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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 00:00

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/50/73/18406192.jpgAujourd'hui, dire de Steven Spielberg qu'il fait de bons films est un pléonasme pur. Le nom du bonhomme est définitivement associé à de l'entertainment de qualité brillamment mis en scène et qui, le plus souvent, bénéficie d'un scénario un minimum intelligent et original.

 

Même quand il s'agit de l'adaptation d'un classique de la littérature de science-fiction, le cinéaste apporte de lui-même. L'écrivain H.G. Wells se doutait-il que ses oeuvres feraient l'objet de plusieurs films? Y compris d'une réalisation de son propre arrière petit-fils, Simon Wells, concernant La Machine à Explorer le Temps version 2002 ? Sûrement pas.

 

Aujourd'hui, H.G. Wells est une référence incontournable du roman SF. Le film de Spielberg est-il quant à lui une adaptation de référence ?

 

La réponse à cette question ne se trouve que lorsque l'on a eu le plaisir de dévorer l'oeuvre écrite et l'oeuvre audiovisuelle. Ce qui n'est pas le cas de l'auteur de ces lignes qui se contentera ici d'évoquer uniquement la seconde.

 

Annoncé par son réalisateur et son acteur principal (Tom Cruise) comme un très bon film de science-fiction, l'accueil de cette Guerre des Mondes fut toutefois mitigé de la part du public.

 

Le thème des extra-terrestres est cher à Steven Spielberg. En témoignent ses précédentes oeuvres (Rencontre du Troisième Type et E.T.).

 

Or, entre celles-ci et 2005, il y a eu le 11 septembre 2001. Un évènement qui changea non seulement la face du monde mais aussi l'image des Etats-Unis en même temps que la célèbre silhouette de la ville de New York.

 

Et plus que jamais ce traumatisme transparaît dans le film de Spielberg, surtant quand la première réaction d'une petite fille de huit ans face aux premières attaques extra-terrestres est de demander, affolée "ce sont des terroristes?".

 

Loin du "classicisme" patriotique et hollywoodien de Independance Day où le monde est sauvé par le Président des Etats-Unis qui s'avère être un ancien pilote de chasse (!),  La Guerre des Mondes s'attache à démontrer le quotidien bouleversé de Monsieur Tout-Le-Monde, ici incarné par un Tom Cruise en mode docker-looser-légèrement-bedonnant.

 

Les principales péripéties seront de suivre les mésaventures de ce père divorcé qui a la garde de ses deux enfants (un ado de 15 ans et une fillette de 8 ans) pendant les attentats. Une réalité crue, dérangeante, malsaine, accentuée par des éliminations massives à la fois très softs et très perturbantes. C'est là que la magie de la mise en scène entre en jeu.

 

Steven Spielberg est un des meilleurs, si ce n'est LE MEILLEUR, réalisateurs officiant actuellement à Hollywood, et c'est particulièrement sur le plan technique qu'il se distingue. Notamment deux plans-séquences : la première attaque et la voiture lancée à fond sur l'autoroute. La photographie, les effets spéciaux, la virtuosité des mouvements de caméra... L'ensemble donne un aspect très documentaire dans la droite lignée de ce qui avait été fait pour Il faut sauver le soldat Ryan (un autre film de Spielberg, comme par hasard), sans occulter l'essence filmique.

 

A ce titre, fait intéressant à noter, c'est à partir de cette Guerre des Mondes version 2005 que d'autres films d'invasion extra-terrestres vont fleurir, chacun avec une forme relativement différente mais avec l'ambition commune de montrer la catastrophe vécue par un groupe bien déterminé de personnes "normales" qui sont tous sauf des héros qui projettent d'aller coller une rouste aux aliens (contrairement à Independence Day). Le très sympathique Cloverfield en est le meilleur exemple, même s'il se contente d'être un gentil mélange de cette Guerre des Mondes et du Projet Blair Witch, agrémenté de destructions massives à la Independence Day.

 

Spielberg confronte le spectateur à ses propres peurs. A la peur de ce qu'il y a sous l'eau (Les Dents de la Mer), en plus de celle que l'on peut avoir dans la forêt voire dans une cuisine (les deux Jurassic Park) ou encore sur la route (Duel, sa première réalisation au début des années 70) se rajoute la menace venue du ciel (le traumatisme du 11 septembre) et surtout de l'espace. La paranoïa américaine est ici exacerbée dans un gros spectacle destructeur qui n'aura pas été du goût de tout le monde. Surtout compte tenu de la description qui est faite de ce "tout le monde".

 

La version de 1953 elle-même met cet aspect en avant. Si les extra-terrestres constituent la principale menace pour la Terre, la menace au sein même de la population terrienne constitue en les Terriens eux-mêmes.

 

Foules en panique, pilleurs, des tas de Monsieur-Tout-Le-Monde qui se remettent à leur instinct de survie quitte à malmener une enfant pour aller dans une voiture... Jamais l'adage "l'homme est un loup pour l'homme" n'aura été aussi bien illustré.

 

Ainsi, quand le père divorcé et ses deux enfants se retrouvent seuls et isolés, c'est là qu'ils se sentiront plus en sécurité. La cellule familiale, bien que légèrement disloquée (les rapports père-enfants sont conflictuels, la maman est ailleurs) demeure ce petit noyau sécurisant, comme cela était aussi le cas dans Jurassic Park (même s'il n'y avait aucun lien de parenté entre les "deux parents" et les deux enfants).

 

Et seul ce noyau offrira une réelle sécurité, personne ne pouvant le profaner et surtout pas le vétéran cinglé qui recueille le père et la fille une fois que le fils est parti, en témoigne la difficile scène du sous-sol où le personnage de Tom Cruise se résigne à faire tout ce qui est en son pouvoir pour protéger son enfant. Une fois de plus, Spielberg livre une scène choc et culte, savamment mise en scène. Là où un jeune réalisateur aurait tout montré à l'écran, le plus expérimenté choisit d'utiliser la suggestion (bruits, jeux d'ombres), à l'image de ce qu'il avait fait pour Jurassic Park quand les dinosaures dévorent les humains.

 

Avec tous ces éléments, difficile de ne pas reconnaître que cette Guerre des Mondes est un sacré bon film. Les plus sévères pointeront surtout du doigt une fin expédiée ou encore l'argument éculé de l'anti-américanisme primaire (drapeaux américains sur les maisons, attaques militaires, patriotisme), mais cela n'empêche pas Spielberg d'avoir concocté un très bon film catastrophe, surclassant de loin la moyenne du genre grâce à une réalisation béton, des effets spéciaux dantesques, une interprétation sans faille et un regard universel et réaliste (certains diront pessimistes) sur la nature humaine et l'instinct de survie.

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commentaires

omni tech support guides 15/12/2014 08:24

Well war of world’s would be steven spielbergs only disaster movie. The guy who is known for exceptional movies got it wrong with this one. The is in fact his only movie which is a disaster. I would also not recommend it.