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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 00:00

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/78/09/18629608.jpgLe Superman de 1978, c'est le film qui a fait "croire qu'un homme peut voler". Enfin... C'était vrai à une époque. Celle de 1978. Un an après la sortie du premier Star Wars. Effets spéciaux balbutiants et aujourd'hui bien désuets. Mais c'est ça, la magie du cinéma. Nous y avoir fait croire. Nous avoir fait réfléchir sur l'artifice utilisé (les ficelles, l'écran bleu, les plans composites).

Malheureusement, plus les années passent, et plus l'effet est décelable. Pour prendre un exemple relativement récent, le premier Jurassic Park (1992), véritable prouesse technique (en plus d'être une bonne claque spectaculaire), commence (je dis bien "commence") à prendre des rides pour ce qui concerne les effets numériques utilisés pour les plans larges sur les dinosaures. Par contre, toujours au sein même de ce film, les animatronics utilisés pour lesdites bébêtes n'ont pas vieilli (et c'est pas demain la veille). Les effet spéciaux voyants, c'est le premier signe qui va dire qu'un film est "vieux". Et si ces effets ne convainquent pas alors même que le film vient juste de sortir, c'est mal barré pour les années futures. Autre exemple : la trilogie Spider-Man de Sam Raimi qui est, certes, spectaculaire et riche en action, mais dégoulinante de numérique. Idem pour le remake de King Kong signé Peter Jackson. Et on parle même à l'heure actuelle du remake de Spider-Man (déjà...). Ou plutôt vaudrait-il mieux dire reboot, terme qui a le vent en poupe pour ce qui concerne les adaptations. Reboot de Batman (plus que réussi avec Batman Begins et The Dark Knight), de Hulk, etc. Mais on annonce aussi celui de Tomb Raider (même le jeu vidéo dis donc!) et même celui du plus grand héros de tous les temps : SUPERMAN ! 

Mais avant de faire l'objet d'un reboot, Superman a fait l'objet en 2006 d'un "lifting". L'idée de cet épisode, intitulé  sobrement Superman Returns, était de reprendre la suite de l'histoire déjà amorcée par les deux premiers films Superman sortis en 1978 et 1980, en  faisant abstration qu'il y avait eu un Superman 3 et un Superman 4 (dont le capital ridicule est proportionnel au numéro de l'épisode).


Superman Returns, c'est donc une sorte de reboot de Superman 3, scénaristiquement parlant. Si le terme reboot est d'ailleurs utilisé en informatique pour désigner un redémarrage, Superman Returns fait alors plus office d'un reloaded ou d'une sorte de sauvegarde antérieure. Il y a fort à parier que nombreux ont été ceux qui auraient voulu faire la même chose pour la première saga Batman en effaçant Batman Forever et Batman & Robin et en reprenant à la fin du sublime Batman Returns (film préféré de l'auteur de ces lignes au passage).

 

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Le problème de Superman Returns, cependant, c'est qu'avant d'être ce qu'il est dorénavant aujourd'hui, il a rencontré pas mal de souci dans sa conception. A une époque, il a même été question d'une version réalisée par Tim Burton (à qui l'on doit les deux premiers opus de la saga Batman précitée) avec Nicolas Cage (!!) dans le rôle titre. Des photos ont même récemment circulé et fait connaître le potientiel look qu'aurait pu avoir le costume, qui ressemblait alors plus à une armure qu'à des collants rouges, bleus et jaunes...

 

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On passera volontairement le reste des difficultés de production pour ne retenir que la petite anecdote rigolote. Le projet fut en effet confié un temps au réalisateur Brett Ratner (modeste voire très modeste artisan hollywoodien) avant d'échoir à Bryan Singer, réalisateur des deux premiers films X-Men. A savoir que X-Men 3 échouera par la suite à Brett Ratner, parce que, justement, Bryan Singer était occupé avec l'homme qui porte le slip par-dessus son pantalon (ah ben oui, fallait faire au moins une foid cette blague). Et nombreux furent les fans de X-Men qui regrettèrent l'interversion des réalisateurs... Mais ça, c'est une autre histoire.


Revenons-en au Superman Returns de 2006, au budget de 260 000 $, ce qui en fait un des films les plus chers de l'histoire du cinéma. Mais le succès a-t-il été au rendez-vous? De même, un tel spectacle vaut-il le coup? Bryan Singer a-t-il réussi à dépoussiérer le mythe?

 

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Et bien, pour ce qui concerne la dernière question, bien évidemment : NON. Bryan Singer, réalisateur aussi doué soit-il, n'a pas réussi à remettre au goût du jour un héros qu'on a pas peur de qualifier de désuet voire carrément ridicule. Car Superman, c'est le héros absolu, la super puissance, le bien total. Pas vraiment de relief. Avec un tel matériel de départ, on n'en ressort qu'avec des histoires naïves et manichéennes, et le film de 1978 en est le parfait exemple. Mais un exemple qui est quand même à replacer dans son contexte historique. Superman, c'est avant tout le symbole de l'Amérique (les superhéros en général sont d'ailleurs un symbole du pays de l'Oncle Sam). Et en pleine Guerre Froide, ça compte. Aujourd'hui, c'est différent (le héros actuel et 100 % politique serait plutôt aujourd'hui Jack Bauer de 24 Heures Chrono qui affronte tous les jours des terroristes).

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/78/09/18880048.jpgMais Superman, c'est ausi la base du superhéros. Le grand classique. Et en cela, Bryan Singer réussit son coup. Car avec la manière qu'il a de filmer, aidé par un budget conséquent au montant ci-dessus précisé, il parvient à rendre le héros attachant d'une certaine manière, manière à laquelle tout le monde n'aura pas été sensible. Il n'est pas aussi attachant que le maladroit et benêt Peter Parker dans les Spider-Man de Sam Raimi, mais quelque chose se dégage malgré tout de ce surhomme. Et le scénario est là pour nous aider puisque, après cinq ans d'absence, Superman revient sur Terre après un long périple dans l'espace et se rend compte que le monde s'est plutôt bien débrouillé sans lui, le pire étant que sa bien-aimée Lois se soit casée et ait même eu un enfant! De quoi dérouter le pauvre Clark (puisque c'est ainsi qu'on l'appelle chez les Humains) qui n'en perd pas pour autant le Nord en matière vestimentaire puisque l'envie lui reprend soudain de réenfiler le slip rouge par-dessus le pantalon et de sauver le monde, malgré tout. Car c'est un homme bon. Un sauveur inespéré dont on prie chaque jour pour l'arrivée. D'autant plus que Lex Luthor court toujours.

 

A la lecture de ces dernières lignes, on se rend rapidement compte que cette version de Superman ne sera pas différente des autres. Ce qui sera à la fois sa grande force et sa grande faiblesse. Et au vu de l'accueil mitigé du public, cela a plutôt été une faiblesse. Faiblesse inhérente au personnage. Faiblesse témoignant que la vision du superhéros n'est plus la même qu'avant (Superman n'est pas du tout du tout du tout humain, tant moralement que scientifiquement parlant). Faiblesse enfin due au fait que le spectacle dure 2h30 et se déroule plutôt lentement.

Le générique annonce tout de suite ce que le spectateur va voir puisqu'il s'agit EXACTEMENT du même (ou presque) que celui du premier film de 1978, avec le même thème musical recyclé, et quelques effets numériques en plus. Le reste est donc de la même veine. Il faut tout de même avouer que la première partie est sympathique, pleine de références au premier film et sent bon la nostalgie et l'ambiance "supermanienne" pour quiconque connaît un minimum l'univers. On retrouve de cette même manière le même type d'humour naïf, représenté par Lex Luthor, le personnage plus marrant que méchant, interprété au passage par le brillant Kevin Spacey (American Beauty...!).

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Là est d'ailleurs l'occasion d'évoquer le casting, qui a d'ailleurs posé pas mal de souci. En effet, quel acteur pouvait enfiler le costume rouge, bleu et jaune après le passage de Christopher Reeve, qui avait définitivement la gueule carrée et la mèche de cheveux faites pour l'emploi? Quand on pense que Nicolas Cage fut un moment envisagé, on rigole (vous le voyez dans le personnage, vous?). Le choix se porta sur un nom inconnu du grand public (ce qui ne fut pas plus mal) : un certain Brandon Routh, qui ne s'en tire pas trop trop mal au vu du défi à relever. Le reste de la distribution est correct, même si Kate Bosworth et ses yeux vairons n'ont pas vraiment convaincu en Lois Lane.


L'ambiance elle-même a été travaillée pour restituer un peu le côté rétrofuturiste : les costumes dignes des années 50, les architectures modernes et pointues... Même la musique de John Williams est reprise. Et compte tenu du fait que l'auteur de ces lignes est un béophile assez rôdé sur ledit compositeur, il ne résiste pas à l'envie de consacrer rapidement quelques propos sur la bande originale du film, composée pour l'occasion par John Ottman (compositeur habituel de Bryan Singer) qui, en plus de reprendre le motif musical culte (oui, culte!), l'accompagne d'autres pistes qui savent se faire à la fois puissantes (les scènes d'action) et intimistes (les scènes romantiques). Aussi, même si cela sera toujours en-deça du travail de John Williams, John Ottman (oui, deux John, les choses sont bien faites) livre un travail plus que satisfaisant pour ce type de grosse production.

 

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Et nul doute qu'une bonne partie du budget est effectivement parti dans l'aspect visuel. Outre l'ambiance, il faut évoquer les effets spéciaux et leur utilisation. Tout simplement grandiose. Le point fort du film. Une maîtrise technique indéniable, même si certains sont moins réussis que d'autres. Idem pour la réalisation de Bryan Singer à laquelle on ne peut faire aucun reproche à l'exception d'une absence totale d'émotion ou de sensation jouissive de puissance dans les scènes de vol du héros. Egalement le côté un peu mollasson des scènes d'action, vraiment peu nombreuses (celle de l'avion reste la plus spectaculaire), qui démontrent que Bryan Singer n'est pas vraiment à l'aise pour les scènes de baston (ce qui se voyait déjà dans X-Men 2). Par contre, il réussit sérieusement à émouvoir dans quelques scènes très fortes et symboliques, tel Superman qui flotte tel un dieu dans l'espace en écoutant les bruits de la Terre, ou encore celle où il se fait littéralement démonter la figure (vraiment perturbant quand on a l'habitude de le voir invincible). Certains pourront même être bluffés par une réplique numérique de Marlon Brando (qui jouait le père de Superman dans le film de 1978) et qui a, en version française, la même voix que Docteur House (!).

 

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Malheureusement, tout cela est noyé par la deuxième partie du film, vraiment longue et, il faut le dire, peu intéressante. Bryan Singer prend tellement son temps à exposer la situation de danger que le spectateur ne la ressent pas ainsi et s'impatiente vraiment dans le dernier quart d'heure, tout simplement insupportable.

 

Difficile de qualifier Superman Returns de bon film avec tous les éléments sus-énoncés. Techniquement abouti, il est surtout un hommage aux précédents épisodes des années 70-80. Un film de héros au sens noble et classique du terme, mais en aucun cas un concurrent sérieux à ce qui s'est fait à la même période (Batman Begins sorti un an avant, et Spider-Man 3 un an après). L'oeuvre de Bryan Singer est donc à voir avec les yeux d'un petit garçon qui a découvert le Superman de 1978. Ce qu'était Bryan Singer à l'époque.

 

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On se retrouvera plus tard sur le même sujet pour le Superman version 2012, réalisé par Zack Snyder, celui qui a fait 300. Et inutile de dire qu'on est tous curieux de savoir comment il va relancer ce mythe paradoxalement intemporel mais vieillot.

 

 

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commentaires

Laurent 04/04/2011 16:01


Il faudrait que je revoie ce film (enfin, je ne suis pas obligé, non plus, et je n'en ai pas trop envie). Mais, de mémoire, il m'avait laissé l'impression d'un remake inutile...content de voir que
je ne suis le seul à avoir cet avis.