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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 19:15

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/67/06/10/19193605.jpgLe monde du jeu vidéo aime le monde du cinéma. En témoigne la très forte influence qu'a le second sur le premier, ce qui fait que, personnellement, j'ai plus l'impression de regarder un film en appuyant de temps en temps sur des boutons que de réellement jouer.

 

Par contre, force est de constater que le monde du cinéma n'aime pas le jeu vidéo. En témoigne la ribambelle d'adaptations, dont le bilan des qualités approximatives fait ressortir ceci : un film adapté d'un jeu vidéo donne en général quelque chose de très très très moyen, pour ne pas dire mauvais dans certains cas.

 

Bien sûr, des fois, on y trouve son compte quand on n'est pas trop exigent et il faut reconnaître que, d'un point de vue visuel, le rendu cinématographique est pas trop mal. Hélas, la faiblesse revient souvent à des acteurs inexpérimentés, sous-exploités ou inappropriés, ou bien d'un scénario qui ne se contente d'aucune folie et trouve n'importe quel prétexte à mettre des scènes d'action de partout. En témoigne le premier film adapté de Resident Evil, plus proche du shoot'em up que du survival. De même, le jeu Hitman, qui laisse une certaine liberté au joueur (on bourrine ou on est subtil) se retrouve avec un film qui n'est pas sans rappeler Le Transporteur (où ça tire aussi de partout). A la rigueur, le premier film Tomb Raider ne retranscrit pas trop mal cette ambiance fusillade, mais délaisse trop le côté aventureux qu'on retrouve dans Indiana Jones (dont le jeu est directement inspiré).

 

Prince of Persia : les sables du temps ne fait pas exception à la règle de ces jeux vidéos adaptés en série B bourrée d'action décérébrée.

Pour ne pas connaître le jeu, je ne m'hasarderai pas sur une comparaison douteuse. Je peux juste dire, rien qu'en voyant le casting et l'équipe technique, que le résultat sera décevant, tant pour les gamers que pour les cinéphiles. Entre Walt Disney et Jerry Bruckheimer à la production (duo auquel on doit la très moyenne trilogie Pirates des Caraïbes), Mike Newell à la réalisation et Jake Gyllenhaal en Prince de Perse, il est certain que le film, alors produit et interprété par des Américains, réalisé par un Britannique, et mettant en scène des Perses, a du mal à réellement convaincre par ce simple postulat de départ.

 

L'erreur majeure est d'avoir voulu "grand-publiciser" ce spectacle, ce qui était hélas inévitable avec Disney. Quand on voit ce qu'il en a été de Alice aux Pays des Merveilles de Tim Burton, je suis peu surpris de constater à quel point Prince of Persia est gentillet, peu violent et pas sanguinolent pour un sou. Jake Gyllenhall a un visage trop gentil pour jouer cet acrobate de génie, espion à ses heures perdues. Il est trop lisse pour ce rôle, à l'image du film entier.

En effet, on aurait pu penser qu'avec un titre aussi évocateur (les sables du temps), on aurait droit à une histoire magique digne des 1001 Nuits, ou tout du moins d'une ambiance comme celle qu'on a pu voir dans le dessin animé Aladdin de Disney (sûrement celui que je préfère). Hélas, il n'en est rien. La magie orientale ne prend pas (difficile avec la face occidentale de Gyllenhaal), les décors n'aident pas (ce sont toujours les mêmes qui reviennent) et la musique, qu'on aurait pu espérer plus "locale", est une énième bande-son de Media Ventures (l'école de Hans Zimmer).

Le seul moment qu'on peut qualifier dans une certaine mesure de poétique, c'est le voyage dans le temps : quelques petites scénettes de 30 secondes qui montrent ce à quoi "Prince of Persia : the movie" aurait pu réellement ressembler.

 

Visuellement, outre les décors que je viens de citer, les effets spéciaux ne cassent pas non plus trois briques. Pire, l'incrustation du visage de l'acteur principal sur le cascadeur lors des cabrioles est risible (pourquoi toujours un flou pas naturel du tout devant le visage?)!

 

De même, l'action est paresseuse : le héros ne sait faire que des saltos. A la rigueur, la scène finale du glissement de terrain (qu'on voit pour l'essentiel dans la bande-annonce, forcément...) est la seule qui m'a réellement réveillée (et qui m'a d'ailleurs fait penser à la scène de la Caverne des Merveilles de Aladdin), bien que vraiment mal faite et transpirant le numérique.

 

Le reste du casting ne s'en sort pas mieux, mention spéciale à Gemma Aterton qui énerve avec sa bouche de canard (ou de suceuse, selon l'humeur). Je ne mentionnerai pas non plus la love story prévisible entre la princesse et le prince, digne de la pire série TV pour ados. Oups! trop tard, je l'ai fait.

 

Bilan : du film Disney/Bruckheimer classique. Comprendre par là gros spectacle vide-tête qui plaira surtout aux moins exigents (et donc aux plus jeunes). Mike Newell, le réalisateur, avait plus convaincu avec Harry Potter et la Coupe de Feu.


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commentaires

Margot 02/06/2010 16:56


Alors déjà chapeau pr ton blog, je l'avais très très rapidement survolé il y a qqjours... le texte m'avais un peu stoppé... mais franchement quelle erreur de ma part !!!
Je me m'y suis replongée lorsque j'ai su que c'était ton blog. Je le trouve extra, je m'amuse bcp en le lisant et ta description de Prince of Persia est merveilleuse... Mais quoique l'on souhaite
les films seront toujours ou très souvent pr les "grand publique" de jeunes qui ne réfléchissent pas des masses et qui se satisfont du visuel !!!
Continue comme ça c génial =)
tchou


Citizen Cancre 02/06/2010 18:58



Merci du compliment et des encouragements, je ferai de mon mieux^^


Mais quand tu dis que le texte t'avait stoppée, c'était par rapport au fait qui'l y en avait trop ou que le style te déplaisait? (quand je me relis, des fois, je me dis que je fais bien
prétentieux dans mes tournures de phrase).