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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 20:00

http://cena54.unblog.fr/files/2008/01/onmarchetousalinstinct.bmpVoici un article qui n'en est pas vraiment un. Mais promis, d'ici quelques jours, je vais tenter de reprendre un rythme effréné et quotidien afin que vous ayez de quoi lire le soir lors de vos errances sur Internet!

 

Aujourd'hui, j'aimerais parler d'un livre que j'ai eu le plaisir de lire il y a plusieurs années, alors que j'étais encore au lycée : Les Lois de l'Attraction (LLA), de Bret Easton Ellis, écrivain controversé surtout connu pour être l'auteur de American Psycho (que j'ai également lu plus jeune).

 

Inutile de vous cacher que, dès qu'un livre se vend bien, il est maintenant de tradition de l'adapter en film le plus rapidement possible. Des fois, ça marche bien. Des fois, ce n'est pas le cas. Je ne m'étendrai pas sur une liste d'exemples mais je ne cite que Twilight et Da Vinci Code pour donner le ton.

 

Concernant LLA (dont j'ai récemment commencé une seconde lecture du bouquin), l'histoire se déroule dans un campus où une bande de jeunes passent plus de temps à se shooter et à s'envoyer en l'air qu'à penser à leurs études. On suit donc le quotidien de trois d'entre eux (Sean, Paul et Lauren), sachant que Paul veut se taper Sean qui veut se taper Lauren qui aimerait rester fidèle à Victor (qui est parti en Europe).

 

Vu comme ça, c'est digne du pire des soap pour ados. Seulement voilà, ici, c'est plutôt trash.

 

Et vu que je n'ai pas le courage, le temps et l'envie de faire un conglomérat de deux critiques sur le film avec lesquelles je suis entièrement d'accord, je vais faire un copier-coller de ces dernières ici.

 

Avant toute chose, voici quand même mon avis personnel sur le film (que j'ai pu comparer au livre) : l'adaptation est fidèle et réussie. Bien sûr, tout n'est pas entièrement fidèle et certains éléments varient selon le support (Lauren est vierge dans le film mais pas dans le livre, etc), mais quand on voit le film, il est clairement une réussite. Anti-teen-movie par excellence, LLA est un très bon film, un peu trash, mais respectant l'esprit du bouquin juste ce qu'il faut. Les histoires croisées entre les trois personnages principaux ne sont pas sans rappeler Pulp Fiction (d'ailleurs, le réalisateur de LLA, Roger Avary, est un collaborateur de Quentin Tarantino, et on sent nettement l'influence), la BO est sympathique, le casting à contre-emploi est un régal (l'acteur de Dawson en connard, Jessica Biel en chaudasse shootée)...

 

Non, vraiment, LLA mérite d'être vu, éventuellement d'être lu si on excuse une traduction hasardeuse.

 

Et pour rester dans le thème de Bret Easton Ellis, évitez l'adaptation cinématographique de American Psycho, véritable déception (malgré la présence de Christan Bale au casting).

 

Bande-annonce de LLA ici.

 

Extrait d'une des meilleures scènes du film ici.

 
Et voici les deux fameuses critiques dont je parlais, l'une est d'un ancien blogueur dont j'avais déjà parlé (Merovingien02), et l'autre sur le site krinein (qui est rigolote puisque rédigée dans le style d'écriture de Bret Easton Ellis justement).

 

 

Au passage, petite dédicace à l'amie qui a acheté le DVD sur Lyon et ne l'a toujours pas maté : qu'est-ce que t'attends??!

 

 


 

MEROVINIEN02

 

On avait franchement de quoi s'inquiéter d'un projet comme les Lois de l'Attraction. Non pas que la perspective de voir l'adaptation du livre culte de Bret Easton Elis ne nous faisait pas envie (si vous n'avez pas lu le livre, bougez-vous le cul !!!). Mais après l'adaptation très tiède d'American Psycho, on en venait à croire que le style Ellis était définitivement trop radical pour être porté à l'écran sans être trahis et férocement édulcoré. Si en plus de ça on se fie au casting plein de stars de la télé teenage, on pouvait craindre une énième campus movie dans la lignée des tristes American Pie.


Sauf que. Derrière la caméra, on retrouve Roger Avary, pas franchement habitué au formatage après son premier film Killing Zoe et une participation à l'écriture de Pulp Fiction. Rien que pour ça, les Lois de l'Attraction balaye d'un revers de la main les préjugés les plus coriaces. En apparence, un film pour ados décérébrés avec tous ses clichés et ses gags gras. Au final, l'anti-American Pie : méchant, sans concession. Le cul n'est plus seulement prétexte à des blagues potaches finalement inoffensives. Derrière le salace pointe un véritable portrait dramatique de la jeunesse sans repères affectifs. « Personne ne connaît personne » nous martèle-t-on. Ce sentiment de solitude, Ellis le représentait par sa profusion de personnage (une vingtaine) parlant en voix-off uniquement et n'ayant que des échanges superficiels avec les autres. Le roman commençait au beau milieu d'une phrase et s'achevait avant un point. On passait d'un personnage à l'autre sans lien logique, renforçant leur éloignement, leur désarroi. Cloisonnés dans leurs tourments et leurs pulsions autodestructrices, ses héros renvoyaient à une critique de l'Amérique débauchée, celle qui se cache derrière le vernis du bien pensant.
Ce mode d'écriture nerveux et sec (certaines phrases n'ont pas de sujet), Avary le retranscrit parfaitement à l'écran en se focalisant sur 3 personnages principaux autour desquels gravitent quelques autres figures. La narration est éclatée, se contentant de scénettes à l'utilités discutables mais formant à un patchwork cohérent dans une certaines idée de la progression dramaturgique menant à la fameuse soirée finale (qui débute le film). Enfin, la voix-off va occuper une place prépondérante, soulignant les différences entre les êtres. Ainsi, alors que Paul nous confie ses fantasmes en regardant amoureusement Sean, les pensées de celui-ci souligne qu'il n'est non seulement pas intéressé mais qu'en plus, il pense complètement à autre chose.


Toujours isolés (il n'y a quasiment aucune interaction entre les 3 héros alors qu'on censé être dans un triangle amoureux), les personnages mènent leurs petites vie sans se soucier de celle des autres. Le sentiment de peine qui habite chacun d'eux trouvera sa plus terrible expression lors d'une séquence de suicide brutale d'une inconnue avant que le spectateur ne s'aperçoive que cette inconnue était présente plusieurs fois à l'écran depuis le début du film sans qu'on ne la remarque. Radical. Et terriblement bien mis en scène, avec un plan fixe sur le visage de la jeune fille vacillant peu à peu tandis que la musique résonne comme un écho lointain. On ne soupçonnait pas chez Avary une telle maîtrise de la réalisation. Se rangeant dans la catégorie des mises en images modernes et le bon versant MTV (dans la veine de Requiem for a Dream entre autre), Avary jongle avec les diverses possibilités d'After Effect pour renforcer ses idées. Pour montrer que Sean et Lauren n'ont rien à voir l'un avec l'autre, il balance un spleen screen où l'on suit chacun à leur réveil, jusqu'à leur rencontre dans un couloir où là encore, leur face à face se fait sur les deux moitiés de l'écran. Quand Paul fantasme sur Sean, l'écran se divisera également pour montrer la vérité et le rêve (une masturbation frénétique contre une partie de jambes en l'air passionnée) Les destins de ces 3 figures adolescentes seront malgré tout liés dans une séquence d'introduction de 15 minutes où l'on accompagne chacun vers son drame personnel, avant que l'on ne reparte en arrière par un défilement d'images à rebours reprenant à un moment précis d'une fête. On n'est pas prêt non plus d'oublier le voyage en Europe, grand moment d'hystérie visuelle et cynique où toute la superficialité de Victor est révélée. Un looping du cerveau intégral nous laissant aussi sonné et vide qu'après une bonne cuite. En ne s'articulant qu'autour de succession de soirée étudiante, en laissant de côté toute la vie étudiante et en n'évoquant que de très très loin les liens familiaux des personnages paumés, Avary prouve qu'il a saisis toute la substance du livre d'Ellis sur le nihilisme des adolescents.


Mieux, il profite de la présence d'un casting de star du petit écran pour massacrer les images auxquelles ils sopnt cantonnés. Avec en tête un James Van der Beek vampirisé qui piétine joyeusement son image aimable de Dawson ainsi que Jessica Biel qui s'affranchit de la bigote série 7 à la maison en devenant la plus grosse salope de la fac. Un cliché réduit à néant. Les fans de série bien pensante et gentil ainsi que de comédies pour d'jeunes risquent de faire une attaque. Car ce qui prêtait à rire dans un Road Trip ou un American Pie devient ici un véritable drame. La jeune vierge qui se fait dépucelée se fait carrément violer face caméra avant de se faire vomir dessus, souillée au plus profond d'elle-même. Le beau gosse de la fac est un dealer sans avenir et le film se clôt sur sa voix-off, avant qu'il ne termine sa phrase, comme s'il n'avait ni avenir où encore que le cauchemar de ces personnages ne prendrait jamais fin. Cinglant, grinçant. On rit beaucoup. Mais on rit jaune. Hypnotique, le film bénéficie qui plus est d'une bande originale merveilleuse, passant sans complexe des rythmes endiablés de Toromandy à un bout de Serge Gainsbourg, du George Michael ou encore une résurrection de Donovan. Démentiel et fun.
Au bout du compte, les Lois de l'Attraction est un film sur des sujets extrêmement positif et romantique (la quête d'amitié et d'amour) mais aux réponses négatives, de part le nature même de ses protagonistes incapables de se prendre en charge, autant qu'il ne se remettent jamais en question. Ils ne pleureront même pas sur leur sort. Il faudra un flocon de neige tombant sur la joue de Sean pour donner la sensation qu'il pleure. Une larme artificielle, comme les vie artificielles et superficiels de ces pantins égarés. Choc pour la lectrice de OK Podium qui aura bien du mal à accepter cette orientation sans concessions d'un film aux apparences si futiles et rigolotes (l'excellente affiche représente des peluches en train de forniquer dans les positions les plus célèbres du Kama Sutra).


Féroce, brillamment réalisé et maîtrisé, le film parvient à nous faire ressentir le vide affectif des héros, et donc à aller au-delà du choc trash qui l'aurait réduit dans sa portée. Ses jeunes qui baisent et se droguent pour oublier leur malaise n'en sont que plus « vrais » et le film s'impose sans problème comme le meilleur teen movie qu'on ait pu voir.


NOTE : 6/6

 


Bret Eas­ton Ellis

... et tu vois : c'est déjà re­par­ti pour un tour ! Pauvre so­cié­té amé­ri­caine : à peine a-​t-​elle mis le doigt sur une af­faire qu'elle l'ex­ploi­te­ra au maxi­mum. Et oui : ca­pi­ta­lisme cela s'ap­pelle ! J'ai ga­lé­ré pour en ar­ri­ver là où je suis, j'ai écrit des livres, j'ai clai­re­ment mon­tré mon dé­goût pour ce petit monde mes­quin qui m'en­toure : les riches, les gol­den boys, en bref : les maîtres du monde ! Petit étu­diant, j'ai en­chaî­né les suc­cès tout en dé­frayant les chro­niques lit­té­raires. 21 ans ! 21 ans, tu te rends compte et mon pre­mier livre, Moins que zéro est déjà consi­dé­ré comme un chef-​d'oeuvre. J'ai ré­ci­di­vé avec Les lois de l'at­trac­tion, j'étais en­core plus violent et je me suis at­ta­qué au mi­lieu des riches uni­ver­si­taires qui passent leur temps à se dro­guer et à s'en­voyer en l'air. Le pu­blic en veut tou­jours plus, tu le sais, alors for­cé­ment j'ai mis le pa­quet avec Ame­ri­can Psy­cho, et là j'ai été au­tant adoré que dé­tes­té ! Je t'ai ra­con­té com­ment des as­so­cia­tions de fé­mi­nistes amé­ri­caines m'ont me­na­cé de mort, on se croi­rait en pleine pa­ra­noïa genre Sal­man Ru­sh­die ! Bon, après je me suis un peu calmé, j'ai lais­sé les choses se tas­ser, et puis le fait que mes livres soient plus ache­tés que brû­lés prouvent que quelque part ma place était ici. Je vou­lais faire un roman énorme, un truc com­plè­te­ment dingue et bien violent, mais en at­ten­dant j'ai pu­blié quelques nou­velles dans un re­cueil, Zom­bies, mais les fans sa­vaient. Ils sa­vaient que j'al­lais ré­ci­di­ver, je me de­vais de ne pas les dé­ce­voir, alors j'ai écrit Gla­mo­ra­ma, je peux te dire qu'ils en ont eu pour leur ar­gent : cette fois, c'était au mi­lieu de la mode et de la nuit d'en prendre pour son grade.
Com­ment ? Ah ouais, le ca­pi­ta­lisme ! Tu sais qu'à Hol­ly­wood, ils aiment bien amas­ser des mil­lions sur des scé­na­rios adap­tés de best-​sel­lers, le pro­blème c'est qu'ils donnent la réa­li­sa­tion à n'im­porte quel fils-​à-​pa­pa-​réa­li­sa­teur, et le film est au mieux très moyen... En 1987, on adapte Moins que zéro, quelle ca­tas­trophe ! En 2000, c'est Ame­ri­can Psy­cho qui passe sur la planche à billet : quelle dé­cep­tion ! Et main­te­nant, c'est au tour de : Les lois de l'at­trac­tion, je me suis dit : "ja­mais deux sans trois", j'avais in­croya­ble­ment tort ! Je te jure, Roger a vrai­ment fait un bou­lot de dingue, sur­tout pour...

Roger Avary

... comme cela, par pur ha­sard ! Je ne te cache pas que pour un pre­mier film, Killing Zoe a été plu­tôt bien re­mar­qué ! Oui il était violent, mais on vit dans une so­cié­té vio­lente, et c'est une cri­tique ! Les mé­chants ne sont pas for­cé­ment les plus mau­vais ! D'ailleurs peu de monde l'a com­pris. Alors j'ai pris une pause, j'ai ré­flé­chi, et j'ai écrit le scé­na­rio de Pulp Fic­tion avec Quen­tin, une sa­crée bonne idée. J'aime bien les his­toires où les per­sonnes se croisent, où les in­ter­ac­tions se mul­ti­plient. Mais le ci­né­ma est trop plat pour en rendre compte : on suit tou­jours un héros d'une si­tua­tion ini­tiale à une si­tua­tion fi­nale avec au mi­lieu un élé­ment per­tur­ba­teur, c'est d'un cli­ché ! Je veux sor­tir de ce cir­cuit, et Pulp Fic­tion à ce ni­veau m'a pas mal réus­si. J'ai lu pas mal de livres de Bret, et fran­che­ment, Les lois de l'at­trac­tion colle bien à ce style : des mo­no­logues de dif­fé­rents per­son­nages se ren­con­trant, sans début, sans fin, sans cli­max, mais bour­ré d'in­ter­ac­tions ! J'ai bossé dur, crois-​moi, j'ai ré­écrit le scé­na­rio et je me suis au­to-​pro­duit en grande par­tie. Le ré­sul­tat vaut le coup non ? Mais non je ne dis pas cela pour me faire mous­ser, si je dé­nonce les riches étu­diants mé­ga­los, ce n'est pas pour me ran­ger de leur côté ! Ah d'ac­cord, tu ne l'as pas vu ? Com­ment ? Te ré­su­mer l'his­toire ? Vau­drait mieux que tu de­mandes à la per­sonne qui a monté le film, Sha­ron. Ce que je fais main­te­nant ? Et bien fi­gure-​toi que...

Sha­ron Marie Rut­ter

... vrai­ment trop com­plexe ! Tu sais, ça me fait plai­sir que tu viennes me voir. Pour­quoi ? On va faire un petit test. Tu es prêt ? Cite-​moi cinq réa­li­sa­teurs connus ? Oui je sais, c'est fa­cile ! Bon, cite-​moi cinq ac­teurs et cinq ac­trices connus ? Très simple en effet... Allez, cite-​moi cinq mon­teurs connus ? Aïe, tu vois, tu n'es même pas ca­pable d'en citer un seul ! Pour­tant le mon­teur, bien que peu mé­dia­ti­sé, est une pièce maî­tresse dans la réa­li­sa­tion du film. C'est nous qui don­nons un sens à l'his­toire, l'es­sence même du film, c'est nous ! For­cé­ment j'étais en­chan­tée quand Roger m'a pro­po­sé le pro­jet, et puis, tra­vailler avec un beau gars comme lui, ça ne se re­fuse pas ! Mais oui je ri­gole ! Le film ? Tout se passe dans la pres­ti­gieuse uni­ver­si­té de Cam­den, ré­ser­vée aux riches étu­diant de ce pays. C'était sans comp­ter que ces chers étu­diants passent leur temps à se dro­guer, à for­ni­quer et se prendre la tête plu­tôt que de tra­vailler. Com­ment ça tu vois pas l'in­té­rêt ? Enfin ima­gine la cri­tique pam­phlé­taire ! Les élites sont des monstres, des ados com­plè­te­ments barges ! Tu sais quoi ? Sean Ba­te­man est joué par James Van Der Beek, tu sais, le mec de la série Daw­son ! Et bien Sean est un gars qui...

Sean Ba­te­man

... car je suis un tom­beur ! Je suis beau et elles sont toutes à mes pieds, pas une ne me ré­siste. Y a qu'à les voir pas­ser, je les snobe et elles rou­coulent. J'en ai plein le dos des cours, la fac, c'est bon pour se faire des filles, dea­ler un peu de temps en temps et sur­tout faire des soi­rées, de vé­ri­tables or­gies pan­ta­grue­lesques. J'ai cou­ché avec tel­le­ment de filles que je ne me sou­viens plus avec qui, tant de vi­sages et tant de corps que je n'en vois plus la fin. De­puis peu, je suis amou­reux, ouais, vrai­ment amou­reux ! Mais non je l'ai pas en­core sau­tée, j'at­tends "la fête de la baise" ! De­puis peu, un homo me tourne au­tour, cela en de­vient même aga­çant ! Son nom ? Paul, Paul Den­ton. Ah ! Le nom de la fille que j'aime ! Ex­cuse-​moi : c'est Lau­ren Hynde : Rock'n'Roll. Tu sais ce qu'on ra­conte ? Qu'elle se­rait en­core vierge ! Tu te rends compte, à cet âge-​là, et à Cam­den ! Par contre, elle est chaude, tu ver­rais les lettres qu'elle me dé­pose se­crè­te­ment, j'en re­viens pas ! Oh ! Si tu voyais son su­perbe...

Lau­ren Hynde

... for­cé­ment pas de cette ma­nière ! Non, je n'irai pas à "la fête de la baise", cette sor­dide soi­rée où tout le monde couche avec tout le monde, je tiens à me pré­ser­ver. Pour m'en dé­goû­ter, je re­garde des pho­tos de ma­la­dies vé­né­riennes, jusqu'à pré­sent ça marche ! Je suis un peu per­tur­bée en ce mo­ment, j'es­saye de ne pas pa­raître trop "out", d'un autre côté je suis en­core res­tée aux drogues douces... J'ai l'im­pres­sion que Sean me tourne au­tour, mais je le vois sou­vent fri­co­ter avec Paul. Sean en se­rait-​il ? Par­don ? Pour qui je me pré­serve ? Pour mon petit ami, Vic­tor, il est en voyage en Eu­rope en ce mo­ment, j'ai hâte qu'il rentre si tu sa­vais ! Bon, on y va à cette fête ? Sean pense que je lui dé­pose des lettres, pour­tant je n'ai pas le sou­ve­nir d'avoir...

Paul Den­ton

... et le tout posé sur un beau petit cul. Cueillir Sean se­rait culti­ver le pa­ra­dis. Je suis sûr qu'il en est, ça se voit, en plus il ne re­fuse pas mes in­vi­ta­tions. Je compte bien ser­rer son corps mus­clé contre le mien, avant de par­tir chez ma mère ce week-​end. Je suis ja­loux, je le soup­çonne de vou­loir se rendre à "la fête de la baise" et de par­tir avec le ou la pre­mière venue. Je crois que j'en suis amou­reux, il est tel­le­ment beau, vif, sculp­té. Si seule­ment je pou­vais concré­ti­ser : la plu­part des hommes que je ren­contre ne sont pas du même bord, c'est aga­çant, c'est an­gois­sant de sa­voir que je peux perdre Sean, à cause d'une fille comme Lau­ren ou comme celle qui lui laisse des lettres déses­pé­rées. Les hommes et les femmes semblent être ti­raillés par des lois phy­siques et chi­miques qui les dé­passent : les lois de l'at­trac­tion. Cela me rap­pelle qu'un jour...

Sha­ron Marie Rut­ter

... très spé­ciaux. Mais le scé­na­rio reste clas­sique tu vois ? Le but c'est les in­ter­ac­tions ! Alors c'est là que mon art est entré en jeu. J'ai d'abord monté des scènes à l'en­vers. Pour t'ex­pli­quer, on suit un per­son­nage dans une soi­rée, puis à la fin de la scène, la ca­me­ra suit un autre per­son­nage, mais la scène se dé­roule à l'en­vers ! La scène re­com­mence à l'en­droit, plus tôt mais avec quel­qu'un d'autre, et ainsi de suite ! Ce n'est pas tout, il y a pas mal d'ef­fets en ac­cé­lé­ré, un peu comme dans Requiem for a dream. Sans par­ler du split-​screen pour suivre l'ac­tion de deux per­sonnes en même temps ! Là où j'ai fait très fort, c'est concer­nant Vic­tor. Son voyage en Eu­rope est ré­su­mé en cinq mi­nutes, avec des plans de moins de deux se­condes, sans comp­ter sa nar­ra­tion sans cou­pure ! Mais le film ne se perd pas dans les ef­fets de mon­tage, bien au contraire car ils tra­duisent par­fai­te­ment les si­tua­tions ! Oui, je le dis sans m'en ca­cher : ce film est MON chef-​d'oeuvre ! Après ? Oh j'ai fait le mon­tage de 8 Mile, mais per­sonne n'a re­te­nu mon nom une fois de plus ! Au fait, tu sais ce qu'a dit Roger à pro­pos de...

Roger Avary

... sa­cré­ment fun ! Je sais bien que l'on me com­pare à Michel Gondry et à son Human Na­ture, je sais bien qu'on me com­pare à Aro­nof­sky et à son Requiem for a dream mais fran­che­ment, ces films n'ont rien à voir ! De toute façon, ce film est une tranche de vie, pas le compte-​ren­du d'une soi­rée ou une des­cente aux en­fers ! Il com­mence et ter­mine en plein mi­lieu de phrases, le spec­ta­teur est l'oreille in­dis­crète des mo­no­logues et des conver­sa­tions ! Je pense tout de même à sé­rieu­se­ment...

Bret Eas­ton Ellis

... frais n'est-​ce pas ? En tout cas, je suis très sa­tis­fait, ce film est une adap­ta­tion fi­dèle de mon texte tout en étant libre au ni­veau des images, Roger et Sha­ron ont fait un bou­lot for­mi­dable ! Le mot de la fin ? Fi­na­le­ment, Hol­ly­wood peut réa­li­ser des "an­ti-​teen-​mo­vie" cri­tiques, tout en res­pec­tant mon oeuvre, et je ne m'en porte pas plus mal ! La pro­chaine fois, pense juste à...

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commentaires

astuce kamas dofus 27/05/2014 20:14

J'adore ton site !

QStainer 04/08/2010 22:27


Ha ben moi qui aime pas Tarantino ca explique peut être pourquoi je n'ai pas DU TOUT accroché au film ...


Margot 02/08/2010 11:12


Ça à l'air franchement tendu comme film... vraiment fou ^^
je médite toujours pr savoir s'il m'intrigue ou me fait peur :p


Citizen Cancre 02/08/2010 13:02



Il intrigue, et il est à voir : c'est un peu un Tarantino chez les étudiants.