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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 23:00

 

Je n'ai pas pu résister au jeu de mots de mon titre donc, qu'on se rassure : cette trilogie n'est pas particulièrement historique. C'était juste le délire de l'artiste (dit-il avec un sourire aux lèvres).

 

Synopsis :

Jurassic Park
Après avoir trouvé un moustique fossilisé depuis la préhistoire dans de l'ambre, le milliardaire John Hammond entreprend de ressusciter les dinosaures afin d'ouvrir "Jurassic Park", un zoo préhistorique situé sur une île au large du Costa Rica. Il convie trois scientifiques, son avocat et ses deux petits-enfants à visiter les lieux en premier...

 

Le Monde Perdu
Depuis qu'il a réchappé à l'incident "Jurassic Park" il y a cinq ans, le scientifique Ian Malcolm apprend par John Hammond l'existence d'une autre île où les dinosaures vivent en liberté complète. D'abord réticent à aller étudier ces reptiles, il ne peut que céder quand il apprend que sa petite amie est déjà sur place. En arrivant sur les lieux, il tombe nez à nez avec une bande de
braconniers, engagés par le neveu de John Hammond, qui désire rouvrir le zoo préhistorique à San Diego...


Jurassic Park III
Alan Grant est sollicité par le couple Kirby, qui lui offre une coquette somme s'il leur fait visiter par la voie des airs l'île où quelques années auparavant s'est produite la catastrophe "Jurassic Park". Alan panique d'autant plus que le couple ordonne au pilote d'atterrir sur l'île afin de retrouver leur fils disparu...


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Lorsque les dinosaures sont évoqués, la première image qui nous vient à l'esprit est celle du petit garçon vêtu d'un pyjama avec une de ses créatures sur le torse. Ou bien c'est celle de ce même petit garçon jouant avec des figurines représentant ces fameux reptiles géants qui illustrent à eux tous seuls la période de la préhistoire. Dans la plupart des cas, les dinosaures font partie, dans l'imaginaire collectif, d'une lubie de petit garçon qui extériorise là ses pulsions destructrices que chacun aura eu à une période de sa vie.


Mais le destin des dinosaures a pris un autre tournant au début des années 1990 avec la sortie d'un film culte, le célèbre Jurassic Park, de Steven Spielberg. Ce réalisateur américain n'a aujourd'hui plus rien à prouver et son seul nom reflète par métonymie ce qui se fait de mieux à Hollywood. Le cinéaste débuta sa carrière et sa relation avec un succès juqu'alors ininterrompu avec le chef d'oeuvre Les Dents de la Mer (titre original : Jaws) qui, de la même manière que Jurassic Park, eut son impact sur l'imaginaire collectif en instituant la peur des requins.


Jurassic Park est à la base un livre de Michael Crichton, un écrivain à qui l'on doit de nombreux romans adaptés au cinéma (Sphère, de Barry Levinson) et créateur de la série Urgences. Séduit par le concept des dinosaures ramenés à la vie grâce à une manipulation génétique qui tient bien la route, Steven Spielberg s'empare du projet. Spielberg constituera le premier contact avec le cinéma qu'aura Crichton, le réalisateur ayant fait visiter à l'écrivain quelques studios.


Mais le cinéma de l'époque est moins ambitieux qu'aujourd'hui, ce qui est notamment dû à une avancée technologique plus faible. Les effets numériques ne sont alors pas aussi popularisés et il fut en tout premier lieu prévu de donner vie aux dinosaures grâce à des animatronics manipulés image par image, technique que l'on pourrait qualifier aujourd'hui d'ancestrale. Spielberg, concevant que le résultat est impressionnant, n'en reste pas moins dubitatif. En effet, l'animation a beau être fluide, l'oeil humain décèlera la supercherie et le tout perdra en crédibilité.


Interviennent alors les artisans de Industrial Light & Magic, ILM pour les intimes, la prestigieuse usines à effets spéciaux de Georges Lucas, le créateur de Star Wars. Ces derniers montrent à Spielberg ce qu'ils peuvent obtenir avec leurs ordinateurs en créant des dinosaures entièrement numériques. Le concept est, en plus d'être spectaculaire, particulièrement innovant et convaincant. Mais les maquettes des reptiles préhistoriques étant déjà prêtes à être utilisées, Jurassic Park se réalisera donc avec ces deux genres d'artifices : les effets spéciaux à proprement parler faisant appel aux animatronics (peut-être que le terme "dinotronics" seraient plus de circonstances) et les effets visuels issus de l'informatique.


A sa sortie en 1992, le film est un succès. Le scénario est cohérent, les effets spéciaux sont hallucinants, le public et la critique sont séduits, le spectacle est familial, suffisamment intéressant dans le fond pour intéresser les parents et divertissant dans la forme pour amuser les enfants.


Par ailleurs, on retrouve dans les trois Jurassic Park une pseudo-cellule familiale avec des adultes et des enfants. On notera d'ailleurs une relative dégradation de cette même cellule avec la petite famille idéale dans le premier film, les effets du divorce dans le deuxième et enfin une famille recomposée dans le troisième.


De même, on notera un autre point commun aux trois opus : la présence de théories différentes dans chaque film, soit trois théories en tout, qui sont le fruit réel des véritables recherches de paléontologues dont Jack Horner, qui inspira le personnage de Alan Grant.

Aussi retrouve-t-on l'hypothèse selon laquelle les dinosaures descendent des oiseaux, celle de l'instinct maternel des carnivores et enfin la faculté de communiquer des vélociraptors.

 

 


I) Jurassic Park


Le premier Jurassic Park se découpe en deux segments. Le début cultive une certaine forme de mystère et fait appel à la réflexion sur les droits d'une espèce disparue. Le débat est intéressant, les différents points de vue sont présentés par les protagonistes du film et l'explication sur la raison d'être des dinosaures recréés aujourd'hui est originale et réaliste, même si, aujourd'hui, tout justifier par la génétique est devenu une facilité déconcertante (Alien Resurrection, de Jean-Pierre Jeunet). On ne peut alors nier le travail du scénariste David Koepp, assisté de Michael Crichton, auteur du livre éponyme.



La deuxième partie du film est assez différente et met en place un autre climat digne des films d'horreur. A la sécurité bienveillante du jour et à l'absence étrange des dinosaures succèdent la nuit, la pluie et une profusion de bébêtes malveillantes lâchées dans la nature.

 

Après une heure de film, le vrai spectacle commence et ce n'est plus deux brachiosaures que l'on observe avec admiration mais bien le tyrannosaure qui va s'attaquer aux deux enfants réfugiés dans un 4x4. La scène est l'une des plus marquantes du film en plus de celle des vélociraptors dans la cuisine.

 

Les enfants ont alors toute la malchance du monde : ils sont constamment malmenés mais spectacle tout public oblige, ils survivront malgré tout. Une véritable course-poursuite se livre entre les humains et les dinosaures. L'atmosphère n'est pas sans rappeler un film d'horreur, et le film s'achèvera en apothéose sur un T-rex plus enclin à bouffer du raptor qu'une pauvre famille, spectacle majestueux illustrée par une bâche tombante sur laquelle est écrite "Du temps où les dinosaures régnaient sur la Terre".


 

 


II) Le Monde Perdu (Jurassic Park 2)


On connaît tous la politique des suites. A partir du moment où un film devient suffisamment rentable, il est très tentant pour les producteurs de mettre en chantier un épisode 2. Steven Spielberg et Michael Crichton ne voulaient pas d'un tel projet pour Jurassic Park. Mais il semblerait que les deux comparses aient changé d'avis.


En 1997 sort Jurassic Park 2, rebaptisé Le Monde perdu, en référence directe au roman éponyme de Sir Conan Doyle relatant les aventures vécues sur une île peuplée d'animaux préhistoriques.


A l'inverse du premier épisode, Le Monde Perdu ne fit pas vraiment l'unanimité au sein de la critique. La presse a effectivement reproché au film de dénaturer complètement le concept du premier opus et d'en faire une banale série B avec tout ce que cela entraîne (personnages stéréotypés) sans aller plus loin que la simple débauche d'effets spéciaux.

Mais Steven Spielberg n'est pas un réalisateur de bas étage, et même si son Monde Perdu fait office de film d'aventures assez basique, il n'en reste pas moins un spectacle qui a ce petit quelque chose en plus, ce petit truc qu'on ne saurait trouver mais qui fait toute la différence.


Le Monde Perdu s'éloigne du premier Jurassic Park en privilégiant uniquement l'action, la dimension philosophique n'ayant plus vraiment de raison d'être si ce n'est à la fin où John Hammond expliquera qu'il faut laisser ces créatures en paix sur leur île. Mais quelle action, mes amis! On notera d'ailleurs dans la forme de fortes ressemblances avec les scènes d'action du premier film, le tout étant cependant mieux maîtrisé.

Ainsi l'attaque des autocars par les T-rex évoque celle du 4x4 des enfants du premier film, de même la scène des vélociraptors à la fin. On retrouve également un pauvre type qui se fait salement bouffer par un T-rex (dans le 1 dans les toilettes, dans le 2 dans une voiture).


Le scénario de ce Jurassic Park 2 est peut-être ce qui a été le plus critiqué. D'une part pour l'absence de la dimension philosophique, d'autre part parce que l'histoire n'apporte rien de bien neuf à l'ensemble. Pour faire bref, les actionnaires de Jurassic Park ayant perdu jusqu'à leur chemise suite à la catastrophe du parc du premier film décident de renflouer leurs pertes en ramenant les dinosaures sur le continent. Je vous l'accorde : ce n'est pas franchement recherché. N'oublions pas non plus de citer, dans ce qui a le plus été critiqué, la péripétie finale du T-rex dans la ville, qui, avouons-le, n'apporte vraiment rien (même si est plutôt fun).



Mais alors ce Jurassic Park 2 est-il si moyen que ça? Certes que non. Le Monde Perdu est un divertissement un peu plus léger que le premier épisode et constitue un excellent film d'aventures dans lequel Spielberg a sûrement ressenti la nostalgie de Indiana Jones et les aventuriers de l'Arche Perdue. Sévèrement jugé, Le Monde Perdu est un guilty pleasure, un plaisir coupable, qui ne revendique rien d'autre que d'être un divertissement rythmé et spectaculaire, différent de Jurassic Park premier du nom mais qui s'inscrit plutôt bien dans la continuité.


 


III) Jurassic Park 3


Après un Jurassic Park 2 plutôt mitigé, Jurassic Park 3 semblait mal parti. Et pour cause, ce n'est pas l'absence de Spielberg au poste de réalisateur qui arrangera quelque chose, ce dernier préférant se réfugier derrière celui de producteur.

Confié au discret réalisateur Joe Johnston, qui avait déjà collaboré plusieurs fois avec Steven Spielberg et à qui l'on doit de bons divertissements (Jumanji, Chérie, j'ai rétréci les gosses), le troisième épisode du parc jurassique s'enlise cette fois et pour de bon dans la vraie série B. Et à partir de ce moment, tous ceux qui avaient craché sur Le Monde Perdu changent leurs critères de série B. J'avais précédemment évoqué le petit truc en plus qui faisait de Jurassic Park 2 une série B supérieure. Force est de constater que ce petit truc est ici tout bonnement absent.


Mais je suis indulgent : Jurassic Park 3 n'est pas un désastre total. Seulement, le ton abordé est moins lourd et l'introduction le prouve bien. Le scénario lui-même tient sur trois pages à tout casser et jamais des personnages n'auront paru aussi transparents. Les péripéties, bien que nombreuses, s'enchaînent sans fil conducteur, et la crédibilité de l'ensemble est fortement atteinte.



Côté spectacle, Jurassic Park 3 assure. Les effets spéciaux constituent toujours une réussite mais...hélas! ne sont pas aussi bien mis en valeur que Spielberg le faisait. Comme quoi un réalisateur peut faire la seule différence.


Assiste-t-on aussi à l'arrivée de nouveaux dinosaures dont le fameux ptéranodon aperçu dans le dernier plan du Monde Perdu ainsi qu'un concurrent direct du T-rex. Concernant ce même concurrent, remplacer justement le T-rex par un autre dinosaure (dont je n'ai plus le nom en tête) plus gros, plus moche et plus méchant, c'est un peu faire une suite des Dents de la Mer où le grand monstre serait le dauphin.

 

Sans oublier des vélociraptors qui changent de look (c'est quoi, cette crête sur le crâne?) et paraissent bien ridicules quand ils communiquent (en témoigne la scène où ils prennent le petit groupe "en otage"). Ne comptons pas non plus un capital horreur quasiment absent! Le film se déroule à 90% durant la rassurante journée, les dinosaures ne font pas sursauter quand ils apparaissent (pire, on nous informe en plus qu'ils arrivent) et la seule scène véritablement réussie est celle qui se passe dans la volière (obscurité réduite à cause du brouillard).



Tout pour déplaire! Le seul avantage de ce troisième épisode est qu'il permet de se refaire un jugement sur le deuxième et de mieux l'apprécier. Jurassic Park 3 rate une bonne partie de ses objectifs et apparaît bien dispensable en tant que suite.


Ensuite, d'un point de vue entièrement dénué de comparaison avec les deux précédents films de Steven Spielberg, il constitue un divertissement assez correct mais pas franchement indispensable.


 

IV) Et après?


Où en est-on de Jurassic Park 4? Des rumeurs fusent et quand on voit qu'au final, de nombreuses trilogies s'apprêtent à se transformer (ou se sont déjà transformées) en quadrilogie (Die Hard, Indiana Jones), on n'est pas à l'abri d'une nouvelle suite sur les dinosaures.

Une chose est sûre : rien n'est attendu de ce quatrième épisode. Encore moins si Spielberg n'est pas au volant.

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commentaires

Margot 03/06/2010 18:54


Ecoute je pense que tu as dit l'essentiel sur ces trois film, mais tu as oublié de noter la scène ds le II où les gens essaient de retrouver un "pote" par téléphone et que c le ventre du dino qui
sonne. Certes très prévisible mais franchement je me suis bien marrée. Pr ce qui est du reste je suis franchement du même avis que toi. Et je ne souhaite vraiment pas qu'il y ait un 4ème opus !!