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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 13:55

http://www.amoeba.com/dynamic-images/blog/Eric_B/starshiptroopers1.jpgAu XXIVème siècle, l'Homme a conquis l'espace et mène une lutte sans merci contre les arachnides, des insectes géants répartis sur quelques planètes. Sur Terre, le jeune John Rico vient à peine de finir le lycée et décide de s'engager dans l'armée pour les beaux yeux de sa petite amie, Carmen Ibanez...


Est-il encore nécessaire de présenter Paul Verhoeven? Pour la forme, oui! Ce réalisateur reste assez méconnu du grand public. Originaire des Pays-Bas où il réalisa quelques courts-métrages réservés à un public averti (Le Quatrième Homme), il émigra vers les Etats-Unis au milieu des années 80 pour continuer ses bonnes oeuvres. Bien que sa filmographie américaine est plutôt courte (moins d'une dizaine de films), il suffit de citer les gros classiques que sont devenus Basic Instinct (1991) et Robocop (1987) pour prouver que la quantité ne fait pas toujours la qualité. Les thèmes récurrents de ce réalisateur, que l'on surnomme affectueusement le "Hollandais Violent", sont particulièrement bien illustrés dans les deux films venant d'être cités : la violence et le sexe. Basic Instinct (qui révéla Sharon Stone) est le meilleur exemple à ce jour. Thriller torride, violent et palpitant, le cinéaste le considère comme son film le plus abouti.


Mais Verhoeven n'est pas là pour nous faire la morale sur les bassesses humaines. Il est avant tout là pour divertir, pour donner des sensations fortes, pour épater le spectateur et le surprendre. Et pour ça, tous les moyens sont bons! Le sang qui gicle, les filles nues qui envahissent l'écran... Un film sans hémoglobine ni poitrine féminine exhibée n'est tout simplement pas de Verhoeven! Pas besoin d'être devin pour se douter que la censure a du boulot avec le "Hollandais Violent"! Starship Troopers constitue son cinquième film américain, adapté du roman Etoiles, garde à vous! de Robert A. Heinlein, et il ne fait pas exception à la règle. Mais comme pour tous les films de Verhoeven, la critique est particulièrement virulente.


Et pour cause, Starship Troopers peut s'interpréter de nombreuses façons. Celle qui se rapproche le plus de la vérité est sans nul doute "gros spectacle mélangeant film de guerre, Star Wars et parodie de film de propagande". La presse a quant à elle vu un film promouvant le fascisme. Fascisme il y a, mais promotion il n'y a pas, car, pour Verhoeven et le scénariste Ed Neumeier, Starship Troopers ne fait que se moquer des films de bourrage de crâne du IIIe Reich. Nous est alors démontré que dans n'importe quelles circonstances, la guerre nous transforme en fasciste. Voilà en gros de quoi il en retourne. Et bien sûr, par derrière, on se moque aussi de la société américaine. Le film se divise d'ailleurs en trois parties distinctes.


La première ressemble fortement à un feuilleton pour ados. Passé une publicité douteuse en faveur du service http://vincztbofilm.ifrance.com/image_302.jpgmilitaire, on assiste aux déboires de John Rico, qui s'apprête à finir le lycée et à s'engager dans l'armée, au grand dam de ses parents. Mais le pauvre jeune homme doit aussi surveiller sa petite amie dont il est raide dingue et rester loin d'une autre fille qui ne pense qu'à sortir avec lui. Oui, oui... C'est très gnangnan tout ça...

 

D'ailleurs, pour beaucoup, Starship Troopers rime avec Ken et Barbie dans l'Espace. Le tout dans une société futuriste qui semble au premier abord parfaite (mais qu'en est-il réellement?). Seule question : pourquoi une grande partie des adultes que nos étudiants rencontrent sont manchot, cul-de-jatte ou aveugle?


La deuxième partie, c'est l'engagement militaire. Et là, tous les clichés sur l'armée ressortent, ou presque. Mais on rigole, car tout ça nous fait furieusement penser à Full Metal Jacket (notamment le sergent instructeur). Entretemps, on nous remet une couche de Love Story avec Johnny et sa copine, mais dans l'ensemble, tout est déjanté. On est en plein dans la série B, la violence est complètement dédramatisée, nos personnages sont définitivement bien stéréotypés, et on peut d'avance prévoir qui va mourir ou pas!


La troisième partie, c'est la guerre contre les insectes géants. Pour beaucoup, toute l'essence de Starship Troopers réside dans ces affrontements intenses entre nos petits soldats et nos scarabées géants. Les effets spéciaux sont géniaux (Phil Tippett, celui qui a fait les dinosaures de Jurassic Park, en est l'auteur), les combats sont violents, jouissifs, épatants... Bref, on se croit dans un jeu vidéo : ça tire et ça pète de partout, c'est gore et drôle à la fois... Autant dire qu'on prend son pied. Mais on reste aussi dans la parodie avec des dialogues qui frisent le ridicule ("j'ai vu mes amis mourir...").


http://vincztbofilm.ifrance.com/image_303.jpgAutant on peut juste assister au spectacle, autant on peut aussi rire du cynisme de l'intrigue, des clins d'oeil, des clichés de films de guerre (difficile de ne pas penser à Full Metal Jacket lors du discours du sergent-instructeur) et des mises en garde déguisés des auteurs. On se fout de tout, c'est pas compliqué. Les gradés portent un uniforme nazi, est-ce un hasard? Non! Mais est-ce pour autant une publicité pour le fascisme? Sûrement pas! Ou alors Verhoeven est bien étrange, lui qui a grandi durant la Seconde Guerre Mondiale et qui mangeait sa soupe en entendant des passants se faire exécuter sous ses fenêtres.


Le résultat? Un excellent film, que l'on peut prendre comme on veut, car il nous offre beaucoup de choses : réflexion, spectacle, plaisir... Starship Troopers délivre un message pour ceux qui veulent bien en voir un, à travers une fausse propagande grosse comme une maison. Ensuite, "Kill 'em all!"

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commentaires

QStainer 30/06/2010 14:53


Hmm à revoir celui là, il m'avait laissé une bonne impression mais "Ken et Barbie dans l'espace" c'est vraiment la description la plus proche !