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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 08:00

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/04/18/95/041895_af.jpgDans le genre gros blockbuster décérébré, on retrouve en plus de Michael Bay un autre abonné du genre en la personne du réalisateur et scénariste allemand Roland Emmerich. Cette nationalité n'empêche pas ce dernier d'être pourtant un faveur patriote des Etats-Unis, la preuve en est son Independance Day, sorti en 1996, où un gentil scientifique (Jeff Goldblum, cantonné au genre depuis Jurassic Park et La Mouche), un pilote qui se la joue "cool-Raoul" (Will Smith, yo!) et un Président des USA (du monde?) qui se trouve être par hasard lui aussi un pilote d'exception combattent de vilains extra-terrestres qui attaquent la Terre (et surtout la belle Amérique!).

 

Succès incroyable au box-office pour ce spectacle au budget initial de 75 millions qui en rapporta plus de 800, et s'offra même le luxe de détruire des monuments nationaux (mondiaux?) tels la Maison Blanche (scène emblématique) et l'Empire State Building!!

 

Fortement critiqué, Independance Day (surnommé ID4) est aussi le film représentatif des blockbusters pro-Amérique qui ont pu en énerver plus d'un par les très nombreuses utilisations de plans évocateurs (un drapeau étoilé sur une maison, sur une voiture, sur une poussette...). L'autre exemple dans le même domaine vient de Michael Bay qui signa un an plus tard le très populaire Armageddon, où les extra-terrestres sont remplacés par un astéroïde.

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/65/03/67/18868882.jpgTim Burton répondra la même année avec Mars Attacks!, brillante farce cultivant l'humour noir et l'anti-patriotisme à son paroxysme, sorte de parodie officieuse (mais évidente) de ID4 où les personnages qui défendent leur pays chéri sont de gros crétins (y compris les Français et leur manie du compromis), le tout servi par un casting prestigieux qui se fait dézinguer pour le plus grand plaisir des spectateurs.

 

En 1998, Roland Emmerich réitère le film-syndrôme-ID4 en remettant au goût du jour le célèbre monstre nippon Godzilla. Prônant un côté (très) relativement réaliste, on nous explique dès le générique que le monstre en question est en fait la conséquence résultante des essais nucléaires entrepris en Polynésie par les Français. L'occasion pour Roland Emmerich (réalisateur écolo et anti-nucléaire et auteur du scénario de Godzilla) de montrer du doigt le président de la République Jacques Chirac qui, une fois élu en 1995, prit la décision d'y lancer effectivement ce genre d'essais. Bien sûr, ce n'est pas particulièrement subtil et les Frenchies apparaissent dans le film (Jean Reno en tête) avec une galerie de clichés assez aberrante (le coup du café, des croissants, des chewing-gums "pour faire plus américain", des Jean-Claude, Jean-truc, Jean-cule-les-mouches, etc.) qui confirme bel et bien que Godzilla se regarde à tête reposée et cerveau débranché. De même que prendre des leçons d'écologie de la part d'un des pays les plus pollueurs du monde (je dis ça en occultant que Roland Emmerich est allemand et que le scénario lui a été commandé par Sony) peut évidemment prêter à sourire, et qu'on passera volontairement sur cette "boutade" pour se concentrer sur le spectacle en lui-même, car avec un budget de 130 millions (soit presque le double de ID4), Godzilla gère le steak en matière d'action et de destruction massive.

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/04/18/95/041895_ph3.jpgEt qu'on se rassure : les Américains qu'on nous présente dans le film ne sont pas plus futés que les Frenchies. Entre une blonde (jamais le terme "blonde" n'aura été aussi parlant dans une de mes critiques), un caméraman très beauf qui se la joue cool et décontract', et un scientifique-mono-expressif-que-personne-n'écoute-mais-qui-a-raison-depuis-le-début (Matthew Broderick, digne rival de Keanu Reeves dans la nomination de l'acteur qui a le moins de charisme à l'écran), sans parler des militaires et des politiques réduits à leur plus simple expression, la galerie est assez monumentale, et cet aspect caricatural renforce le côté grand public de ce divertissement qui, techniquement, en met quand même plein la vue, même si les incohérences sont assez nombreuses.


http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/04/18/95/041895_ph1.jpg

Niveau gros spectacle, Godzilla avoine donc pas mal et le réalisateur sait filmer la grosse bébête comme il faut  pour la mettre en valeur. Entre le sol qui tremble et se fissure à son approche, la présence imposante (mais pas autant que le laisse présumer l'affiche) du grand lézard transpire à l'écran, en même temps que cette pluie new-yorkaise omni-présente qui rajoute un côté bien poisseux à l'ensemble. Pour les plus perspicaces, ça ne sera pas sans rappeler un autre film de monstres. Et ils auront effectivement raison puisque ce Godzilla-là est filmé de la même manière que le T-rex du Jurassic Park de Spielberg. Une parenté évidente qui se voit surtout dans les bébés du gros reptile mutant qui se meuvent comme les vélociraptors et bénéficient de la même technologie (le mélange vainqueur entre animatronics et numérique).

 

 

Mais en se voulant plus grand et puissant que Jurassic Park (la thématique qu'on retrouve dans le teaser où la patte de "Godzy" écrase le squelette du T-rex dans un musée), Godzilla en oublie d'être un minimum intelligent (car Jurassic Park reste intelligent, malgré ce qu'on en pense) et se contente d'accumuler les scènes héroïques, et pas toujours avec logique, afin de renforcer le côté vite-vu-vite-oublié de cette grosse production où il est possible de démarrer une voiture avec un couteau de l'armée (Jean Reno, le futur MacGyver).

 

 

Le spectacle n'est pas d'une grande violence donc si vous avez des enfants, vous ne les traumatiserez pas avec ce film qui risque peut-être de leur faire perdre quelques neurones (un peu de méchanceté gratuite pour changer). Mieux : Godzilla s'affiche comme une version vraiment soft de Jurassic Park, que cela soit au niveau du scénario (comme cela vient d'être démontré) mais également de la violence. Pas de sang, pas de gore (dommage!) et les moments difficiles sont suggérés plutôt que montrés à la manière de Jurassic Park où un pauvre type se fait toujours bouffer derrière un élément du décor. Godzilla est à ce titre bien moins traumatisant pour les jeunes que Jurassic Park à de nombreux égards, et aura même donné lieu à une série animée reprenant les mêmes personnages pour confronter un Godzilla apprivoisé (vous avez bien lu) à de nouveaux mutants géants tout aussi dérangeants (dans la tradition des nanars nippons comme Godzilla vs. Megalon).

 

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/77/64/78/19417341.jpgLe Godzilla de Roland Emmerich ne fait donc pas dans la subtilité, même s'il a réussi à rafler quelques récompenses, la plus distinguée étant les prix pour meilleurs effets spéciaux, film fantastique et réalisateur. Il recevra aussi quelques Razzies Awards (les récompenses pour les pires films, acteurs, réalisateurs, etc, nda) pour le pire second rôle féminin (la fameuse blonde), le pire réalisateur (?) et le pire scénario (preuve que Roland Emmerich ne fait pas l'unanimité), en plus de celui du pire remake.

 

Emmerich signe ainsi un blockbuster classique bien con sur les bords dans la digne lignée de ID4 et de tout ce que cela entraîne. On aime ou on n'aime pas, et l'affiche (mensongère sur la taille du monstre, je le répète) dit clairement à quoi s'attendre.

 

 

 

  

Note pour finir (ça va devenir une marque de fabrique de Citizen Cancre) : la musique du film qui, pour ce genre de spectacle, est impeccable. Le compositeur britannique David Arnold (plus connu pour ces partitions des derniers James Bond) signe un score d'action massif et cuivré dans la tradition du genre, et dans le même style que ce qu'il avait fait pour le film Stargate du même réalisateur en 1994. La musique ci-dessous est le générique de fin de Stargate (et non de Godzilla), et la vidéo est une petite scénette de Godzilla.

 

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commentaires

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