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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 12:00

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/77/52/11/19642863.jpgJe suis né à la fin des années 80. Je fais donc partie d'une génération qui a été culturellement nourrie avec la série animée Tintin de 1992 et Batman TAS mais Lois & Clark, Buffy contre les vampires, Charmed, Sliders et j'en passe, en passant par les Minikeums de France 3, le Club Dorothée de TF1 et, bien sûr (!) la fameuse Trilogie du Samedi de M6 qui diffusait principalement des séries fantastiques dont, justement, Smallville.

 

Le show raconte la jeunesse de Superman. Plus précisément la vie de Clark Kent avant qu'il ne devienne Superman. On devine rapidement l'idée des producteurs : concilier le monde geek des superhéros avec celui, plus codifié, des séries fantastico-romantiques pour ados (ex. Dawson, Newport Beach) mettant en scène des top-models sauvant le monde à tout va.

 

Malheureusement, le mélange n'a pas su conserver l'équilibre et le spectacle s'adresse principalement au public teenage, au même titre que Charmed ou Buffy (même si Buffy, contrairement aux deux autres, conserve le charme cumulé des années 90 et de la série B).

 

On retrouve donc des personnages emblématiques (Clark Kent bien sûr mais aussi ses parents adoptifs, Lana Lang et Lex Luthor) mais aussi de la pure création (Chloé Sullivan, Lionel Luthor), le tout racontant le début de la relation entre Clark et Lex (qui seront plus tard les meilleurs ennemis du monde) et les retombées de la pluie de météorites avec laquelle est arrivé le jeune héros.

 

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En cela, Smallville va ressembler de très près aux séries fantastiques du style Buffy puisque, dans un premier temps, chaque épisode va se dérouler de la même façon : un personnage tiers qui mute sous l'effet de la kriptonite (ce qui sera appelé plus tard dans la série les "Kripto-Monstres").

 

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Au fur à mesure qu'on avance, les intrigues principales se creusent, de nouveaux personnages apparaissent et, bientôt, un fil rouge anime chaque saison avec, bien sûr, en toile de fond, la naissance du héros que tout le monde connaît.

 

Hélas! Smallville se heurte aux pièges classiques des séries pour ados : morale puritaine exacerbée, amour et famille au centre de tout, love stories interminables aux ressorts vus et revus...

 

Partant de là, la série fut paradoxalement un succès (une impressionnante longévité de dix années, une première pour le genre) même si, dès le début, le scénario ne convainc jamais totalement.

 

Les plus geeks pointeront impitoyablement du doigt les libertés prises d'avec le matériau d'origine et beaucoup regretteronshttp://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/73/11/36/19190738.jpg que ce qu'on est venu voir ne pointe le bout de son nez qu'au tout dernier épisode.

 

Bien sûr, les producteurs et acteurs principaux avaient averti que le show parlerait moins de Superman que de l'évolution d'un jeune homme hors du commun qui découvre ses pouvoirs, apprend à les maîtriser (à l'exception du vol...) et les utilisent pour faire le Bien avec un grand B.

 

En cela, on n'est en général pas déçu par la personnalité de Clark Kent. Il faut dire que le personnage est ce qui se fait de plus "parfait" en terme de héros : beau, musclé, fort, intelligent, ne ment jamais (ou presque)... Nécessairement une tête à claques en raison de ces trop grosses qualités qui ne font toutefois pas perdre de vue qu'on parle là du mythe Superman. Le reste du casting est de la même trempée.

 

Les plus érudits reconnaîtront ça et là les clins d'oeil et autres hommages disséminés dans les dix saisons. Que cela soit des guest-stars incontournables (Christopher Reeve, Margot Kidder, Dean Cain, Teri Hatcher, Terence Stamp) ou plaisants (Rutger Hauer, Pam Grier), des lieux et personnages connus de l'univers DC (Aquaman) et même des apparitions furtives du thème culte de John Williams, le spectacle est suffisamment emballé pour susciter un minimum d'intérêt.

 

L'esthétique clip de l'ensemble laisse place à un certain savoir-faire via des effets spéciaux de bonne facture et une photographie lumineuse mettant en avant le rouge et le bleu.

 

Malheureusement, le tout sonne trop teenage pour emporter la totale adhésion avec, en prim, une sur-utilisation des chansons à la mode (un signe distinctif qui ne trompe que trop rarement, ce qui rend la chanson du générique, sympathique au début, absolument indigeste) et d'interprètes qui sortent plus d'une école de mannequinat que de théâtre.

 

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Le scénario lui-même part dans tous les sens et multiplie honteusement de fausses pistes auxquelles le spectateur ne croit pas un seul instant (les multiples disparitions et enlèvements des personnages principaux dont on sait pertinemment qu'ils reviendront).

 

La palme reviendra sûrement à ce que j'appelle les movie-episode, où comment des scénaristes paresseux reprennent sans talent le fil rouge d'un film à succès. Saw, The Game, Very Bad Trip, Matrix, Inception et bien d'autres passent à la moulinette et cette initiative témoigne d'une logique plus que douteuse trahissant généralement un sérieux manque d'inspiration.

 

Le départ pour Metropolis à partir de la saison 8 (et l'arrivée de nouveaux producteurs) donnera un sérieux coup de fouet et permettra enfin d'entrevoir le réel potentiel de la série (l'idée du Flou est bien trouvée) qui se rapproche alors plus de Superman que de Buffy.

 

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Le final sera d'ailleurs de cette veine, comprendre par là teenage et maladroit, piochant ses idées à droite et à gauche. Ce qui résume, pour conclure, l'esprit de Smallville. Continuer l'énumération des petites qualités et gros défauts du show n'a dès lors plus d'intérêt à partir du moment où on sait à quoi s'attendre : une énième série fantastique pour ados, bourrée d'effets spéciaux et de bons sentiments.

 

On s'attendait un peu à mieux quand il s'agissait de s'attaquer au mythe Superman mais, avec le recul, force est de constater que l'esprit naïf et désuet de l'univers a bel et bien été conservé dans cette histoire qui, revisitée, apparaît plus clinquante que réellement marquante. Lois & Clark, malgré son aspect kitsch, était plus convaincant.

 

Et pour finir, la toute dernière scène de la série, peut-être la plus réussie car jouant à fond sur la nostalgie et la musique de John Williams. Un cocktail toujours gagnant.

 

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commentaires

Margot 23/09/2011 19:44


Comme tu le sais je suis pas mal fan, mais je suis mine de rien tout à fait d'accord sur le coté "niannian j'aime la vie". En revanche, je trouve qu'a partir de la saison 8 le tout s'améliore. Ca
devient quand meme plus sérieux, plus adulte. un peu plus quoi.


Citizen Cancre 23/09/2011 19:48



Plus Superhéros pour de vrai, quoi.



Reubeuh 23/09/2011 13:29


C'est marrant, c'est une série sur laquelle je n'ai jamais accroché... Trop de teenage surement comme tu dis, et ça ne m'amuse pas. Je préfère les trucs complétement ridicule comme les monstres en
cartons pate de buffy que j'aime bien continuer à regarder encore aujourd'hui !