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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 08:00

http://www.latourdesheros.com/ltdh/images/2/2d/BTAS_Pr%C3%A9sentation.jpg1989 fut une période assez juteuse pour le cinéma. C'est aussi l'année de sortie d'un grand succès public et critique, en même temps que l'affirmation d'un jeune réalisateur qui livre ici sa première oeuvre de commande : le mythique Batman de Tim Burton, mettant notamment en scène Jack Nicholson dans le rôle du Joker. Deux ans plus tard sort la suite, grand spectacle incompris et mature constituant le travail le plus torturé du cinéaste : Batman, le défi (en VO, Batman Returns).

 

Les deux films firent, comme beaucoup d'autres, l'objet d'un merchandising assez important qui donna même lieu à une adaptation en série animée. Le phénomène s'est déjà produit pour d'autres oeuvres telles que S.O.S Fantômes, Godzilla, Retour vers le Futur, Jumanji, La Momie et même ... Rambo (véridique).

 

Avec cette énumération, quelque chose doit sauter immédiatement aux yeux du lecteur à savoir la question du comment adapter en dessin animé un film qui ne se destine pas initialement au jeune public. Rambo est bien sûr l'exemple le plus flagrant, et inutile de dire que le fait qu'il fasse l'objet d'une chronique sur le site Nanarland n'est pas un hasard.

 

Mais qu'on se rassure, l'adaptation animée n'est pas forcément toute réussie quand elle provient d'un film tout public. Il suffit de voir celle de Godzilla qui, comme je l'avais rapidement dit ici, continue un pseudo-hommage aux films de monstres des années 60-80 pouvant aller jusqu'à opposer King Kong et Godzilla (le singe américain contre le lézard japonais), l'ambiance nanar en prime.

 

http://www.latourdesheros.com/Batman_TAS/Decoration/Batman_Serie3.jpg

 

Heureusement, certaines adaptations sortent vraiment du lot en offrant à tous les publics (et pas seulement le jeune) un spectacle à plusieurs lectures qui a pu en traumatiser plus d'un (dont j'ai fait partie). Inutile de vous faire languir plus longtemps : je parle bien évidemment de la série animée des 90 dénommée Batman, plus connue aux Etats-Unis sous le titre de Batman : The Animated Series, Batman TAS ou encore BTAS, diffusée sur France 3 à l'époque mémorable des Minikeums. Laissons-nous nous envahir de nostalgie avec ce générique culte. 

 

Soulignons que le générique du pilote, plus proche du film de 1989, et empruntant tout simplement la même BO, ressemblait à ça.

 

 


 

http://architecriture.files.wordpress.com/2009/12/batman_the_animated_series_logo.jpg

Ces deux génériques véhiculent à eux seuls l'ambiance si particulière de cette série. L'univers de Batman est ici réduit à sa plus simple expression, tout en restant d'une redoutable efficacité. Le style graphique est plutôt épuré, les ombres ont la part belle, le jour ne semble jamais se lever... L'aspect rétrofuturiste joue aussi un grand rôle, avec des personnages et véhicules directement sortis des années 50 (les costumes, les coiffures - Poison Ivy est dessinée sur le modèle de Veronica Lake). On est clairement face à un comic du point de vue purement visuel.

 

Côté son, on salue une musique extrêmement respectueuse de celle de Danny Elfman qui s'affranchit progressivement de son modèle. Le Batman Theme toujours présent se laisse souvent détrôner par des motifs musicaux propres à chaque personnage : les échos "circus" du Joker, les notes "mafieuses" de Double-Face, la lourde et comique marche du Pingouin, sans oublier les accents félins et grâcieux du thème associé à Catwoman.

 

Niveau voix, que cela soit en Anglais ou en Français, on a droit à du tout bon sur tous les fronts, mention spéciale au Joker qui bénéficie en VO de la voix de Mark Hamill (Luke Skywalker de Star Wars) et en VF de celle de Pierre Hatet (également le doubleur de Doc dans Retour vers le Futur).

 

Mais ce côté technique quasi-sans faute ne serait rien sans des scénarios qui s'approprient littéralement le mythe "batmanien" et le retranscrivent en épisodes de vingt minutes. Une durée vraiment trop courte qui obligea les scénaristes Paul Dini et Bruce Timm à écrire des histoires se déroulant sur deux épisodes. Ces dyptiques constituent d'ailleurs les meilleurs moments de cette série en 85 épisodes, le recours à une quarantaine de minutes permettant de mieux développer certaines intrigues et personnages (la naissance de certains méchants, surtout), le tout saupoudré d'une maturité encore plus forte qu'à l'accoutumée.

 

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Difficile pour ma génération d'oublier le dyptique mettant en scène le personnage de Gueule d'Argile (Clayface en VO) dont les causes de la transformation constituent un moment plus qu'effrayant pour les enfants, puisque s'apparentant à une scène de torture atroce où tout se déroule via les ombres de la victime et de ses bourreaux. De la même manière, le final (vidéo ci-dessous) est un spectacle tout aussi perturbant et incroyablement dramatique pour un dessin animé.

 

 

 

Encore mieux, certains personnages assez critiqués trouvent une seconde jeunesse dans ce dessin animé. Je pense à Robin et Batgirl qui bénéficient chacun d'un convaincant dyptique narrant leurs origines et motivations d'un point de vue très très sérieux, ce qui constitue un véritable exploit tant ces deux alliés semblent a priori lisses et scénaristiquement inintéressants (les épisodes concernant la naissance de Robin ont même été récompensés).

 

http://www.premiere.com/var/ezflow_site/storage/images/list/the-best-and-worst-batman-villains/the-best-bat-villains-harley-quinn/44247-1-eng-US/The-Best-Bat-Villains-Harley-Quinn_imagelarge.jpgBTAS s'oriente de ce fait vers un public large au sens contraire du terme, à savoir qu'il parvient à toucher non seulement les enfants (l'aspect dessin animé) mais également les adultes (histoires travailées, personnages torturés), le tout sans verser dans la puérilité.

 

Les quelques défauts que l'on peut faire à cette série restent que certaines histoires sont parfois bien faiblardes par rapport à d'autres (dramatiquement parlant), et que l'aspect premier degré peut déranger les plus sceptiques (Batman qui fait des sauts de trois mètres...). Sans oublier le fait que le personnage du Joker fait partie des méchants les plus sous-exploités de la série (alors qu'il est pourtant le pur nemesis de Batman). La faute au film de 1989 qui a déjà suffisamment développé sa personnalité? Possible. Par contre, des personnages inédits prennent vie ici et se verront réutilisés dans d'autres supports (certains comics). On pense notamment à la petite amie du Joker (l'attachante Harley Quinn), au bourru détective Bullock ou encore à l'agent Montoya (dont l'agent Ramirez du Dark Knight de 2008 est une parfaite réincarnation).

 

Bref. Inutile d'aller plus loin ici, et autant dire que BTAS fut une série animée d'une grande qualité, encore inégalée à ce jour malgré les suites successives (Batman : la relève, etc), et constituant sans nul doute l'un des spectacles les plus réussis et matures mettant en scène l'homme chauve-souris, le tout en évitant le raccourci facile selon lequel un dessin animé n'est que pour les enfants.

 

http://bloodyselena.files.wordpress.com/2010/08/vlcsnap-2010-08-19-19h20m33s211.png

 

Une réussite, tout simplement, et quoiqu'on en dise le meilleur dessin animé sur Batman qui lança la mode des séries animées DC Comics comme Superman, et même deux suites à Batman TAS avec The New Adventures Of Batman et Batman Beyond, toujours sous la houlette de Paul Dini et Bruce Timm.

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