Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 08:00

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/95/94/18602611.jpgDédicace à la fille du TGV.

Reprise d'une vieille critique, mise à jour et corrigée.

 

La comédie française a-t-elle un avenir? Après avoir visionné ce premier OSS 117 (qui a déjà donné lieu à une suite), on ne peut que répondre un oui enthousiaste! Après Brice de Nice, Camping et les pitreries de Michael Youn, on était en droit d'en douter. Tout à commencé avec le producteur du film, Nicolas Altmeyer, qui, avec son frère, a découvert chez ses parents les romans de Jean Bruce (OSS 117 est à la base une série de bouquins sortis dans les années 50). L'idée est née. Il s'agit alors de se moquer gentiment de cet espion désuet en le restituant dans le contexte moral des années 50 (fin de la seconde guerre mondiale, empire colonial, tensions internationales...), le tout sans tomber dans la caricature bien grasse d'Austin Powers. Le résultat? Un divertissement très très sympathique, franchement drôle, regorgeant de références et dénonçant les sentiments du Français moyen à l'égard des "indigènes" vivant au-delà de la Méditerranée.

 

La première chose qui choque (oui, oui, choc) dans OSS 117, c'est sa réalisation. Chacun sait que les comédies françaises (comédies pas toujours drôles d'ailleurs) ne brillent généralement pas par leur côté technique, mais force est d'avouer que le film de Michel Hazanavicius assure du côté visuel et sonore. Les décors sont réussis et nous rappellent fortement Indiana Jones et Tintin, que cela soit les intérieurs ou les extérieurs. De même que les couleurs utilisées font très bande dessinée (forte prédominance du jaune : mur, sols...), les rares (mais très bons) effets spéciaux (la scène sous-marine, les pyramides) ne font que renforcer cette impression et le tout contribue à cette atmosphère nous rappelant fortement notre enfance ainsi que les premiers 007 avec Sean Connery. Mais contrairement au navrant Astérix aux Jeux Olympiques, l'intégralité du budget n'est pas passé sur l'écran.


http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/95/94/18871644.jpg

 

Notre héros, au passage, est d'ailleurs lui-même une caricature de Sean Connery : le costume, la coiffure, la démarche... On se rend compte, finalement, que rien n'est nouveau, si ce n'est le contexte légèrement différent, qui reprend avec dérision et succès tous les petits trucs des grands films d'espionnage : bagarres tape-à-l'oeil à la violence éculée, espionnage de l'espion, interventions musclées... Même les scènes en voiture (l'écran défilant derrière et le conducteur qui ne cesse de tourner le volant, même en ligne droite) et nocturnes (la "nuit du cinéma" : une scène est filmée en plein jour avec des filtres bleus) sont tournées à la manière des années 50/60.

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/95/94/18871646.jpg

On retrouve également les deux femmes fatales (sublime Bérénice Béjo) que notre espion séduira sans mal sans pour autant passer très souvent pour un gros débile. Car le film tire sa force non seulement de sa technique maîtrisée mais aussi de son héros. Jean Dujardin était le seul à avoir le charisme pour jouer ce rôle, et ce dernier brille littéralement à chaque apparition : ses mimiques (son jeu de sourcils est fabuleux), ses remarques déplacées...

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/95/94/18473125.jpg

 

On aurait pu craindre un ersatz de James Bond à la Brice, mais non. Dujardin prouve encore une fois qu'il épouse avec aisance tous les registres comiques (il a également prouvé à de nombreuses reprises qu'il est aussi excellent dans le domaine dramatique), et c'est avec un sourire en coin perpétuel qu'on assiste aux aventures de ce héros désuet et béotien, nourri aux préjugés. Pour lui, le Canal de Suez date de l'Antiquité. Pour lui, la religion musulmane et la langue arabe sont inutiles... En bref, il illustre le malaise du Français moyen fermé dans sa France profonde, pour qui rien ne vaut une bonne biscotte beurrée le matin. Tant qu'on parle de biscotte, on est en droit de citer les dialogues savoureux et les répliques hilarantes.

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/95/94/18871664.jpg

Une autre qualité du film est de s'adresser à tous les publics. L'humour est d'un certain niveau et le trait sait s'épaissir pour les plus jeunes, même si on peut parfois trouver certains gags redondants. La musique reprend quant à elle les sonorités très 50's/60's, et l'improvisation de "Bambino" égalera sûrement un jour la "Carioca" de Alain Chabat et Gérard Darmon (La Cité de la Peur).

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/95/94/18473127.jpg

Bilan : une réussite! Ce premier OSS 117 réussit le pari de la parodie légère et efficace. Un divertissement de qualité qui redonne foi dans le cinéma français.

Partager cet article

Repost 0

commentaires