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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 00:00

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/63/95/41/18927494.jpgAvant 2008, on parlait de "la trilogie Indiana Jones". Trois films. Trois films cultes. A commencer par le premier, sorti en 1981 : un des meilleurs films de Spielberg. La suite, sortie en 1984, est le plus mal aimé en raison de son côté sombre mais demeure dans le genre un incontournable. Enfin, 1989 marque l'arrivée du troisième épisode, auquel on ne résiste pas (mais moi, j'y résiste quand même car je trouve que c'est insuffisant) en raison de la présence de Sean Connery au générique. Et dans le père du héros, s'il vous plaît.

 

Le troisième film se concluait sur un plan dans lequel les héros, triomphants, s'en allaient à cheval en direction du soleil couchant, ce que Steven Spielberg, réalisateur attitré de la saga, qualifiera lui-même par la suite de "rideau" pour conclure la trilogie.

 

Or, les fans ne surent s'en contenter et, pendant plus de vingt ans, harcelèrent littéralement Steven Spielberg, Harrison Ford (qui tient le rôle titre) et Georges Lucas (co-créateur du personnage et accessoirement le père de la saga Star Wars) pour savoir s'ils projetaient une nouvelle suite.

 

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Les rumeurs circulèrent pendant longtemps, annonçant ça et là une date de sortie hypothétique ou un titre éventuel pour le quatrième épisode.

 

Harrison Ford, à en croire les commentaires du DVD, n'était pas réticent à endosser de nouveau le chapeau et le fouet du célèbre aventurier. De même pour Georges Lucas (réelle motivation artistique de sa part ou simple appât du gain?). Seul Steven Spielberg semblait plutôt incertain, arguant qu'il avait évolué dans son cinéma et que si le tournage des trois premiers films avaient été un bon moment, il avait tourné la page. Mais le réalisateur ne tint a priori pas longtemps (soyons relatif : vingt ans tout de même) devant la pression non seulement de ses deux amis mais aussi des fans.

 

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Car c'est clairement pour eux que le film a été fait. Et il n'est pas méchant de dire qu'on se serait bien passé de ce quatrième épisode. Or, ça serait mentir que d'affirmer qu'on n'a passé un sale moment devant ce film d'aventure "à l'ancienne".

 

Avouons que l'idée de retrouver Harrison Ford dans un de ses rôles phares n'est pas pour déplaire aux premiers fans, même si le poids des années se fait sentir, et que ce nouvel opus est indubitablement orienté vers un passage de flambeau. En effet, difficile de ne pas voir en l'arrivée du personnage "Fonzie" de Mutt la nouvelle génération susceptible d'être au centre de potentielles suites. Le filon Indiana Jones n'a en soit jamais été épuisé, tout comme celui de Star Wars, et Georges Lucas n'est pas du genre à ne pas tirer sur la corde. Aussi, entendre ça et là des rumeurs sur in cinquième Indiana Jones n'est que peu étonnant. Mais restons concentré sur le quatrième.


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Quatrième film qui se passe quand même près de vingt ans après la fin du troisième, autrement dit dans les années 50. Là où les premiers épisodes se déroulaient dans les années 30 et confrontaient les héros aux nazis, cet opus propose cette fois les Russes et le contexte de la Guerre Froide. Contexte iconisé avec brio durant toute la première partie du film (la plus réussie) qui cultive la nostalgie et le mystère (la zone 51).

 

 

Seulement, cette première partie est loin d'être un sans faute. Plusieurs raisons à cela avec déjà l'acolyte balourd qui ne cesse de changer de camp pour un oui ou pour un non, ou encore Mutt, particulièrement irritant. Sans parler de la scène désormais tristement célèbre du frigo, ou le manuel de "Comment survivre à une explosion nucléaire quand on s'appelle Indiana Jones", qui décrédibilise encore plus une production qui avait déjà du mal à convaincre réellement son public.

 

La deuxième partie n'arrangera pas les choses et est à l'image du personnage complètement inutile de John Hurt : comprendre par là hasardeuse pour ne pas dire inutile. Sans compter sur un final vraiment louche qui ferait presque croire que Georges Lucas tente la jointure entre Indiana Jones et Star Wars.

 

Bon, après, il faut quand même relativiser la sévérité du propos. Indiana Jones n'a jamais été réputé pour être le genre de film qui fait réfléchir. En cela, ce n'est pas cet épisode qui dira le contraire. Surtout lui d'ailleurs, car, là où il y avait une certaine "profondeur de champ" dans les précédents, ici, c'est plutôt bancal et peu concluant. La faute peut-être à la volonté affirmée de faire un film d'aventure "à l'ancienne", ce qui, en soit, n'est pas un mal. Mais une telle base ne peut alors se nantir d'effets numériques dégoulinants "in" qui ne sauront jamais concurrencer la maîtrise des caméras virtuose de Spielberg. Il suffit, pour s'en convaincre, de s'arrêter sur les trois premières minutes du film où une marmotte numérique affreuse surgit de son trou pour ensuite laisser la place à une virée en voitures fichtrement bien filmée. Le contraste est encore plus accentué lors des scènes dans la forêt tropicale où le côté studio de certains décors se dispute avec la bouillie informatique de la folle course-poursuite en 4x4, plaisante mais surréaliste (la scène des singes et des fourmis). En gros, c'est le combat Spielberg/Lucas qui transpire durant tout le long-métrage, même si une entente a été trouvée : Steven s'occupe de la réalisation comme il le fait d'habitude (toujours réussi) et Georges du reste (un peu moins réussi).

 

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Les effets numériques continuent à pourrir le métrage, que cela soit à travers la marmotte, les singes, les fourmis rouges (une scène complètement ridicule pompée de La Momie au passage : un comble!) mais aussi les temples qui se détruisent (ça n'aura jamais le charme du temple de l'idole dans l'introduction du premier film). Bref, le numérique à outrance peut faire très mal. Et pour un film qui se dit old school, c'est particulièrement douloureux.

 

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A côté de ça, on éprouve quand même un plaisir coupable à voir Indiana Jones retrouver son amour de jeunesse en même temps qu'il découvre sa fibre paternelle (ce qui renvoie inévitablement à des multiples clins d'oeil aux premiers épisodes). Idem pour le retour en grande pompe de John Williams à la musique (une super B.O., comme d'hab'). Mais il plane inévitablement sur cet épisode la malédiction du too much, véhiculée par le côté hybride complètement foireux entre le old school et la next gen. Un signe que la collaboration Spielberg/Lucas, si elle n'a pas déjà pris fin, devrait cesser? Sûrement. Après tout, c'est peut-être pas pour rien que Spielberg s'est allié à Peter Jackson pour le film Tintin, qui sort d'ici six mois et dont on ne sait toujours rien...

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