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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 08:00

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/60/86/18441573.jpgPeut-être que le terme percutant pour définir Collision est un peu un fort. Mais avouez qu'il était tentant de rester dans le même champ lexical (percutant, collision, crash -qui est aussi le titre du film en VO- ).

 

Collision est un film choral, c'est-à-dire un genre de film mettant en scène plusieurs personnages dont les destins se croisent, sans qu'aucun ne vole la vedette aux autres. Cela présente des avantages certains pour le rythme (on ne s'ennuie que peu) mais ça peut aussi s'avérer risqué (certains personnages demeurent souvent sous-exploités ou inintéressants).

 

L'idée du film est venue à Paul Haggis lorsque ce dernier, en sortant d'un vidéo-club, s'est fait volé sa voiture sous la menace d'une arme à feu. Une fois rentré chez lui, effrayé et encore traumatisé, il changea toutes les serrures. De là, il signa le scénario et la réalisation de Collision, un an après le succès de Million Dollar Baby (dont il est également le scénariste).

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/60/86/18414826.jpg

Cette anecdote est même présente dans le film avec le couple improbable formé par deux acteurs dramatiquement sous-estimés (Brendan Fraser et Sandra Bullock) qui, juste après une soirée, se font voler leur flambant 4x4 par deux afro-américains qui, quelques minutes auparavant, s'étonnent des réactions des "blancs" à leur égard.

 

De cette petite histoire est retranscrite l'objectif principal du film : parler "de l'intolérance et de la compassion, de la manière dont nous détestons tous être jugés sans jamais refuser de juger les autres, ce qui est totalement contradictoire" selon les propres mots de Paul Haggis.

 


Le projet était cependant loin d'être gagné, surtout pour ce qui concernait le financement d'une histoire de race et de classe sociale risquant fortement de faire l'objet d'une sévère censure. Heureusement, l'acteur Don Cheadle, intéressé par le scénario, y mit beaucoup du sien (son expérience et ses relations) et devint même producteur du film.

 

Le résultat donna ce que l'on sait, et le long-métrage de Paul Haggis (tourné en 35 jours!) fut même récompensé du Grand Prix au Festival de Deauville en 2005. Une série télévisée vit même le jour avec le regretté Dennis Hopper (résultat plutôt mitigé, d'après ce que j'en ai vu).

 

http://www.dvdseries.net/images/test/9186-edition-1278971731.jpg

Collision brasse de nombreuses thématiques, la première étant la peur de l'autre, sous-tendue par le racisme. Les personnages sont des WASP, des noirs, des asiatiques, des latinos, issus de différentes classes sociales (la haute société, les ouvriers) ayant des préjugés sur tout et n'importe quoi.

 

Seuls les Etats-Unis pouvaient faire un film là-dessus, l'attrait venant surtout du fait qu'il s'agit d'un pays composé essentiellement d'immigrés (seuls les Amérindiens sont de vrais Américains dans le fond) et fortement remué depuis 2001, le tout dans une ambiance proche de celle du Collateral de Michael Man grâce à la ville de Los Angeles, cadre idéal pour renforcer les oppositions (le jour et la nuit, le centre-ville et la banlieue, les entrepôts et les quartiers résidentiels) et aussi les idées reçues souvent fausses, la preuve en est la quasi-totalité des personnages qui se révèlent être ce qu'ils ne sont pas.


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http://30.media.tumblr.com/tumblr_kxlivqFo6Q1qzbykto1_500.jpg

L'exemple le plus flagrant vient des deux flics, interprétés par Matt Dillon et Ryan Philippe. L'un semble raciste,  l'autre idéaliste. Et pourtant, les évènements vont inverser les tendances. Les choses ne semblent pas toujours ce qu'elles apparaissent être, à l'image des Perses pris pour des Arabes, ou du type a priori gentil qui tuera finalement un auto-stoppeur à qui il voulait en premier lieu rendre service.

 

Le film montre aussi des personnages qui sont tellement enfermés dans leurs univers et idées reçues qu'ils n'en sortent que par des moments chocs (des collisions, des crash... le titre du film est-il un hasard?) qui leur font prendre conscience (ou pas) de leurs erreurs qu'ils seront libres de réitérer afin d'alimenter un cercle vicieux qui ne prendra fin que si tout le monde fait un effort et pas seulement quelques-uns. Mais quand? La chanson finale dit "après demain" (After Tomorrow, de Stereophonics).

 

Incompréhension, peur, racisme, individualisme... Collision est un excellent film qui n'a pas volé ses récompenses et traite d'une réalité universelle qui sort bel et bien du cadre américain pour s'inscrire dans d'autres contextes nationaux.

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