça, il y a la suite d'un des cartons de l'été 2005, soit trois ans d'attente pour voir ce qu'il advient de l'homme chauve-souris. La patience n'existe d'ailleurs quasiment plus quand cet épisode met en scène le Joker et introduit par la même le personnage de Harvey Dent. Batman Begins revisitait le mythe batmanien de manière futée et inattendue, optant pour un parti pris définitivement réaliste n'hésitant pas à creuser au plus profond la psychologie du héros. Le film de Christopher Nolan avait tout pour plaire si ce n'est des scènes d'action assez confuses nuisant assez sur la qualité de l'ensemble.

  Avec The Dark Knight, le réalisateur ne tombe pas dans le piège de la suite ratée, malgré une campagne marketing assez impressionnante construite à base d'informations délivrées au compte-goutte (le visage du Joker est resté longtemps secret) quand elles ne sont tout simplement pas dévoilées avant d'avoir vu le film (le visage de Double-Face). Une promotion qui a fait donc son plein et ce pendant une très longue année pour les Bat-fans, année ayant d'ailleurs vu deux tragédies se produire : la mort d'un cascadeur et de l'acteur jouant le Joker, Heath Ledger. Le film leur est d'ailleurs dédié et nul doute que le décès soudain du jeune Australien est, quoiqu'on en dise, un argument de taille pour aller voir cet épisode, même pour les plus récalcitrants au monde de Batman.

  Il faut dire que la prestation de Heath Ledger en Joker est impressionnante. Il sublime ses apparitions, son personnage sonne extrêmement juste et réaliste et autant dire que le compliment est de taille. Mais il est cependant difficile de comparer cette interprétation avec celle de Jack Nicholson en 1989 (ambiance différente, contexte différent, réalisateur très très différent). Sans conteste, personne ne sera surpris si le regretté Ledger remporte un Oscar en 2009 à titre posthume. Mais cela ne serait pas rendre justice à The Dark Knight si l'on ne retenait le film que pour le d
éfunt car en définitive, et ce depuis Batman Begins, le casting reste toujours aussi brillant. On retrouve les acteurs marquants du premier film (Bale, Caine, Freeman, Oldman), on en remplace certains (Katie Holmes par Maggie Gyllenhaal) et on salue les petits nouveaux qui vont assurer la relève (Heath Ledger en tête, talonné de très près par Aaron Eckhart).

  On nous annonçait un film adulte plus sombre que le précédent. On n'a pas menti sur la marchandise car The Dark Knight est violent. Pas une de ces violences sanguinolentes ou tape-à-l’œil mais une violence atmosphérique, une violence qui n'est pas épurée (même si le sang est peu présent à l'écran) mais que l'on sait perpétuellement présente, d'autant plus lors de scènes au final assez soft mais avec du recul assez offensives (la drôle mais malsaine scène du stylo). Encore plus fort également, c'est l'affranchissement d'un support sur l'autre. Si les références au comic original ne sont pas gommées, les limites sont belles et bien franchies avec les libertés prises qu'on n'aurait à peine espérées et le tout sonne plus comme un thriller, un policier, un polar ou un film noir que comme un fil
m de super héros. A cela s'ajoutent des références telles au Heat de Michael Mann, ce qui ne fait que renforcer cette impression. De même que la thématique du bien et du mal, propre à chaque héros, prend ici une dimension bien plus tragique et un tournant bien plus brusque quand cela s'en retrouve couplé avec les incarnations d'une justice légale (Harvey Dent), d'une justice illégale (Batman) et de l'illégalité pure (le Joker).

A ce titre, l'incursion de Harvey Dent ne pouvait pas mieux tomber, le personnage devenant quasi-obligatoire dans l'univers construit par Nolan. Gotham City est une ville rongée par le crime, les évadés de l'asile d'Arkham courent toujours les rues et s'ajoutent aux autres malfrats, déjà très nombreux sur l'affaire. Ce qui fait qu'au final, du point de vue de l'intrigue, le lien avec le premier film se fait direct et fluide mais le deuxième épisode garde en plus l'immense qualité de s'afficher indépendant. Aussi, si la vision de Batman Begins est préférable avant celle du Dark Knight, elle n'en est pas pour autant indispensable, sauf pour bien cerner la personnalité de Bruce Wayne.


  Car Batman Begins avait pour élément principal la psychologie du héros. Passé cet étape, on passe à un autre stade avec la succession des gros méchants, le Joker en tête. Mais Christopher Nolan évite l'écueil burtonien, c'est-à-dire développer le méchant plus que le héros, ce qui fait que si on peut faire le reproche de ne pas voir souvent Batman à l’œuvre, les apparitions du Joker n'en son
t pas pour autant plus nombreuses. Pourtant, au-delà des 2h30 du film, le remplissage se fait avec des sous-intrigues et des questions existentielles (Rachel va-t-elle choisir Bruce ou Harvey ?), des successions de désespoir et d'espoir... Bref, pas le temps de s'ennuyer. Et si tel est le cas, il reste toujours le moyen de s'attarder sur la réalisation impeccable de Christopher Nolan, d'une sobriété et d'une qualité effarante, les défauts notés sur Batman Begins ayant totalement disparu, rendant les scènes d'action brutales et réalistes en même temps que des coups de feu qui résonnent dans le cerveau bien dix secondes après qu'ils aient été tirés.

 
Autant dire que le fond est aussi travaillé que la forme, et c'est peut-être le personnage de Double-Face qui concrétise le mieux cette impression. Si Heath Ledger bénéficie de son brutal décès pour faire encore sa publicité, il serait criminel d'oublier de citer la très bonne performance de Aaron Eckhart qui joue un Harvey Dent/Double-Face sublime et bien amené. Car si le Joker fait le clown et s'amuse à raconter n'importe quoi sur ses origines, sa psychologie s'avère finalement assez pataude à côté de celle de Dent, procureur culotté mais apprécié, incarnant, comme déjà dit plus haut, une sorte de justice légale, Bruce Wayne lui-même admirant cet homme qui combat le crime sans pour autant être au-dessus des lois. Mais c'est également pour cette raison que Dent est "choisi" comme souffre-douleur, étant brutalement amené à devenir un criminel après avoir absolument tout perdu, un être ivre de vengeance obsédé par le hasard. On appréciera d'ailleurs chacune des courtes apparitions de ce personnage dont la face défigurée ne laisse pas indifférent car outre Bruce Wayne, c'est bien Harvey Dent/Double-Face le personnage le plus tourmenté dans la mythologie, même si le côté schizophrène original est gommé pour ne garder que cette personne obsédée par les aléas du destin symbolisés par sa pièce de monnaie.

Et pour finir, le film se conclue sur une note affreusement pessimiste, tant et si bien que l'on se demande s'il va réellement y avoir une suite. Suite d'ailleurs indispensable tant les blancs laissés sont béants et les questions quand apparaît le générique de fin nombreuses. En définitive, 2h30, ça passe bien vite... The Dark Knight est donc la preuve incontestée que l'on peut faire un film à gros spectacle pour adultes sans tomber dans un marchandising assez indigeste (Batman Begins en avait un peu souffert mais l'exemple flagrant est la trilogie Spider-Man clairement axée sur un public large). Ce n'est peut-être pas pour rien que le titre du film ne comporte même pas le terme "Batman"...

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