Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 08:00

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/36/06/60/19417741.jpgRecyclage d'un énième article. Je le trouve pas trop mal réussi. Quelques retouches, et hop! Publication! J'ai pas honte : tout est de moi.

 

Je n'ai pas pour habitude de prendre en compte des considérations personnelles dans ce que je nomme prétentieusement "mes articles" mais une fois n'est pas coutume. Les gens de ma génération (je suis né en 1988) ont en majorité grandi avec une filmothèque plus ou moins variée dans laquelle on retrouve souvent des films des années 90 tels que Jurassic Park, Jumanji, Casper, The Mask, et j'en passe. Pour parler en des termes plus généraux, les divertissements familiaux ont ici la part belle. Il s'agit là de films, et non pas de dessins animés (quand on est petit, un film, c'est avec des acteurs en chair et en os) très orientés vers le large public.


Quand on grandit, on passe par différentes phases. Il y a la phase où on a tendance à rejeter tout ce qui a trait à l'enfance, préférant alors se tourner vers des films plus adultes, considérant que les Walt Disney sont pour les bébés comme une grande majorité de dessins animés le paraissent à nos yeux à cette période particulière. C'est aussi à ce moment précis que l'on fait des expériences "filmiques", où on se sent grand, où à 11 ans on veut regarder des films interdits aux moins de 12 (on est des fous, je vous dis! Des vrais rebelles!), et où immanquablement s'étale devant nos petits yeux encore recouverts de l'innocence bêtifisante de l'enfance que l'on rejette la violence que le cinéma nous offre dans des films policiers malsains ou des films d'horreur bien sanglants. On a beau alors ne pas comprendre l'histoire (je défie quiconque à 11 ans de comprendre Le Silence des Agneaux), on s'en fout, on est des durs, le gore ne nous fait pas peur (même si secrètement la nuit, dans le lit, on s'imagine des choses qui nous empêchent de dormir et qu'on est trop fier pour aller dans la chambre parentale dire à Maman "j'ai peur").



Après cette première phase (à laquelle on repense avec nostalgie) et avec l'âge, on arrive à maturation et, victime du syndrôme de Peter Pan, on se replonge dans les dessins animés que l'on a pas vus depuis trois, quatre, cinq voire même six ans (la première phase peut durer longtemps). On est entretemps passé aux DVD et le magnétoscope (quand on a la chance d'en avoir un qui fonctionne encore) prend la poussière jusqu'à ce qu'on y insère une bonne vieille cassette toute aussi poussiéreuse (vous savez, la cassette du dernier Disney en date, et vous priez Maman de la prendre pendant que vous faites les courses : "Tiens? Le Roi Lion est sorti? Maman, on l'achète?").


Parmi ces cassettes, on retrouve, après les Disneys, ces fameux divertissements familiaux, films transitoires entre la période où on refuse les dessins animés et celle où on ne s'est pas encore lancé dans les films "pour les grands". On les revoit alors avec un oeil neuf, humide de la larme de la nostalgie qui par définition vous renvoie à votre enfance à laquelle vous vous souvenez de manière très sacralisée. C'est bô, non?


En reprenant les considérations personnelles, j'ai pour ma part redécouvert dans cet ordre les films consacrés à Batman puis Jumanji, Casper, The Mask, Gremlins, Jurassic Park; etc. Ici, on va parler de Hook.



Quand on s'intéresse un peu au cinéma, il nous vient une lubie de savoir qui a réalisé tous ces films qui nous ont fait rêver dans notre enfance. Si la plupart des noms sont assez méconnus, d'autres sont plus mémorables surtout quand, dans le cas de Hook, l'homme derrière la caméra est Steven Spielberg. En allant encore plus loin dans la recherche d'informations sur cet homme qui, par son seul nom, a rythmé le cinéma du dernier quart du XXe siècle, quelle surprise d'apprendre que parmi tous les chef-d'oeuvre que le bonhomme nous a livré avec une régularité métronomique, Hook fut considéré à sa sortie comme un de ses pires films! Qu'en est-il réellement de ce divertissement, cependant? Mérite-t-il sa réputation? Quels arguments les critiques ont-ils mis en avant pour justifier une telle dénomination?


Hook, c'est avant tout la suite d'une histoire ultra-connue, une suite assez improbable racontant le futur de Peter Pan, icône de l'enfance, qui a renoncé à ne pas grandir par amour et qui est maintenant un père de famille tellement obsédé par son travail qu'il en a oublié ses racines ainsi que de s'occuper de ses propres enfants. Seulement, le jour où sa progéniture est enlevée par un dénommé Crochet et qu'une fée répondant au nom de Clochette l'emmène dans un monde digne de L'Île au Trésor de Stevenson, il est bien obligé de se souvenir, même si le projet s'annonce difficile pour l'homme très rationnel et vieux jeu qu'il est devenu.


Comme tout divertissement familial qui se respecte, Hook présente donc les caractéristiques de base : les enfants sont plus intelligents que les adultes (qui sont pour la plupart des gros méchants bêtes et pas beaux) et la famille et l'amour sont plus forts que tout. De ce côté là, Hook reste extrêmement classique dans le fond même si la forme reste un tant soit peu originale par la maîtrise de la mise en scène de tonton Spielberg.

Le film date de 1991, les décors sentent le studio à plein nez, les effets spéciaux ont vieilli... L'aspect technique est donc d'époque mais l'oeil du cinéphile amateur reconnaîtra cependant l'effort dans la réalisation de coller au plus près à l'oeuvre de Peter Pan et surtout au Peter Pan des studios Disney jusque dans les habits du capitaine Crochet et de la fée Clochette.
(Anecdote : dans le dessin animé Disney, la polémique fit rage sur la très courte robe de la fée...)



Une belle continuité donc car la plupart des enfants connaissent Peter Pan surtout grâce au dessin animé éponyme de Walt Disney. Ainsi, voir des personnages aussi célèbres interprétés à l'écran, ça fait quelque chose, surtout quand les acteurs derrière les costumes ne sont pas des plus méconnus. Robin Williams campe un vieux Peter Pan et ne fait pas vraiment exception à ses rôles de bonhomme sympa pour divertissement calibré grand public (Jumanji, Flubber) même s'il a su démontrer qu'il pouvait jouer d'autres rôles plus adultes (Final Cut, Insomnia). Le bêta qu'est Monsieur Mouche est interprété par Bob Hoskins, un nom qui ne dit pas grand chose si on ne cite pas le détective alcoolo-dépressif qu'il a campé dans le très célèbre Qui veut la peau de Roger Rabbit?. Dans un registre plus anglais, on retrouve également Maggie Smith dans le rôle d'une Wendy ravagée par le temps (pour anecdote, la jeune Wendy que l'on aperçoit dans un flashback est quant à elle jouée par Gwyneth Paltrow). La petite apparition surprise de vingt secondes, c'est aussi Phil Collins (oui, oui, le chanteur de Genesis) dans le rôle d'un commissaire de police (il avait encore des cheveux, semble-t-il, à l'époque).



Mais la vraie star du film, c'est surtout Dustin Hoffman dans le rôle du terrifiant capitaine James Crochet, même si le personnage ne fait jamais réellement peur et constitue avec Bob Hoskins un duo méchant comique. Mais la personne la plus connue qui apparaît dans le film est sûrement l'interprète de la fée Clochette en la personne de la très célèbre Julia Roberts, à peine sortie de Pretty Woman. Bien que je n'aime pas du tout cette actrice (ainsi que son insupportable voix française), il faut en plus reconnaître que son rôle dans Hook est bien le moins mémorable : son jeu laisse à désirer et on regrette presque le fait qu'elle ne soit pas aussi muette que dans le dessin animé Disney. Même la scène où elle prend taille humaine est assez inutile en fin de compte et chacune de ses apparitions est digne de la pire guimauve. Un bon gros flop pour la rousse du cinéma actuel dans un rôle où elle brille dans le mauvais sens du terme.


 

Julia Roberts peut à peu de choses près incarner l'ensemble des arguments dont les critiques se sont servis pour descendre Hook à sa sortie : niais, surjoué, prévisible... Mais Hook reste un divertissement fort pour de nombreuses raisons (la continuité avec le long-métrage de Disney en fait partie, par exemple), porté par des personnages haut en couleur (Robin Williams fait quoi qu'on en dise un bon "vieux Peter Pan") et surtout par une musique magique de John Williams (dont le thème principal a certainement servi de modèle à celui de Harry Potter tant les deux partitions sont proches).

Autre anecdote, Spielberg avait pour projet de faire de Hook une comédie musicale. On imagine mal le résultat...



Conclusion, Hook est loin de constituer le pire film de Spielberg qui livre certainement ici son oeuvre la plus tournée pour les enfants avec E.T. (le film aurait été produit par Disney que ça ne m'aurait pas surpris) ainsi que (et ce n'est pas peu dire pour le thème de Peter Pan) ceux qui sont restés au fond de leur âme de grands enfants.

Partager cet article

Repost 0

commentaires