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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 08:00

 

http://img.clubic.com/photo/00149645.jpgJ'ai déjà évoqué Scrubs, une des séries TV les plus populaires des années 2000, ainsi qu'une victime de la mauvaise diffusion en France sur les chaînes hertziennes. Après Matrix, Spider-Man, et en même temps que je vais continuer mon périple dans l'exploration des GTA-like et de la saga Harry Potter, je vais tenter de livrer un avis pour chaque saison de cette fabuleuse série comique que je ne me lasse pas de revoir et que je découvre pour la première fois en VOST (vive les DVD!).

 

En avant pour la saison 1!

 

La difficulté première rencontrée dans ce billet est celle liée à l'objectivité. Ne pas comparer la première saison avec celles qui suivront n'est pas facile.

 

Mais la chose qu'on peut dire est que cette première saison est celle qui adopte l'équilibre le plus juste entre le dramatique et le comique. Car Scrubs est surtout une série comique pour les petites mésaventures des personnages et les rêves réveillés du perso principal (John Dorian aka JD) auquel on peut facilement s'identifier puisqu'on découvre le monde hospitalier grâce à ses propres yeux, tout en profitant de ses impressions via la voix-off et de son vécu au sein de cet univers ingrat. Les titres des épisodes seront d'ailleurs toujours écrits avec un article possessif (mon, ma, mes...), afin de renforcer cette impression de journal intime.

 

La première saison est l'occasion de poser les bases de l'univers "scrubsien" : la relation fusionnelle entre JD et Turk, le mauvais caractère du docteur Cox et ses intéractions avec son ex-femme, le cache-cache continuel entre JD et Elliot, le début de la relation longue durée de Turk et Carla... Sans oublier la galerie impayable de personnages secondaires, déjà tous là (le Concierge, Ted, Todd, Laverne, Kelso...) et qui seront présents tout le long de la décennie à venir (preuve que les comédiens s'amusent autant que le spectateur lors du tournage, sinon ils iraient vers de plus verts pâturages).

 

Scrubs peut même être qualifiée de série familiale au sens large du terme. Déjà dans les conditions de la conception d'un épisode, où le lieu de tournage (un hôpital désaffecté et spécialement aménagé pour la série) est aussi le lieu de la postproduction (la cantine qu'on aperçoit est la véritable cafét' de l'équipe technique). JD lui-même fera le rapprochement entre son entourage et une famille (l'oncle grincheux, la cousine qui ne laisse pas indifférent) au cours d'un épisode où il devient un patient de l'hôpital.


http://www.sitcomsonline.com/photopost/data/537/14549Scrubs_010wall.jpg

 

Les 24 épisodes de la saison 1 sont d'ailleurs un quasi-sans faute sur tous les plans, hormis peut-être l'épisode consacré à Noël qui a dû être imposé par les producteurs (toutes les saisons de séries TV sont entâchées par un épisode festif qui se doit de véhiculer les valeurs de la bonne morale américaine : Noël, Thanksgiving, fête nationale...). Bien sûr, on ne retrouve pas dans cette première fournée le ton sérieusement décalé qui prendra le dessus lors des saisons suivantes (le côté délirant étant ici à son balbutiement et ne trouve comme réelle frontière que l'esprit de JD).

 

Durant toute la saison 1 et une grosse partie de la saion 2, l'aspect sérieux, réaliste et humain aura une place prépondérante. Cela passera par les difficultés à se plier aux lois de l'hôpital (ce qui a une énorme conséquence sur la vie privée, comme on le verra avec le personnage d'Elliot), ainsi que par les premières confrontations des jeunes médecins avec la Mort, les maladies incurables (l'annonce de la leucémie est particulièrement tragique dans la manière dont c'est amené), le système de santé américain (pas d'assurance? pas de soins!) et surtout les déceptions amoureuses dues principalement au rythme hospitalier.

 

http://nationallampoon.com/files/2009/05/4-janitor.jpgLe comique est cependant très présent lui aussi et intervient plus en terme de bonus qu'à part entière. Outre quelques situations cocasses qui sentent l'authenticité (se cacher dans un placard lors d'une urgence, la boîte aux objets "trouvés"), les délires de JD sont essentiellement l'ingrédient le plus à même de dérouiller les zygomatiques. Qu'il imagine une grand-mère s'échapper de l'hôpital tel l'ennemi public n°1 ou encore un remake de Star Wars opposant ses deux pères spirituels (Cox et Kelso), difficile de ne pas franchement rigoler. De même, la présence non négligeable du personnage totalement syphonné et parano du Concierge permet d'amener le comique autre part que dans l'esprit légèrement tordu du personnage principal. Pour la petite anecdote justement, le Concierge était au départ censé n'être qu'une énième imagination de l'esprit "vagabondeur" de JD. Devant le succès et les réactions très positives du public envers cet homme d'entretien plus occupé à torturer le jeune héros qu'à nettoyer les toilettes, les scénaristes ont décidé de l'intégrer au casting régulier et de le faire intéragir avec tous les autres personnages lors des saisons suivantes (il ne parle en effet qu'à JD durant toute la saison 1).

 

La saison 1 d'une série est surtout un bon moyen pour évaluer son potentiel sur le long terme. Développer un personnage intéressant tout de suite peut paraître comme une mauvaise idée. En témoigne la personnalité de Kelso, considéré dans la saison 1 comme un être uniquement vil et fourbe dépourvu d'humanité, et qui deviendra de plus en plus touchant lors de quelques épisodes très justes (au début de la saison 5 par exemple, ou encore lors de la 7). La saison 1 est aussi souvent prétexte à ne développer qu'un seul personnage, en l'occurrence celui de JD (ou encore le personnage de Malcolm dans la saison 1 de la série éponyme). Pour cette raison, tous les autres personnages apparaissent assez caricaturaux, mais connaîtront tous leur heure de gloire dans le futur, à l'exception de quelques personnalités irrécupérables auquel un développement trop dramatique serait fatal à la mythologie "scrubsienne" (Todd l'obsédé).

 

 

Scrubs commence donc très fort avec cette première saison très riche dont l'orientation dramatico-réaliste (la plus poussée pour cette saison) permet de se familiariser avec un univers où on éclatera de rire de manière proportionnelle avec les fois où on versera une larme loin d'être gratuite.

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