Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 00:00

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/00/02/13/54/69199235_af.jpgRegarder en arrière ne fait pas de mal. Nous sommes en 2011 et rares sont les films adaptés de jeux vidéos qui ont satisfait tous les publics (un film standard y arrive rarement, au demeurant). En 2001, le constat était le même pour ce qui concerne Tomb Raider. Pourtant, l'entreprise avait de quoi séduire, d'autant plus qu'il s'agissait de porter à l'écran les aventures de l'héroïne la plus populaire du jeu vidéo : la sublime Lara Croft, ersatz d'Indiana Jones mais en mini-short et débardeur.

 

Le but du jeu est simple : on incarne Lara, une riche héritière anglaise, qui passe le plus clair de son temps libre à arpenter les quatre coins du monde, avec une préférence prononcée pour les contrées inexplorées et ... les tombes (Tomb Raider = pilleur de tombes pour ceux qui ont séché les cours d'anglais au collège).

 

Le premier jeu, sorti en 1996, donna lieu, conséquence de son succès immédiat, à une série de nombreux titres, sortis sur la majorité des consoles. Les softs, de qualité relative, bénéficiaient souvent plus de la popularité du personnage que des avis favorables des gamers qui, outre les améliorations graphiques (surtout concernant le physique de l'héroïne), n'ont vu le principe de base de la série que peu modifié en quinze ans, à savoir : arpenter des couloirs, trouver des passages secrets, déverrouiller des portes à l'aide de clés trouvées sur le chemin, tirer au passage sur quelques animaux et sbires du gros boss de fin, etc. Le tout grâce à une panoplie de mouvements pour l'époque assez variés : marcher, courir, sauter, grimper, nager, s'accrocher aux rebords et aux cordes, sprinter, ramper et le mythique saut de l'ange.

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/00/02/13/54/69199237_ph5.jpg

Faire un film là-dessus, c'était quand même pas mal s'exposer. Il faut dire que le postulat de départ ne donnait guère lieu à un film profond et révolutionnaire, d'autant plus que le premier jeu était plus ou moins une adaptation déguisée de Indiana Jones en jeu vidéo. Adapter Tomb Raider en film revenait donc à adapter un jeu vidéo déjà officieusement adapté d'un film.

 

La boucle est quand même bouclée en 2001, avec dans le rôle titre Angelina Jolie, dont la célébrité n'était pas à l'époque telle que celle que l'on connaît aujourd'hui. Mentionnons au passage la présence au casting d'une autre tête d'affiche qui connaîtra également plus tard son heure de gloire, à savoir Daniel Craig (actuel James Bond).

 

On peut d'office s'arrêter là pour les considérations introductives concernant ce long-métrage. Comme le laissait présager les premières lignes de cet article, "Tomb Raider : le film" est un spectacle dont on peut aisément se dispenser. Car il faut le dire : à part avoir collé à Lara l'étiquette de la fifille à son papa, en plus d'être flanquée de deux trublions insupportables (un jeune majordome complètement inutile et un geek boulet), aucune valeur n'a été ajoutée à cette adaptation qui a toutefois le mérite de rester fidèle au support d'origine : scénario basique, gunfights, temples abandonnés, créatures improbables, voyages à gogo, cascades, petites énigmes... Tout a été fait pour ne pas dépayser le fan du jeu qui, dans une certaine mesure, y trouvera son compte (l'auteur de ces lignes en étant lui-même un, il sait de quoi il parle).

 

 


 

 

Seulement voilà : un film n'est pas un jeu, et un jeu n'est pas un film. La frontière entre les deux est parfois extrêmement mal définie, surtout aujourd'hui où les jeux empruntent beaucoup au cinéma, et réciproquement (mais ce n'est toutefois jamais concluant). Néanmoins, il faut le reconnaître : le premier film sur Lara Croft (car oui, il y a eu une suite et on a récemment parlé de la perspective d'un reboot) remplit sympathiquement son but de divertissement bébête, même si on peut sérieusement regretter que le rythme (et donc l'esprit même de Tomb Raider) soit alourdi par :

- une figure paternelle récurrente mais pas du tout pertinente (l'acteur qui joue le père est d'ailleurs le véritable père de Angelina Jolie dans la vraie vie) ;

- les "visions" de Lara (c'est qui, cette petite fille?) ;

- le côté qui se veut trop sérieux et mélo, ce qui nous ramène au père qui plombe vraiment tout ;

- des scènes d'action un peu avares ;

- une américanisation à outrance alors que Lara est ... Anglaise ;

- dernier coup de gueule concernant le robot, inutile lui aussi (symbole selon lequel la créature virtuelle se fait abattre par la créature en chair et en os?).

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/65/49/76/18866036.jpg

 

Sur le plan technique, pas grand chose à redire. Les effets spéciaux sont de bonne facture et Angelina Jolie est assez convaincante. Il y a juste, sur le plan musical, le gros regret que le thème musical des jeux (désormais culte, en écoute plus bas) n'ait pas du tout été repris, alors qu'il a failli l'être (il a été question un moment que le compositeur même de la musique des jeux, Nathan McCree, compose celle du film, mais finalement non... ce qui a donné lieu à une B.O. désespérément plate).

 

Au final, bilan plutôt mitigé. Si vous n'êtes pas fan des Tomb Raider première génération ni de films d'aventures basiques à la limite du foutage de gueule, il est préférable de passer votre chemin.

 

 

  

Partager cet article

Repost 0

commentaires